Le Code Jefferson

Le serveur dépose les mousses et quelques amuse-gueules, la nymphomane pigiste libertaire lâche ma braguette et s'empare d'un bloc-notes et d'un stylo dans le dépotoir ambulant qui lui sert de sac. Une sorte d'outre distendue en peau de chèvre comme l'on fabriquait il y a plus de trente ans dans le Larzac.
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jeudi 21 mars

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Roman - Policier

Le Code Jefferson

Politique - Historique - Assassinat MAJ dimanche 14 octobre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Steve Berry
The Jefferson Key - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Mazingarbe
Paris : Le Cherche midi, septembre 2012
592 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7491-2476-6
Coll. "Thriller"

Et si les corsaires étaient toujours...

Les États, pour renforcer leurs armées, ont de tous temps fait appel à des mercenaires. Ceux-ci ont pris des dénominations différentes, selon les lieux et les époques. C'est ainsi que, sur mers, sont nés les corsaires, très utiles pour la prédominance maritime. Mais, comment stopper leur mission quand ils ne sont pas décidés à s'arrêter ?

Le président Andrew Jackson, en 1835, échappe à un attentat. Il en connait les instigateurs et décide de les piéger.
Cotton Malone est à New York en compagnie de Cassiopée Vitt, avec qui il partage sa vie depuis leurs aventures en Chine. Il a quitté sa librairie de Copenhague suite au courriel reçu, il y a quarante-huit heures, de Stéphanie Nelle, son ancienne patronne. Elle lui fixe rendez-vous le samedi à 18 h 15 précises dans une chambre de l'hôtel Grand Hyatt. Quand il pénètre dans la pièce, il trouve un message dactylographié de Stéphanie et une étrange machine qui se met en marche. Il s'agit d'une arme automatique, commandée à distance et dirigée par une télévision en circuit fermé. Elle vise Danny Daniels, le président des USA, qui arrive dans l'avenue. Cotton réussit à dévier l'axe de tir, mais se retrouve la cible des agents de la sécurité qui finissent, sur les indications d'un mystérieux individu, par le capturer. Ils l'emmènent dans Air Force One.
Parallèlement Quentin Hale, un capitaine d'industrie multimilliardaire, et les membres du Commonwealth font tout pour garder les privilèges octroyés à leurs ancêtres par George Washington lui-même en 1793. Ils ne reculent devant rien : l'enlèvement, la coercition et surtout... le meurtre.
Daniels explicite, à Cotton et Cassiopée, la situation vis-à-vis du Commonwealth, les tenants et les aboutissants, la guerre des services secrets et la mission qu'il a confiée à Stéphanie Nelle. Mais, celle-ci n'a plus donné de nouvelles depuis quatre jours. Alarmé, Cotton Malone se demande qui lui a envoyé le courriel il y a quarante-huit heures et qui a rédigé le billet trouvé dans la chambre d'hôtel...

Steve Berry continue à dévoiler les enquêtes de son héros favori, Cotton Malone. Celui-ci a travaillé pendant plus de douze ans pour la division Magellan, une agence de renseignements dépendant du département de la Justice. Cette cellule, dirigée par Stéphanie Nelle, est proche du président. Malone a quitté depuis quelque temps son activité d'agent pour s'installer libraire à Copenhague. Mais son passé le poursuit et... le rattrape.

Le Code Jefferson est construit à partir de trois sujets principaux, à savoir : le code qui resta inviolé durant plus de deux siècles, l'assassinat de quatre présidents des États-Unis pendant leur mandat, et les corsaires. L'auteur, selon son mode opératoire, va chercher dans le passé les causes d'une situation actuelle, en général un conflit, pour concevoir ses intrigues. Ainsi, dans le présent roman, il se base sur la tentative de meurtre perpétrée en 1835 et imagine, en retour, une machination qui porte encore ses fruits aujourd'hui. Il s'appuie, pour cela, sur les lettres de marque qui garantissent au détenteur une protection légale. Cependant, depuis 1856, et le traité de Paris (traité que les USA n'ont pas signé bien qu'ils s'y alignent), le métier de corsaire est devenu illégal. Or, ceux-ci ont permis de gagner la guerre d'Indépendance et celle de 1812 qui opposa le jeune état au Royaume-Uni.

Avec le Commonwealth, l'auteur installe une société conçue sur le modèle de celle des corsaires, qui était une référence en matière de démocratie. L'image popularisée par Hollywood, comme dans de nombreux cas, est une vision très éloignée de la réalité. Il existait, sur ces navires des règles acceptées par tous ceux qui embarquaient. Ils élisaient un quartier-maître, le relais avec le capitaine, chargé de faire respecter ces règles. Leur transgression était alors sanctionnée sans pitié.

Le romancier multiplie les intervenants, les rebondissements musclés, les péripéties attractives. La succession de chapitres courts, les changements de lieux, de scènes et de personnages, à l'intérieur même de ces chapitres donnent un rythme soutenu à une intrigue dévolue à l'action. Il se sert, comme décors, de nombreux lieux authentiques qu'il a eu l'occasion de visiter. Il mêle étroitement des faits historiques avérés à des situations issues de son imagination, de rapprochements hypothétiques ou de clins d'yeux effectifs.

Steve Berry nous entraîne, pour notre plus grand plaisir dans une lecture passionnante grâce à son sens du récit, à la variété des événements et la qualité des apports historiques.

Citation

Hale parut offensé par cette accusation.
'Tuer un traître n'est pas un meurtre.'

Rédacteur: Serge Perraud mardi 09 octobre 2012
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