Canyon Creek

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lundi 23 septembre

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Roman - Thriller

Canyon Creek

Tueur en série - Immigration clandestine MAJ samedi 17 novembre 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 9,95 €

Alexis Aubenque
Paris : Le Toucan, juin 2012
554 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-81000-497-3
Coll. "Toucan noir"

Mémoire perdue contre jeunes filles mortes

La mémoire est un outil bien précieux pour chaque être humain. À chaque minute, elle s'enrichit de souvenirs, de nouvelles connaissances, d'instants inédits qu'elle relie aux moments précieux du passé. Elle aide l'homme à se construire au quotidien.

Certains chocs viennent parfois enrailler ce fabuleux outil et sans prévenir c'est le trou noir. En se réveillant dans le confort aseptisé et impersonnel d'une chambre de l'hôpital de Canyon Creek, Dale Turner va brutalement découvrir le calvaire de se retrouver plongé en pleine amnésie. Son passé, il n'en a plus de connaissances. Déjà, pour commencer, il ne comprend pas pourquoi il se réveille allongé dans ce lit médicalisé. Il n'a pas le souvenir d'avoir eu un accident un mois plus tôt dans le désert de Canyon Creek. Les circonstances sont d'ailleurs assez mystérieuses, il n'y a pas eu de témoins du drame. Pourtant le simple fait qu'il ait été retrouvé gravement blessé mais encore en vie tient presque du miracle. Il ne lui reste plus qu'à faire face à une dure réalité : il ne sait définitivement pas qui il était avant, ni ce qu'était sa vie. Il a juste en mémoire ce rêve cauchemardesque d'une femme qui hurle. Il est presque terrorisé par ce cri terrible qu'il entend. Pour faire face à la terrible angoisse de ce vide dans lequel il est plongé, il va recevoir l'aide d'une psychologue. Tout doucement, avec elle, il va découvrir son ancienne vie, sa femme. Mais au fur et à mesure de cette plongée dans son passé, il va avoir le sentiment de ne pas aimer l'homme qu'il était.
À la même période, à Canyon Creek, des meurtres de jeunes femmes se succèdent. Mais comme ce sont des filles d'origine latino ça ne semble pas déranger grand monde dans cette petite ville tranquille de l'ouest américain, même du côté de la police locale. La seule à s'émouvoir est Suzie McNeill, sergente de son état mais surtout fille du shérif local. Dans ces morts, elle ne veut pas se contenter comme son père d'y voir juste une simple coïncidence statistique. Elle est persuadée qu'il faut y voir les agissements d'un tueur en série. Elle va trouver une aide inattendue en la personne de son nouveau supérieur, le lieutenant Jack Spencer. Tous les deux font former un duo assez détonant mais efficace. Et pour réussir à suivre l'instinct de Suzie, ils vont devoir ruser et tenter de tromper au mieux le shérif et les autres lieutenants. La discrétion requise ne sera pas forcément chose facile pour Suzie qui déborde de fougue et d'envie de justice.

Canyon Creek est un livre au rythme vif et tendu de la première à la dernière page. Le style d'Alexis Aubenque est efficace et parfaitement adapté à ce type d'histoire. Il a d'ailleurs une superbe maitrise du suspense qu'il sait faire rebondir quand il le faut pour tenir le lecteur en haleine. L'intrigue est bien ficelée et tient la route tout au long du récit. Les deux personnages principaux, Dale l'amnésique et Suzie la policière, sont bien campés. Alexis Aubenque nous les décrit suffisamment pour connaître leurs traits principaux de caractère mais sans rentrer dans une introspection excessive de chacun d'entre eux afin de ne pas casser le rythme de son histoire. Il fait de Dale un homme énormément sur la réserve, plongé dans le doute. Il montre une Suzie beaucoup plus exaltée par sa jeunesse, qui a envie d'en découdre et de prouver ses capacités de justicière.
En tout cas les chemins des deux héros vont finir par se croiser dans cette enquête pour l'une et dans sa quête pour l'autre. Mais ils vont surtout découvrir l'univers du mensonge de cette petite ville américaine où chacun s'arrange avec sa morale et sa conscience. Alexis Aubenque dénonce le racisme invisible des temps modernes avec cette immigration de personnes auxquelles on prête à peine plus d'attention qu'à une marchandise même si on les utilise et les exploite. À moins que ce manque de considération ne soit plus simplement que le triste résultat de leur condition pas si éloignée de celles des esclaves.

Citation

Parce que mes hommes et moi faisons du très bon boulot. Alors si, de temps en temps, quelques connes de Latinos se font tuer par leur alcoolique de mari, leurs frères, ou je ne sais quel taré de leur espèce, franchement, je ne vais pas en faire un drame. Ma priorité va aux habitants de cette ville, et que tu le veuilles ou non, c'est vers eux que vont tous mes efforts.

Rédacteur: Fabien Maurice lundi 12 novembre 2012
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