Le Message du pendu

Il mit une main en visière, pas gêné celui-là ! Connard ! Il vit quelqu'un sortir de la voiture, il allait lui dire... Un coup terrible à la tête, Valentin s'effondra.
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jeudi 24 janvier

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Roman - Policier

Le Message du pendu

Énigme MAJ vendredi 01 février 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Pieter Aspe
Onder valse vlag - 2002
Traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron
Paris : Albin Michel, novembre 2012
304 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-226-24438-3
Coll. "Thrillers"
Une enquête du commissaire Van In, 11

Ce qu'il faut savoir sur la série

Pieter Aspe a signé, en 2008, la vingt-deuxième aventure du commissaire Van In. Ce personnage, iconoclaste, à l’humour caustique, avec ses désillusions et ses blessures, est le flic imparfait que ses faiblesses assumées à défaut d’être reconnues, rendent attachant. Les enquêtes qu’il mène dans Bruges et sa région le font évoluer entre luttes politiques et d’influence, prises d’intérêts, guerre entre police municipale et gendarmerie, et approcher les lourds secrets confinés entre les murs séculaires.

Quand le mort se livre

Les éditions Albin Michel continuent, pour notre plus grand plaisir, la publication des enquêtes du commissaire Van In, un iconoclaste policier de Bruges. Le Message du pendu (Onder Valse Vlag), le tome 11 de la série, est paru en 2002, en Belgique.

Pieter et Hannelore s'apprêtent à passer une journée de repos. Ils profitent de la relative fraicheur du matin quand Versavel vient annoncer un triple meurtre dans une villa au canal de Damme. C'est le jardinier qui a découvert Louise et ses deux enfants. Sur place, ils retrouvent le père de Louise. Effondré, il se refuse à penser que Wilfried Traen, son gendre dont il dit le plus grand bien, soit le meurtrier. Ce dernier est retrouvé, par un policier, pendu dans le grenier. Tout indique un drame familial.
Hannelore, dans son bureau, reçoit la visite de Kitty Jouy, une ravissante jeune femme. Celle-ci se plaint qu'on lui doit de l'argent, que Traen et un homme politique ne lui ont pas payé ses prestations de service.
Mais l'affaire se complique très vite avec le meurtre de Kitty, la découverte de la véritable personnalité de Traen, de la situation de son entreprise, du passé du père de Louise...
Une réflexion maladroite de Van In, quant aux jambes d'Hannelore, déclenche une crise sévère dans le couple. Carine, la jeune inspectrice qui en pince pour Pieter, veut profiter de la situation. Versavel, quant à lui, a "fauté" avec un bel inconnu qui se révèle séropositif...

Dans ce roman, l'auteur, tout en continuant à illustrer l'hypocrisie des bourgeois et des politiciens, introduit une dimension d'espionnage économique, avec des ramifications extérieures à la région. Cela donne un piment supplémentaire à l'intrigue qui se partage entre une enquête policière et les péripéties amoureuses, sociétales et épicuriennes du microcosme construit avec bonheur depuis le début de la série. Pieter Aspe introduit d'ailleurs un nouveau personnage haut en couleurs, avec Piotr Zlotkrychbrto, le médecin légiste originaire de Pologne.

Tout au long de son enquête, l'auteur prête à Van In des réflexions sur l'état de la société, son évolution dans un sens qui lui semble majoritairement défavorable. Il truffe son roman d'images toujours explicites et de comparaisons fort imagées. Il cite Corneille, César, Poe, fait référence au Grand Meaulnes...
Il évoque le désir sexuel, l'attirance charnelle, usant de rhétorique, voire de casuistique ou de sophisme, lorsqu'il fait dire à son héros "Dieu aurait dû créer ces femmes moins belles : c'était de Sa faute."
Tous ces éléments concourent à rendre passionnante une intrigue d'une belle complexité, aux ressorts parfaitement orchestrés jusqu'à un final brillant. Toutefois, si Pieter Aspe est un remarquable romancier, il l'est moins dans la prévision économique, car l'analyse auquel il se livre, en 2002, se révèle bien contredite par les faits.

Ce roman compte parmi les meilleurs de la série, car dans une histoire maîtrisée, on retrouve ce ton gouailleur, caustique, cette ambiance iconoclaste et cet humour percutant que l'on apprécie tant chez cet auteur.

Citation

Les auteurs d'appels anonymes gâchent tout le plaisir qu'il y a pour un flic à boucler une enquête. C'est un peu comme rencontrer la femme de ses rêves et la mettre dans son pieu cinq minutes plus tard sans avoir dû se décarcasser pour la séduire.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 17 décembre 2012
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