Shanghai Express

Cela promettait d'être encore une longue journée. Chaleur, poussière, cadavres. Réunir un amas de preuves suffisants pour étayer le récit d'une histoire à dormir debout.
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mardi 18 février

Contenu

DVD - Noir

Shanghai Express

Road Movie - Révolution MAJ mercredi 12 septembre 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 10 €

Josef von Sternberg
Shanghai Express - 1932
Paris : Universal, septembre 2010
1 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "Universal classics"

Actualités

  • 01/07 Cinéma: Rétrospective Marlene Dietrich
    "On ne peut pas oublier sa silhouette longiligne de top-model, sa gestuelle élégante et délurée à la fois, ses yeux immenses dont elle cachait parfois l'éclat sous ses lourdes paupières, ses sourires aguicheurs ou narquois, et par-dessus tout, sa somptueuse voix sensuelle et voilée. Femme fatale, aristocrate, aventurière, fille de joie, amoureuse éperdue, sa présence fascinante illuminait les films qu"elle tourna. Voici quelques joyaux de sa longue et brillante filmographie." Et ceci sans compter le fait qu'elle était l'égérie de Josef von Sternberg, et que le réalisateur était possessif. Ce n'est d'ailleurs pas une surprise de retrouver trois de ses films dans cette rétrospective proposée par Le Desperado, dont deux films noirs. Est-ce utile de dire que Shanghaï Express est un must ?

    Mercredi 3 juillet :
    Désir (Desire), de Frank Borzage (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Jeudi 4 juillet :
    L'Impératrice rouge (The Scarlett Empress), de Josef von Sternberg (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Vendredi 5 juillet :
    Agent X27 (Dishonored), de Josef von Sternberg (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Samedi 6 juillet :
    Shanghaï Express (Shanghaï Express), de Josef von Sternberg (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Dimanche 7 juillet :
    Ange (Angel), de Ernst Lubitsch (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Lundi 8 juillet :
    L'Entraîneuse fatale (Manpower), de Raoul Walsh (14 heures, 16 heures, 18 heures, 20 heures & 22 heures).
    Mardi 9 juillet :
    Le Grand alibi (Stage Fright), d'Alfred Hitchcock (14 heures, 16 h 30, 19 heures & 21 h 30).

    * Le Desperado
    23, rue des Écoles
    75005 Paris
    Tél. : 01.43.25.72.07
    contact@actioncinemas.com
    Liens : Josef von Sternberg |Alfred Hitchcock |Raoul Walsh

  • 20/11 Cinéma: Marlene, encore et toujours
  • 05/11 Cinéma: Marlene Dietrich et Michael Curtiz
  • 29/10 Cinéma: von Sternberg et Curtiz
  • 23/10 Cinéma: Marlene Dietrich et Josef von Sternberg

Train révolutionnaire

Josef von Sternberg associe avec Shanghai Express les charmes mystérieux d'une Chine en pleine guerre civile et une traversée ferroviaire en terrain hostile avec des personnages haut en couleurs caricaturaux dans des wagons au luxe crapuleux. Au départ du train, à Shanghai, comme dans l'Orient-Express cher à Agatha Christie, montent un militaire français, un malade bougon allemand, un médecin en uniforme anglais, un négociant chinois, une bourgeoise énervante et son fichu clébard, un révérend bigot et extrémiste qui n'a pas peur du pléonasme, une prostituée chinoise et une charmeuse de luxe occidentale - qui n'est autre que Marlene Dietrich à l'accent français chantant et vraiment très classe.
Le confinement dans des wagons enfumés où chacun des personnages tente de cohabiter avec les autres amène très vite son lot de confusion et d'exaspération. Sous couvert de respectabilité les deux jeunes femmes sont montrées du doigt. Les autres - enfin la plupart des autres, éliminons du tas le médecin et le négociant - ont pour eux leur morale pudibonde et l'effronterie des colonisateurs. D'ailleurs, ils ne manqueront pas d'humilier le négociant qui s'avèrera être un chef révolutionnaire particulièrement immonde et méprisant, et qui leur fera payer cher leurs actes. À cela il faut ajouter l'élément Marlene Dietrich. Le personnage qu'elle incarne, Shanghai Lily, multiplie les amants et aime le luxe. Mais son véritable amour elle l'a vécu quelques années auparavant avec notre médecin britannique (qui ne l'a pas non plus évidemment oubliée). Cet amour tué de façon déraisonnable ne demande qu'à revivre.

Début du film en VO :


Mais Shanghai Express en plus d'être un film à la trame sentimentale en est aussi un sur la lâcheté des hommes et qui aborde la fierté mal placée. Fierté et lâcheté deux mots explosifs mis particulièrement en valeur par ce chef révolutionnaire chinois, amoureux de Shanghai Lily et qui, parce qu'il ne peut la conquérir, viol une prostituée (Anna May Wong exceptionnelle en femme blessée) avant d'exercer un odieux chantage. Chez lui, l'absurdité de la fierté contribuera à l'échec de ce pour quoi il combat le gouvernement. Mais, surtout, elle impose de mauvais choix avec de mauvaises méthodes. On peut dire que sa fierté conduit à la trahison de ses idéaux. Un aspect qui est bien plus qu'évoqué par Josef von Sternberg où, ironie de l'histoire, les deux éléments salvateurs du film en sont les vilains petits canards faibles et féminins du début. On pourra reprocher au film un regard un peu arrogant et caricatural sur les révolutionnaires, il n'empêche qu'il y a une jolie mise en scène servie par de très bons acteurs, avec des pirouettes comportementales intéressantes.

Shanghai Express : 80 min. réalisé par Josef von Sternberg sur un scénario de Jules Furthman d'après une histoire de Harry Harvey avec Marlene Dietrich, Clive Brook, Anna May Wong, Warner Oland, Eugene Pallette, Lawrence Grant...

Illustration intérieure

Marlène Dietrich et Anna May Wong unies face au mépris.


Citation

Vous m'intriguez monsieur Carmichael. Sans être athée je me demande comment vous pouvez localiser l'âme d'une femme et l'ayant fait, la déclarer damnée ?

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 11 septembre 2012
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