Vienne la nuit, sonne l'heure

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Roman - Noir

Vienne la nuit, sonne l'heure

Historique - Médical MAJ lundi 23 juillet 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,4 €

Jean-Luc Bizien
Paris : 10-18, juin 2012
384 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-05129-5
Coll. "Grands détectives", 4365

L'Aliéniste face au mensonge et à la violence...

D'où vient la violence ? Qu'est-ce qui la fait naître ? Pourquoi certains arrivent-ils à la canaliser alors que d'autres se laissent envahir par elle ? Jean-Luc Bizien apporte quelques réponses à travers l'enquête, particulièrement mouvementée, de son héros, l'aliéniste Simon Bloomberg.

Tout commence dans les Catacombes de Paris où Simon, en compagnie d'un homme mourant, est perdu. La situation est désespérée. Il ne lui reste que quelques allumettes. L'Aliéniste se remémore le piège implacable, la machination qui l'a conduit au fond de ce labyrinthe.
Un couple qui présente, en façade, toutes les attitudes d'un amour partagé, se déchire, en fait, de la plus terrible des façons. Chacun, de son côté, fait appel aux soins du Dr Bloomberg. L'homme, Antonin Genest, est un personnage qui a l'habitude de dominer, de commander. Son épouse, Clémence, est brutalisée lors des crises de jalousie de son mari.
Sarah a des soucis avec Jérômine, la soubrette acariâtre. Ses sentiments et son attitude vis-à-vis de Bloomberg sont incertains. Il est plus qu'un employeur, mais... Elle tisse des liens plus étroits avec Gaëtan de Saint Monastier, l'aliéniste de La Salpêtrière qui, par ailleurs, aide Bloomberg à faire le deuil de son épouse.
Genest est persuadé que Clémence s'est mariée pour s'emparer de son trésor, une fortune qu'il tient cachée. Il l'accuse de toutes les perversions, de tous les maux. Simon se trouve entraîné, malgré lui dans un tourbillon démoniaque qui met en scène ses nouveaux patients et ses proches en péril.

Avec sa galerie de personnages, l'auteur se donne pour objectif d'explorer la violence intime, les pulsions, les débordements qui poussent à des comportements asociaux, brutaux. Il montre que cet état n'épargne personne. Il s'interroge, et nous interroge, également, sur les mécanismes du mensonge, ses visées et son usage. Il "éclaire" la part d'ombre que chacun porte en soi, se demandant si celle-ci n'est pas la source de la violence interne de chacun. Il questionne ses personnages sur la naissance de la violence et les moyens à mettre en œuvre pour la contrôler, la museler.
À partir d'un couple qui se déchire, il démonte les mécanismes de la jalousie, ses excès, ses dérèglements.
Le microcosme conçu par l'auteur fonctionne à merveille, chaque membre trouvant le plein emploi de leur rôle. Il revient, avec certains d'entre eux, sur ces pulsions, le héros, lui-même n'échappant pas à ces poussées paroxystiques.

Jean-Luc Bizien met en scène, parallèlement à une étude psychologique poussée de ses acteurs, une intrigue tortueuse mêlant faux-semblants, demi-mensonges, fausses vérités et une capacité à se dissimuler sous des masques honorables.

Les rapports entre l'Aliéniste et sa gouvernante restent dans un registre problématique, l'un et l'autre ayant du mal à définir précisément leurs sentiments et surtout à les exprimer par la voie verbale ou une attitude explicite.

Vienne la nuit, sonne l'heure est un roman qui se lit avec passion, tant ses personnages, son histoire, qui révèle les vieux démons enfouis au plus profond de chacun, tissent une trame captivante.


On en parle : La Tête en noir n°157

Nominations :
Prix Plume libre : La Plume du thriller francophone 2013

Citation

Antonin Genest confessait des accès de folie violente... et voilà que sa femme, Clémence, venait lui montrer les horribles dommages qui en résultaient.

Rédacteur: Serge Perraud mardi 26 juin 2012
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