Shanghai Express

Edgar Wallace est le Ford du roman policier. Quoique produite en série, la Ford est une bonne machine. On peut en dire autant de n'importe quel roman d'Edgar Wallace. Son modèle T. tire bien. Il vous entraîne sans heurts et sans cahots pendant quelques heures dans un monde agréable où les banquiers sont intelligents, les policiers sympathiques et les politiciens honnêtes. L'évasion du réel ne saurait être plus complète.
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mardi 18 décembre

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DVD - Noir

Shanghai Express

Road Movie - Révolution MAJ mercredi 12 septembre 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 10 €

Train révolutionnaire

Josef von Sternberg associe avec Shanghai Express les charmes mystérieux d'une Chine en pleine guerre civile et une traversée ferroviaire en terrain hostile avec des personnages haut en couleurs caricaturaux dans des wagons au luxe crapuleux. Au départ du train, à Shanghai, comme dans l'Orient-Express cher à Agatha Christie, montent un militaire français, un malade bougon allemand, un médecin en uniforme anglais, un négociant chinois, une bourgeoise énervante et son fichu clébard, un révérend bigot et extrémiste qui n'a pas peur du pléonasme, une prostituée chinoise et une charmeuse de luxe occidentale - qui n'est autre que Marlene Dietrich à l'accent français chantant et vraiment très classe.
Le confinement dans des wagons enfumés où chacun des personnages tente de cohabiter avec les autres amène très vite son lot de confusion et d'exaspération. Sous couvert de respectabilité les deux jeunes femmes sont montrées du doigt. Les autres - enfin la plupart des autres, éliminons du tas le médecin et le négociant - ont pour eux leur morale pudibonde et l'effronterie des colonisateurs. D'ailleurs, ils ne manqueront pas d'humilier le négociant qui s'avèrera être un chef révolutionnaire particulièrement immonde et méprisant, et qui leur fera payer cher leurs actes. À cela il faut ajouter l'élément Marlene Dietrich. Le personnage qu'elle incarne, Shanghai Lily, multiplie les amants et aime le luxe. Mais son véritable amour elle l'a vécu quelques années auparavant avec notre médecin britannique (qui ne l'a pas non plus évidemment oubliée). Cet amour tué de façon déraisonnable ne demande qu'à revivre.

Début du film en VO :


Mais Shanghai Express en plus d'être un film à la trame sentimentale en est aussi un sur la lâcheté des hommes et qui aborde la fierté mal placée. Fierté et lâcheté deux mots explosifs mis particulièrement en valeur par ce chef révolutionnaire chinois, amoureux de Shanghai Lily et qui, parce qu'il ne peut la conquérir, viol une prostituée (Anna May Wong exceptionnelle en femme blessée) avant d'exercer un odieux chantage. Chez lui, l'absurdité de la fierté contribuera à l'échec de ce pour quoi il combat le gouvernement. Mais, surtout, elle impose de mauvais choix avec de mauvaises méthodes. On peut dire que sa fierté conduit à la trahison de ses idéaux. Un aspect qui est bien plus qu'évoqué par Josef von Sternberg où, ironie de l'histoire, les deux éléments salvateurs du film en sont les vilains petits canards faibles et féminins du début. On pourra reprocher au film un regard un peu arrogant et caricatural sur les révolutionnaires, il n'empêche qu'il y a une jolie mise en scène servie par de très bons acteurs, avec des pirouettes comportementales intéressantes.

Shanghai Express : 80 min. réalisé par Josef von Sternberg sur un scénario de Jules Furthman d'après une histoire de Harry Harvey avec Marlene Dietrich, Clive Brook, Anna May Wong, Warner Oland, Eugene Pallette, Lawrence Grant...

Illustration intérieure

Marlène Dietrich et Anna May Wong unies face au mépris.


Citation

Vous m'intriguez monsieur Carmichael. Sans être athée je me demande comment vous pouvez localiser l'âme d'une femme et l'ayant fait, la déclarer damnée ?

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 11 septembre 2012
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