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Beau livre - Policier

Les Grandes énigmes criminelles de France

Assassinat - Faits divers MAJ mardi 18 décembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 28,5 €

Jean-Michel Cosson & Gisèle Vigouroux
Riom : De Borée, novembre 2012
376 p. ; illustrations en noir & blanc ; 25 x 17 cm
ISBN 978-2-8129-0602-2

Crimes parfaits

Très bonne idée de réunir dans un recueil luxueux toutes ces affaires non élucidées qui ont défrayé la chronique avant de sombrer peu à peu dans l'oubli. Ce titre appartient à la collection "beaux livres" à couverture rigide. Malgré le handicap du poids, de tels livres reliés ont le mérite de tenir ouverts pendant qu'on prend son petit déjeuner, qu'on écosse les petits pois ou qu'on tricote une écharpe pour la petite : moments idéaux donc pour plonger dans ces énigmes judiciaires !

Des quarante-six affaires, certaines sont loin d'être oubliées comme celle de Mme Steinheil, de Marie Besnard (trois procès pour l'acquitter de multiples empoisonnements à l'arsenic), du petit Grégory Villemin en 1984, du docteur Godard, disparu en mer avec ses deux enfants après un incroyable périple dans les îles anglo-saxonnes à la recherche de son argent en 1999, ou celles plus récentes de l'acquitté Jacques Viguier du meurtre de son épouse dont on n'a jamais retrouvé le corps car il s'était un peu trop vite débarrassé du matelas clic-clac dans lequel elle couchait. Pas de problème de mémoire non plus pour le double meurtre de Geraldine Giraud et Katia Lherbier en 2004 apparemment assassinées par Jean-Pierre Treiber dont la cavale deviendra célèbre.

D'autres méritent d'être rappelées : L'énigme de Pelissanne en 1973, où un Anglais est accusé du meurtre de son père dans une caravane, ou le drame de la Fumade avec la famille Portal. D'autres enfin sortent de l'oubli : Jacqueline Carrère-Ponthieux, devenue tenancière d'un bar-tabac en 1997 est accusée d'avoir tué son mari dans son lit. Quatre procès seront nécessaires pour l'acquitter ! Le docteur G. est innocenté du crime de ses vieux parents au curare en 1999. Une série de crimes sauvages décime dix-sept homosexuels et une prostituée dans l'est de la France de 1980 à 2002. Fin 2007, "l'implacable logique informatique" du nouveau système d'analyse des liens de la violence associée aux crimes (SALVAC) fait des recoupements et met en évidence un nom pour six des dix-huit affaires : Nicolas Panard, homosexuel, retraité, ancien artiste transformiste est jeté en pâture au public avec la publication par l'Alsace de son portrait, son nom, son adresse "alors que l'enquête n'en est qu'au stade de l'interpellation". Mais l'accusation s'effondre et le juge lève sa mise en examen alors qu'il portait déjà le bracelet électronique. Si de nombreuses affaires mettent en évidence un suspect n° 1 promu accusé avant d'être innocenté, d'autres comme le meurtre d'Isabelle Fisch en 1977, fille d'un grand syndicaliste, la disparition mystérieuse de toute la famille Méchinaud dans sa Simca 1100 au retour du réveillon de Noël 1972, ou le double meurtre d'une femme et de son fils sur une aire de repos de la Nationale 86 en 1979, restent dans l'impasse totale.

Les deux auteurs restent clairs et précis dans leur exposé malgré quelques petits dérapages de novelisation (scène dans la voiture des Méchinaud par exemple alors que tout le monde a disparu, même la voiture !). Il y a aussi quelques phrases mélodramatiques surtout dans les cas de meurtres d'enfants ("Ont-elles crié ? Ont-elles appelé leur maman ? Ont-elles supplié ?"). Les toujours excellents documents, mise en page, typo, et chronologie aident à une lecture facile. On retiendra le long chapitre passionnant sur "le côté obscur de la Résistance" et "les défis du Masque Rouge" qui sévissait dans l'Aveyron en 1946 et 1947 mais aussi ces séries de meurtres qui n'ont jamais trouvé une solution satisfaisante. Il serait trop long de résumer ces affaires passionnantes qui s'achèvent toutes sur un point d'interrogation. Devant les familles désemparées et face aux rumeurs les plus folles, les enquêteurs occultent (Boulin, de Broglie, Pasteur Doucé, juge Renaud, Jean-Claude Saint-Aubin, Borrel) ou fouillent sans répit (le tueur d'enfants de l'Isère, le "Grêlé" violeur et tueur de petites filles, le dépeceur de la gare de Perpignan). Oui, il y a des crimes parfaits : nos deux auteurs nous le prouvent avec talent.

Citation

Parce que nous avons aussi horreur du vide, les affaires qui secouent la ville de Perpignan depuis plus de quinze années, plus connues sous le titre des 'disparues de la gare de Perpignan', comportent tous les ingrédients d'un polar inachevé.

Rédacteur: Michel Amelin lundi 17 décembre 2012
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