L'Homme des vallées perdues

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Roman - Western

L'Homme des vallées perdues

Crépusculaire MAJ samedi 18 août 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,7 €

Jack Schaefer
Préface de Michel Le Bris
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Éric Chédaille
Paris : Phébus, mai 2012
176 p. ; 19 x 12 cm
ISBN 978-2-7529-0660-1
Coll. "Libretto", 383

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  • 02/04 Cinéma: Shane & Lancaster : acte II
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    L'Action Christine fait un focus sur le western de George Stevens, L'Homme des vallées perdues. Peu le savent, mais le film a remis à l'honneur l'excellent roman éponyme de Jack Schaefer. Un éblouissant film en technicolor, avec un héros de dix ans. Une histoire du Grand Ouest, que n'aurait pas dédaigné Charles Williams. L'histoire d'une sourde révolte contre la violence et les grands propriétaires. Un western à voir. Le festival de la semaine est consacré à Burt Lancaster. L'on peut dire ce que l'on veut de l'homme, le comédien aux yeux étincelants est extraordinaire. S'il ne fallait voir que deux films cette semaine, alors incontestablement il faudrait prendre son billet pour Les Tueurs, de Robert Siodmak d'après une nouvelle d'Ernest Hemingway, et Le Prisonnier d'Alcatraz, de Howard Hawks...

    Exclusivité : L'Homme des vallées perdues, de George Stevens
    "L'un des westerns les plus célèbres dans les années qui suivirent sa réalisation, avant qu'ait lieu la nécessaire réestimation des valeurs consacrées du genre. Shane ne peut en aucun cas être mis sur le même plan qu'un western de Ford ou de DeMille, de Mann ou de Nicholas Ray. C'est avant tout un superbe spectacle familial, un admirable album d'images, filmé dans des extérieurs magnifiques auxquels le Technicolor de l'époque donne une saveur poétique toute particulière. George Stevens tint à conserver dans plusieurs de ses plans des variations de luminosité très spectaculaires et rarement tolérées par les chefs opérateurs. Réaliste dans le détail des décors, des costumes, de la lumière, le film présente une vision simplifiée et idéalisée de la vie dans l'Ouest, telle qu'elle est vue par un gamin de dix ans, fils d'un couple de colons, et qui est sans doute le personnage le plus important de l'histoire. Sa présence nettement marquée dans la plupart des scènes justifie en partie le shématisme de l'action, son culte du héros "bigger than life", son manichéisme presque caricatural (dans un rôle de tueur sadique qui le fit remarquer du public et qui allait inspirer le dessinateur de bande dessinée Morris, le créateur de Lucky Luke, pour le personnage de Phil Defer, Jack Palance frôle la parodie). Une scène résume l'aura du personnage : quand il entre dans un saloon désert, le chien présent se lève et, la queue basse, sort du champ de la caméra, sans doute pour aller lécher sa patte. Shane appartient à cette lignée de films d'aventures pour enfants dont le thème central est justement la découverte de la violence et de la beauté du monde par un enfant et n'a rien à voir avec le nouveau courant du western adulte et moderne des années 1950. "
    Jacques Lourcelles (Dictionnaire du cinéma/Robert Laffont).

    Mercredi 27 mars :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Jeudi 28 mars :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Vendredi 29 mars :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Samedi 30 mars :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Dimanche 31 mars :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Lundi 1sup>sup>er avril :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Mardi 2 avril :
    L'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).

    Festival : Burt Lancaster
    "À l'occasion de la réédition de Fureur apache de Robert Aldrich, nous vous proposons neuf films, dans lesquels Burt Lancaster fait preuve de sa capacité à interprêter des rôles totalement opposés, allant du combattant libertaire au 'looser' désabusé. Quel que soit le personnage, il lui donne une vérité indéniable, le marquant de son grand talent, de son jeu extrêmement travaillé et de sa forte présence. Ces œuvres de grands réalisateurs sont des jalons incontournables de sa longue et riche carrière d'acteur."

    Mercredi 27 mars :
    Le Vent de la plaine (The Unforgiven), de John Huston (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).
    Jeudi 28 mars :
    Elmer Gantry le charlatan (Elmer Gantry), de Richard Brooks (14 h 30, 17 h 30 & 20 h 30).
    Vendredi 29 mars :
    Le Grand chantage (Sweet Smell of Success), de Alexander Mackendrick (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Samedi 30 mars :
    Les Tueurs (The Killers), de Robert Siodmak (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Dimanche 31 mars :
    The Swimmer (The Swimmer), de Frank Perry (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Lundi 1er avril :
    La Flèche et le flambeau (The Flame and the Arrow), de Howard Hawks (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Mardi 2 avril :
    Le Prisonnier d'Alcatraz (Birdman of Alcatraz), de Howard Hawks (14 h 30, 17 h 30 & 20 h 30).

