Le Braconnier du lac perdu

Elle a vraiment le don pour faire monter la pression. Je tente de me composer un visage détendu, mais j'ai peur. Une angoisse sourde, nourrie par le mugissement sinistre du vent dans la toiture et les gouttières, me tord l'estomac. Une fois qu'elle sera repartie, je resterai seul dans cette maison, et la nuit risque de me paraître très longue.
Jean-Christophe Tixier - Dix minutes à perdre
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 22 août

Contenu

Roman - Policier

Le Braconnier du lac perdu

Musique - Disparition MAJ mercredi 03 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Peter May
The Chessmen - 2012
Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue
Rodez : Le Rouergue, septembre 2012
300 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-8126-0397-6
Coll. "Noir"

Actualités

  • 04/07 Librairie: Sélections de l'été 2015 de la librairie Compagnie
  • 17/01 Édition: Parutions de la semaine - 17 janvier
  • 15/02 Édition: Parutions de la semaine - 15 février
  • 05/10 Édition: Parutions de la semaine - 5 octobre
    Pleins feux sur les éditions Rivages qui avec Bill James, Elmore Leonard et un étrange duo composé de Ken Bruen et Reed Farrel Coleman proposent trois romans délectables. Le premier vaut le détour ne serait-ce que parce qu'il reprend ce qui a fait le succès des littératures romantiques du XIXe siècle : c'est un roman épistolaire (mais noir). Les nouveaux romans de Marin Ledun (chez Ombres noires, un nouvel éditeur), Elizabeth George, Donna Leon, Peter May, Arni Thorarinsson, Pierre Lemaitre et Don Winslow arrivent sur les tables avec des avis très partagés. Winslow et George cèdent ainsi aux facilités américaines. C'est de l'efficace mais sûrement pas du dérangeant, du déstabilisant. Du neuf fait avec du vieux. Et c'est bien dommage. Le Seuil publie des nouvelles mettant en scène Wallander, le personnage de Henning Mankell, pendant que L'Opportun en dégotte cinquante de Maurice Leblanc. Rayon des rééditions poche, nous ne saurions vous conseiller de vous plonger dans Paperboy, de Pete Dexter ou L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa. Pour les amateurs, il y a aussi les romans de Philip Kerr, Ian Rankin et Robert Littell. Très différents dans leurs genres, mais sobres et efficaces...

    Grand format :
    L'Ange du matin, de Arni Thorarinsson (Métailié, "Noir")
    Mauvais pas, de Linwood Barclay (Belfond, "Noir")
    Ce bonheur trop parfait, de Suzanne Bugler (Presses de la Cité, "Suspense psychologique")
    Comme au cinéma : petite fable judiciaire, de Hannelore Cayre (Métailié)
    Jeunes pousses en folie, de Jean Céa (L'Harmattan)
    Ligne de mire. 1, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Ligne de mire. 2, de Tom Clancy (Albin Michel, "Thrillers")
    Mauvaises fréquentations, de Marcia Clark (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Le Souilleur de femmes d'Oxford : et autres cas mystérieux du Dr Henry St Liver, de Gary Dexter (Le Dilettante)
    L'Automne meurtrier, de Andrea Ellison (Mosaïc)
    Un goût de cendres, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    La Ronde des mensonges, de Elizabeth George (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Lettres de Carthage, de Bill James (Rivages, "Thriller")
    Beau parleur, de Jesse kellerman (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Freezing, de Clea Koff (Héloïse d'Ormesson)
    Nouvelles inédites, de Maurice Leblanc (L'Opportun)
    Dans le ventre des mères, de Marin Ledun (Ombres noires)
    Sacrifices, de Pierre Lemaître (Albin Michel, "Thrillers")
    Les Joyaux du paradis, de Donna Leon (Calmann-Lévy)
    La Faille souterraine : et autres enquêtes, de Henning Mankell (Le Seuil, "Policier")
    Le Braconnier du lac perdu, de Peter May (Le Rouergue, "Noir")
    La Politique du tumulte, de François Médéline (La Manufacture de livres)
    Le Murmure de l'ogre, de Valentin Musso (Le Seuil)
    Sonate pour un espion, de Jean-Pierre Pochon (Robert Laffont)
    Les 500, de Matthew Quirk (Le Cherche midi, "Thriller")
    L'Évadée du bocal, de Patty Siyha (Chloé des Lys)
    Cool, de Don Winslow (Le Seuil, "Policier")
    Aventure de Newton Poppleford : le jeu des 7 terreurs, de Gordon Zola (Le Léopard démasqué)

