Petits meurtres chez ces gens-là

Il avait l'impression de se battre avec l'Hydre de Lerne : pour chaque meurtrier mis derrière les barreaux, il en découvrait deux autres encore plus monstrueux.
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Roman - Policier

Petits meurtres chez ces gens-là

Énigme - Assassinat MAJ jeudi 27 septembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Dulle Griet
Paris : Presses de la Cité, mai 2012
396 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-258-09272-3
Coll. "Grands romans"

Un hymne agité à Bruxelles

L'action débute le 17 novembre 2011. Voilà cinq ans que Serge Swanze a perdu son épouse. Depuis, il mène une vie misérable, hanté par la culpabilité. Il est persuadé que Blanche a été assassinée et il se reproche de n'avoir pas été présent, pris par l'alcool et son métier. Il a démissionné de la police et cherche le souvenir de Blanche partout.
Arnaud Vandenbroeck sort de prison. Bien qu'il ait toujours clamé son innocence il y a passé quinze ans, accusé par son épouse d'inceste sur sa fille. Le directeur lui remet un paquet qui contient une lettre de son avocat et un second colis. Dehors, personne ne l'attend. Il entre dans un bar et ouvre la boite qui contient… un révolver en plastique, une grosse somme d'argent et les clés d'un appartement. Dans celui-ci, il trouve une arme réelle, cette fois-ci.
Chaque année, pour l'anniversaire de la mort de Blanche, son ami, un ancien commissaire qui a ouvert un bar discret dont Serge est le seul client, lui offre un café très arrosé. Il sombre et se réveille le lendemain, étonné de sa "gueule de bois" lui qui a banni l'alcool depuis cinq ans.
Deux jours plus tard, une jeune femme au "look" excentrique, débarque dans le bar. Elle est inspectrice de police et veut que Serge, dont elle connait les antécédents, l'aide dans l'enquête sur le meurtre du juge Lannoye, celui qui a condamné Arnaud. Sa hiérarchie, compte-tenu des opinions politiques du magistrat, lui demande d'orienter ses recherches vers les milieux extrémistes flamingants, comme le N-VA, dirigé par Bosseman, qui est également un lobbyiste discret mais efficace. Mais, elle ne croit pas à cette piste.
Après des hésitations, contre l'avis de son ami, presque séduit par la pétulante inspectrice, Serge s'intéresse à l'affaire, d'autant que...
En fouillant un peu, le nombre de suspects s'accroit malgré les meurtres qui continuent !

Dulle Griet est le pseudonyme d'un auteur bruxellois. Il annonce ce roman comme le premier volet d'une série : "Les Mystères de Bruxelles". Ah ! Ce type de titre aura fait du chemin depuis 1842 quand Eugène Sue lança le premier épisode des Mystères de Paris, un feuilleton-roman qui allait tenir en haleine la France entière pendant plus de seize mois. Toutefois, il faut arrêter-là le parallèle car la présente série n'a plus le côté novateur de son illustre référence. Cependant, si Sue donnait, par conviction, pour la première fois la vedette aux déshérités, Dulle Griet fait de son vif attrait pour Bruxelles l'un des moteurs de son roman.
Dans ce livre l'auteur fait visiter un Bruxelles hors des sentiers balisés pour touristes et fait ressentir l'âme de la ville. Mais, au-delà de la capitale belge, il évoque d'une façon passionnante, les désaccords entre Wallons et Flamands, les derniers reprochant aux premiers d'être des assistés économiques, vivant des richesses produites par la Flandre. L'auteur remet les pendules à l'heure par des rappels historiques pertinents et étayés, le tout dans le cours de l'intrigue, mais sans en freiner la marche.

Outre ces relations sociétale et touristique, Dulle Griet déroule une intrigue forte servie par des personnages qui provoquent, oh combien !, l'empathie. Il construit une histoire de vengeance de toute beauté où il faut se laisser emporter par le rythme de l'action, l'entregent des héros, l'humour, le cadre et les décors, la multiplicité des pistes et des personnages.
Il faut, toutefois, faire fi de certaines facilités d'intrigue que s'autorise l'auteur comme la rapidité avec laquelle la jeune femme convainc Serge.

L'ombre de Jacques Brel plane sur l'ensemble du roman. L'auteur cite des vers du poète, fait référence à des héros de chansons.
Dulle Griet, pour la petite histoire, est le titre d'un tableau de Bruegel l'Ancien que l'on peut traduire par Margot la Folle.

Petits meurtres chez ces gens-là fait vivre un excellent moment de détente, suscite l'envie de se plonger dans l'atmosphère bruxelloise. On souhaite retrouver ces héros dans une nouvelle enquête que l'on espère aussi attractive que celle-ci.

Citation

En outre, le meilleur dissolvant des désaccords étant l'argent, celui-ci passe - discrètement - d'une poche (ou d'un compte) à l'autre.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 24 septembre 2012
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