    * L'Action Christine
    4, rue Christine
    75006 Paris
    Tél; : 01.43.25.85.78
    contact@actioncinemas.com
    Liens : L'Homme des vallées perdues |Fureur apache |George Stevens |Robert Aldrich |William Riley Burnett |Jack Schaefer

Call me Shane

L'Homme des vallées perdues est considéré par beaucoup comme le meilleur des romans de western. Bien souvent, lorsque l'on parle de "meilleur des", on s'aperçoit que la genèse est fantastique ou au moins atypique. Celle de ce roman l'est assurément. C'est le premier récit de Jack Schaefer. Si lors de sa parution il n'a pas eu le succès mérité, son adaptation cinématographique quatre ans plus tard l'a remis sur le devant de la scène, et le lectorat a pu ainsi constater à quel point cette intrigue basée sur une violence inhérente et longtemps refoulée est parfaitement construite.

Car, et il faut le constater, tous les arguments sont présents pour en faire un très bon ouvrage, pas seulement du genre. Son héros, Shane, apparait de façon messianique au début sur son cheval fourbu, les vêtements sales et élimés, le colt rangé dans son bagage, le verbe taiseux et le regard froid. Le narrateur principal est un jeune garçon émerveillé, plein d'idées aventureuses et qui a un regard naïf sur les événements qui vont se succéder. Enfin, Jack Schaefer prend le temps d'écrire et d'étayer des scènes qui enrichissent son histoire. Les quarante premières pages se focalisent sur la destruction d'une souche, obstacle naturel à l'avancée humaine dans ce Far West où l'on a l'habitude de constater que la loi est du côté du plus fort.

L'Homme des vallées perdues est un western annonciateur du western crépusculaire. Dans ce roman, il est principalement question de la fin du Cattle Kingdom, comme le souligne justement Michel Le Bris dans sa précieuse préface (où il établit une relation entre ce roman et Moby Dick, de Melville, qui n'est pas sans fondement). Le Cattle Kingdom, sujet de nombreux films de westerns comme Crépuscule sanglant, c'est l'appropriation des pâturages aux vaches des ranches. C'est le refus de barbelés sur la prairie. C'est voir l'arrivée de colons d'un très mauvais œil. Le cow boy à son origine, ne l'oublions pas, est celui qui escorte les troupeaux d'un point de la prairie à un autre. Le marquage au fer des bêtes est à la fois un moyen de les compter, de quantifier sa richesse et d'éviter les vols. Mais ce n'est pas une solution fiable. Le cow boy s'arme donc d'un colt puis d'une winchester. Il finira par être celui chargé de faire peur à ces étrangers d'agriculteurs même s'ils ont la loi derrière eux (loin derrière eux).

Dans L'Homme des vallées perdues, un de ces colons s'oppose pacifiquement à un ranchero. Il est marié et a un enfant, le narrateur. Il a la chance de voir arriver Shane. On devine très vite que c'est un tueur en plein questionnement, une âme en perdition qui a besoin de trouver le but qui lui donnera une autre estime de lui. Un être violent qui refoule sa violence au plus profond de lui-même et qui pour cela range au plus profond de son sac un colt parfaitement huilé au viseur limé. Sa rencontre avec cette famille de migrants qui se sédentarise va être sa rédemption. En nait une amitié basée sur le respect de l'autre. Aucune question. Juste un dur labeur en échange d'un gite.

La famille est en butte aux exactions de Fletcher qui n'a de cesse de multiplier les provocations et les bagarres. Shane bouleverse ses plans alors il s'absente pour revenir avec à ses côtés un tueur de la pire espèce. On comprend que Shane va n'avoir d'autre solution que de l'affronter avant de repartir. C'est évidemment ce qui va arriver mais dépeint avec force, décrit avec une écriture fine et sensible où l'humanité est là, profonde et sublime. Une histoire d'hommes, assurément, où la place de la femme est tenue par une Marian magistrale. Shane aura beaucoup modifié le paysage, il aura en plus bouleversé les sentiments. Il aura marqué les hommes. Un vrai cow boy messianique.

Citation

Ce client-là, c'est un peu comme une mèche lente : ça fait pas de bruit, ça grésille pas ; pour un peu, on en oublierait presque que c'est allumé. Et puis quand ça arrive à la poudre et que ça pète, ça vous fout un bordel de tous les diables.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 16 août 2012
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