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Roman - Policier

Bayard et le crime d'Amboise

Historique - Assassinat MAJ mercredi 12 septembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,9 €

Éric Fouassier
Saint-Malo : Pascal Galodé, janvier 2012
320 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-35593-167-3
Coll. "Polar"

Un nouvel enquêteur illustre

Depuis quelques années, dans le roman policier historique, la grande famille des enquêteurs s'enrichit d'une légion de personnages historiques illustres. Il était étonnant qu'un protagoniste aussi populaire que Bayard, avec sa réputation, n'ait point encore été choisi. C'est chose faite ! Éric Fouassier s'en est emparé pour une remarquable première affaire.

En avril 1498, depuis Amboise, Charles VIII règne sur la France avec l'aide de Philippe de Commynes, son premier chambellan. Ce dernier rejoint le roi, dans son cabinet de travail situé à l'extrémité d'une longue galerie obscure. Il veut évoquer l'alliance avec les Milanais en vue d'une nouvelle campagne d'Italie. Il le trouve en compagnie d'Anne de Bretagne, la reine.
Dehors, la cour s'amuse, organisant des tournois de jeu de paume. Une partie oppose Bayard, un jeune chevalier, à un Milanais. Malgré un grave incident, le jeune homme l'emporte. Le roi demande à Anne de bien vouloir, en son nom, lui remettre la récompense.
C'est en arrivant au bout de la galerie que la reine et le chambellan entendent un cri et le bruit d'un choc. Rebroussant chemin, ils trouvent le roi sans connaissance, blessé à la tête. Après quelques minutes de flottement, l'étiquette reprend ses droits.
Bayard reçoit sa récompense qu'il remet à Héloïse Sanglar, une jeune apothicaire qu'il a remarquée pour son bruyant soutien.
Quelques heures plus tard, Bayard rencontre Commynes à qui il fait part d'éléments troublants quant à l'accident du roi. Celui-ci, sceptique, lui laisse quelques heures pour justifier ses dires et lui indique une piste. C'est en cherchant nuitamment, dans une bibliothèque, l'existence d'un passage dérobé, que Bayard est attaqué. Il doit faire appel à toute sa science du combat pour rester en vie.
L'affaire se complique quand le médecin du roi extrait une écharde de bois de la blessure, alors que le monarque se serait cogné à un linteau de pierre...

Bayard reste, dans l'imaginaire populaire véhiculée par la lénifiante Histoire de France enseignée dans les écoles primaires, le héros "sans peur et sans reproches". Si l'auteur en dresse un portrait proche de l'image historique, il en fait une personnalité intéressante.
Quand commence le roman, le jeune homme s'est déjà distingué, lors de la première guerre d'Italie, en empêchant le roi d'être fait prisonnier par les troupes italiennes, à la bataille de Fornoue. Fait chevalier sur le champ, ce jeune provincial vit à la cour où il s'illustre dans les joutes.

Éric Fouassier décrit avec beaucoup de minutie et d'érudition, une époque relativement oubliée sous le règne d'un monarque qui n'occupe pas une grande place dans l'Histoire. Mais, pourtant, avec son "rêve d'Italie", sa nostalgie des ciels toujours bleus, de l'odeur de jardins ensoleillés, il fut l'initiateur de la période dénommée La Renaissance où la mode et l'art méditerranéens ont envahi la France. Il intègre les principaux éléments de la voie politique, de ses règles d'alors et des rapports de force. Il donne une idée précise des conflits, des intérêts en jeu et des jeux de pouvoir.

Avec l'idylle qui se noue entre Bayard et Héloïse, l'auteur détaille la profession d'apothicaire, le statut de la femme et la vie bourgeoise dans Amboise à la fin du XVe siècle. Il met en scène une large galerie des personnages illustres de cette époque. Outre celui de Bayard, qui mène son enquête avec détermination et pugnacité, il brosse le portrait de Philippe de Commynes, un homme qui marqua son époque ayant commencé à exercer son art de la diplomatie avec Louis XI, un maître en matière de complots, ruse, voire de trahisons.

Mais l'action ne perd pas ses droits et l'intrigue, habilement montée, agencée avec subtilité, joue avec les règles du roman policier et les arcanes d'un système politique.

On peut s'interroger, cependant, sur la difficulté à exécuter l'action suivante : "D'une main, elle masquait l'éclat de sa chandelle afin de ne pas trahir son approche, de l'autre, elle prenait appui contre le mur pour alléger ses pas...". Mais cela s'appelle "couper les cheveux en quatre" tant le récit est riche, passionnant avec une conclusion cohérente.

Bayard et le crime d'Amboise est un roman captivant où l'auteur mêle avec beaucoup d'adresse une intrigue policière à une vision politique, sociale et économique d'une période quelque peu oubliée. On ne peut que souhaiter retrouver ce héros dans de nouvelles enquêtes.

Citation

Comment une écharde de bois pouvait s'être ainsi plantée dans le crâne d'un homme censé avoir heurté un linteau de pierre, avant de s'écrouler sur le dallage d'un corridor désert ?

Rédacteur: Serge Perraud mardi 04 septembre 2012
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