Le Monastère oublié

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jeudi 24 janvier

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Roman - Thriller

Le Monastère oublié

Politique - Historique - Complot MAJ vendredi 31 août 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Steve Berry
The Emperor's Tomb - 2010
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Mazingarbe
Paris : Le Cherche midi, février 2012
608 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7491-2047-8
Coll. "Thriller"

Le poids du passé sur la Chine moderne

Tous les moyens sont bons pour conquérir le pouvoir. La guerre que se livrent les prétendants au poste suprême, en Chine, bien que masquée et occulte, se pratique avec la même férocité. Steve Berry en fait le thème principal de son thriller, incluant nombre de sujets historiques et d'une actualité brulante, dans un roman-fleuve impétueux.

Cotton Malone est un ancien agent du ministère de la Justice des États-Unis. Après douze ans de service, il s'est installé libraire, à Copenhague. Un courriel le renvoie sur une vidéo où il découvre sa grande amie, Cassiopée Vitt, torturée. Son bourreau lui fixe un rendez-vous pour qu'il remette ce qu'elle lui a confié. Or, il ignore tout de l'affaire.
En Chine, Kwai Tang, le second dans la hiérarchie du Parti, applique la peine de mort à un géochimiste dans le coma depuis plusieurs mois.
Ni Yong dirige la commission chargée de traquer la corruption, les malversations. Il est à Anvers, chez Pan Wen. Celui-ci reconnait qu'une statuette, retrouvée dans la tombe de Qin Shi, le Premier Empereur, lui a été dérobée. Mais, il sait par qui et où elle se trouve. Il révèle à Ni qu'il est en danger de mort.
Malone, après avoir remis un livre à une messagère qui se fait tuer très vite, est intercepté par Ivan, des services secrets russes. Ils sont rejoints par Stéphanie Nelle, son ancienne responsable à la cellule Magellan. Cotton apprend que Cassiopée aide un Russe, vivant en Chine, dont le fils de quatre ans a été enlevé. Ce Russe, un géologue, a eu accès à des informations très sensibles.
Quand Cassiopée s'échappe, avec la bénédiction de son bourreau, elle retrouve Malone. Ils n'ont d'autre solution que de se rendre en Chine où affronter deux factions ennemies, lourdement armées, qui ne reculent devant aucun moyen pour parvenir à leur but.

La marque de fabrique de Steve Berry, pour ses thrillers, s'est bâtie au fil de ses romans, d'une base historique fouillée, entrecroisée d'éléments contemporains puisés dans une réalité sensible, voire explosive. Il jette alors des personnages, construits avec précision, dans un maelström d'actions, de péripéties et de rebondissements prenants.

Dans Le Monastère oublié il appuie une partie de son intrigue sur Qin Shi, l'unificateur des Royaumes, le Premier Empereur de la Chine, en 221 avant Jésus-Christ. Son mausolée n'a été pénétré qu'en 1974. L'événement avait été spectaculaire avec la mise au jour d'une armée de terre cuite de plus de huit mille soldats.
Steve Berry introduit, en lien avec de nombreuses données historiques, des questions actuelles, des problèmes cruciaux qui affectent la société chinoise. Il nourrit, ainsi, son intrigue avec l'enlèvement des jeunes garçons, un phénomène alarmant. Il inscrit, dans son récit, le débat entre deux grandes doctrines sur l'origine du pétrole. Celle qui prévaut actuellement est celle développée par Lomonosov en 1757, qui veut que l'Or Noir soit le produit de composés organiques transformés. Une autre approche soutient que le pétrole est produit par la planète et donc une source presque inépuisable, puisqu'elle se renouvelle. Il aborde les conséquences pratiques de la mise en œuvre, dans le pays, de deux grands courants de pensées, le confucianisme et le légalisme, le poids des eunuques, regroupés dans la confrérie de Ba, qui influent sur le politique depuis des millénaires.
Pour toutes les idées qu'il intègre, il apporte des arguments, des éléments étayés par une recherche documentaire poussée.

L'auteur, avec impartialité, donne une vision de la société chinoise, de l'esprit, de la réalité du pays. Il décrit, avec pragmatisme, les luttes pour le pouvoir au plus haut niveau, avec une approche de fin sinologue. Il cite aussi nombre de découvertes fondamentales imputables au génie chinois, rendant ainsi : "... à César, ce qui est à César".

Mais, malgré l'intégration de toutes ces données historiques et sociétales, l'action ne perd pas ses droits. Ses héros, comme les personnages principaux, sont entrainés tambour battant dans une intrigue aux ressorts diaboliquement agencés. Un roman passionnant pour ses apports culturels et pour la tension du récit.

Citation

Ce n'était pas une mince tâche, dans un pays où 1 % de la population possédait 40 % des richesses, la plupart provenant de la corruption. Les maires des villes, les fonctionnaires provinciaux, les membres éminents du Parti - ils les avait tous arrêtés. Corruption, détournements, décadence morale, recherche de privilèges, contrebande, dépenses injustifiés et vols manifestes étaient monnaie courante.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 09 août 2012
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