    Poche :
    Et l'ange de Reims grimaça, de Jean-Pierre Alaux (10-18, "Grands détectives")
    Va, brûle et me venge !, de Philippe Bouin (Archipoche, "Archipoche")
    Tower, de Ken Bruen & Reed Farrel Coleman (Rivages, "Noir")
    Lazhadeg, de Maxime Chattham (Hor Yezh)
    Un père idéal, de Paul Cleave (LGF, "Thriller")
    Caïds, de Martina Cole (LGF, "Thriller")
    Paperboy, de Pete Dexter (Points, "Roman noir")
    Les Yeux de Lira, de Eva Joly & Judith Perrignon (Points)
    Jusqu'à la folie, de Jesse Kellerman (J'ai lu, "Thriller")
    La Paix des dupes : un roman dans la Deuxième Guerre mondiale, de Philip Kerr (LGF, "Policier")
    L'Élixir du diable, de Raymond Khoury (Pocket)
    La Parole perdue, de Frédéric Lenoir & Violette Cabesos (LGF, "Thriller")
    Cat Chaser, d'Elmore Leonard (Rivages, "Noir")
    Philby : portrait de l'espion en jeune homme, de Robert Littell (Points, "Policier")
    Le Mensonge dans la peau : la ruse de Bourne, de Eric van Lustbader (LGF, "Thriller")
    les Charmants travers de nos semblables, d'Alexander McCall Smith (10-18, "Grands détectives")
    L'Affaire Vargas, de Fernando Pessoa (Folio)
    Lost Girls, de Andrew Pyper (Points, "Thriller")
    Exit music, de Ian Rankin (LGF, "Policier")
    Panique à Bamako, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS)
    Satori, de Don Winslow (Points, "Policiers")
    Liens : Va, brûle et me venge ! |Un père idéal |La Ronde des mensonges |L'Élixir du diable |Philby : portrait de l'artiste en jeune homme |Exit Music |Cool |Satori |La Politique du tumulte |Tower |Les 500 |Jusqu'à la folie |Freezing |La Faille souterraine et autres enquêtes |Les Joyaux du paradis |Jean-Pierre Alaux |Árni Thórarinsson |Linwood Barclay |Philippe Bouin |Ken Bruen |Hannelore Cayre |Maxime Chattam |Paul Cleave |Martina Cole |Pete Dexter |Elizabeth George |Bill James |Jesse Kellerman |Philip Kerr |Raymond Khoury |Maurice Leblanc |Marin Ledun |Pierre Lemaitre |Donna Leon |Elmore Leonard |Robert Littell |Henning Mankell |Peter May |Alexander McCall Smith |Valentin Musso |Ian Rankin |Don Winslow |Gordon Zola |François Médéline |Clea Koff

Fugue écossaise

Curieux itinéraire que celui de Peter May (à ne pas confondre avec le Peter Mayle des Chroniques provencales), qui commença par une suite chinoise pour revenir dans son Écosse natale, ou plutôt les îles Hébrides, avec son personnage de Fin, policier en retraite. Ce roman qui doit clore la trilogie rappelle le séminal Le Chanteur de la romancière anglaise Cathi Unsworth, dont on ne dira jamais assez de bien. Même construction en deux époques, même description des tensions au sein d'un groupe de rock ou assimilé, et la recherche de la vérité mènera Fin à Malaga au lieu du Lisbonne d'Unsworth. Cette ressemblance tient moins d'une volonté plagiaire bien improbable que du fait que les deux romans parlent des mêmes thèmes : le temps qui passe inexorablement, les amitiés trahies ou vieillissantes, le tout sur une trame policière classique qui est plus prétexte à disséquer la vérité des âmes.

Le point de départ est donc classique : lorsqu'un loch s'assèche suite à un phénomène naturel, on y trouve un avion qui appartenait à Roddy, disparu depuis dix-sept ans. Roddy, musicien d'Aman, groupe composé d'anciens amis de Fin, assemblage d'individualités conflictuelles autour de la belle Mairead, visage d'ange cachant peut-être un démon calculateur...

L'impression générale est beaucoup plus mélancolique que le bijou de Cathi Unsworth, correspondant bien à une terre rude, âpre, de celles que tous rêvent de quitter — à l'exception de Whistler, flûtiste du groupe qui, lui, choisit de rester. Et là où Le Chanteur était résolument urbain, voire Londonien, cette terre insulaire est un personnage à part entière du roman, occasion de très belles pages de descriptions faisant toucher sa beauté sauvage et brumeuse. Car ce roman, en plus d'être d'une grande finesse psychologique, est remarquablement bien écrit (et, bien sûr, remarquablement bien traduit). Que demander de plus ?


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°47 |La Tête en noir n°158

Citation

Sur l'île, personne ne fermait sa porte, et de toute façon, qui aurait volé un homme qui ne possédait rien ?

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 14 janvier 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page