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Roman - Policier

Et l'ange de Reims grimaça

Historique - Assassinat MAJ mercredi 21 novembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7,1 €

Jean-Pierre Alaux
Paris : 10-18, octobre 2012
216 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-05711-2
Coll. "Grands détectives", 4589

Séraphin au secours de "l'ange au sourire"

Le présent roman s'inscrit dans une série où Jean-Pierre Alaux invite ses lecteurs à visiter nombre de monuments prestigieux de notre patrimoine. Après le musée Toulouse-Lautrec et la ville d'Albi (Toulouse-Lautrec en rit encore, 10-18 n° 4324) et le phare de Cordouan, le Versailles des phares, (Avis de tempête sur Cordouan, 10-18 n° 4460) il explore Reims et sa cathédrale.

Séraphin Cantarel et Théo Trélissac sont à Reims, ce 14 juin 1974, parmi la foule venue assister à l'inauguration des vitraux de la chapelle du cœur. Conçus par Marc Chagall, ils ont été et réalisés par l'atelier de Charles Marq. Séraphin, en tant que conservateur en chef des Monuments français, représente le secrétaire d'État à la Culture.
La cérémonie est entachée par la découverte, dans un confessionnal, du corps inanimé d'une adolescente.
Cependant, ces vitraux ne font pas l'unanimité. Un quarteron d'intégristes veut détruire l'œuvre de Chagall. Séraphin veut rester jusqu'à la mise en place des protections. Alors que le conservateur et l'artiste prennent congé des verriers ayant réalisé le triptyque, Théo contacte son patron par téléphone. Il l'informe de la découverte d'un second cadavre, en haut d'une des deux tours du monument. Il s'agit d'un enfant de cœur. Violenté, il a eu la tête fracassée sur l'une des plus anciennes cloches. Puis, le conservateur apprend que la première victime a été empoisonnée.
Hélène, qui suit depuis Paris les événements à travers les articles de presse, décide de rejoindre son mari à Reims. C'est une ville et un monument qu'elle connait bien. Dans sa jeunesse, elle a recensé toutes les gargouilles et a même passé une nuit sur le toit de la cathédrale.
Ces crimes sordides déclenchent les passions, les peurs et compromettent une partie de la bourgeoisie rémoise. Séraphin aura bien du mal, avec ses deux complices, à approcher une vérité qui...

Avec une énigme riche en péripéties, dans laquelle entre une part de mystère, l'auteur multiplie les anecdotes et narrations. Ainsi, dans les dialogues, dans les souvenirs des protagonistes, dans le déroulement des actions, il raconte l'histoire de la cathédrale, de la ville, fait découvrir quelques institutions locales comme les restaurants, pensions de famille...
À travers son récit, le romancier développe un art de vivre, le goût des bonnes choses, les mets, les saveurs, les ambiances authentiques.

En plaçant ses romans dans le cadre des années 1970, Jean-Pierre Alaux fait revivre une époque proche que l'on commence déjà à oublier, alors que nombre des acteurs sont encore très présents. C'est, à la fois, fascinant de mesurer la capacité d'oubli de l'être humain et atterrant de mesurer le fossé qui existe entre cette période et celle d'aujourd'hui. Pour l'information de ses acteurs, par exemple, il utilise le monde de la presse, média omniprésent de l'actualité de ces années-là. Bien qu'il ne soit pas tendre avec des professionnels de cet univers avec des remarques telles que "À part pisser de la copie, ils ne savent strictement rien faire" ou "Citant peu ses sources, mais avec une imagination débridée, le reporter n'hésitait pas à...", il permet de mesurer l'amplification du phénomène, avec la recherche éperdue du scoop, l'absence de recul, de réflexion, de vue d'ensemble des situations, de vérifications.

Avec un groupe de personnages originaux, une intrigue joliment ficelée, Jean-Pierre Alaux conjugue, avec bonheur, culture et mystère dans un récit passionnant.


On en parle : La Tête en noir n°159

Citation

À l'évidence, les sourires narquois des anges de Reims trahissaient quelques secrets d'alcôves qu'il convenait d'élucider toutes affaires cessantes.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 05 novembre 2012
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