Ce que cache ton nom

Si tu devais rester éveillé, la nuit, quel procédé préfèrerais-tu : a) un lampadaire dans les yeux ? b) des chiens qui aboient devant ta fenêtre ? c) la douleur lancinante d'un coup de couteau dans la cuisse ? d) une overdose de crack qui te coule dans les veines ? Voilà les seuls choix que tu peux faire.
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Contenu

Roman -

Ce que cache ton nom

Social - Guerre - Infiltration - Complot MAJ mardi 18 décembre 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Clara Sánchez
Lo que esconde tu nombre - 2010
Traduit de l'espagnol par Louise Adenis
Paris : Marabout, septembre 2012
442 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-501-07647-0

Actualités

  • 28/09 Édition: Parutions de la semaine - 28 septembre
    Une semaine particulière de nouveautés puisque paraissent simultanément chez Jigal trois auteurs qui ont leurs habitudes d'écriture et leurs habitués de lecteurs : Jacques-Olivier Bosco, André Fortin et Maurice Gouiran délivrent en effet leurs nouveaux romans. Du côté du Cherche midi, c'est exactement la même situation avec Steve Berry et ses romans historiques à succès. Difficile en revanche de se prononcer sur le reste de la promotion hebdomadaire. Les éditions Ex æquo en grand format et Ravet-Anceau en poche proposent des auteurs dont on ne sait absolument rien ce qui ne veut donc absolument pas dire qu'il ne faut pas s'y intéresser. Sinon, Jean-Claude Zylberstein chez J propose sa "Bibliothèque policière". Mais, comme d'habitude, faites votre choix !

    Grand format :
    Vertiges mortels, de Neal Baer & Jonathan Greene (Ma, "Pôle noir")
    Le Code Jefferson, de Steve Berry (Le Cherche midi, "Thriller")
    Aimer et laisser mourir, de Jacques Olivier Bosco (Jigal, "Polar")
    Cœur de glace, de Richard Castle (City, "Thriller")
    Requiems, de Frédéric Coudron (Ex æquo, "Rouge")
    Le Clou de la saison, de John Crosby (J, "La Bibliothèque policière de Jean-Claude Zylberstein")
    Engrenages, de René Cyr (Ex æquo, "Rouge")
    Restez dans l'ombre, d'André Fortin (Jigal, "Polar")
    Opération ratio, de Norbert Garcia (Vents salés, "Pourpre")
    La Mort du scorpion, de Maurice Gouiran (Jigal, "Polar")
    Des fauves et des hommes, de Patrick Graham (Anne Carrière)
    Séquences meurtres, de Muriel Houri (Ex æquo, "Rouge")
    Opération Arès, de Kyle Mills (Grasset, "Grand format")
    Sauve-du-Mal et les tricheurs, de Dominique Muller (J, "La Bibliothèque policière de Jean-Claude Zylberstein")
    Le Poignard et le poison, de Marc Paillet (J, "La Bibliothèque policière de Jean-Claude Zylberstein")
    Pour une dent, toute la gueule, de Frédéric Paulin (Pascal Galodé ("Thriller")
    La Mort à pleines dents, de Mary Play-Parlange (Ex æquo, "Rouge")
    Ce que cache ton nom, de Clara Sánchez (Marabout)

    Poche :
    Printemps rouge à Lille, d'Estelle Brichet & Richard Brichet (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    La Place du mort, de Jeffery Deaver (LGF, "Thriller")
    Meurtre dans un fauteuil, de Phyllis Dorothy James (LGF, "Policier")
    Piège normand, d'Aude Lhôtelais (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    La Bouche qui mange ne parle pas, de Janis Otsiémi (Jigal, "Poche polar")
    Une affaire flamande, de Geneviève Reumaux (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Liens : La Bouche qui mange ne parle pas |Le Code Jefferson |Aimer et laisser mourir |Le Clou de la saison |Steve Berry |Jacques Olivier Bosco |Frédéric Coudron |Jeffery Deaver |André Fortin |Maurice Gouiran |Janis Otsiémi |Clara Sánchez |Phyllis Dorothy James

Nid nazi en Espagne

Commençons par l'intrigue : les Christensen, couple norvégien anciens nazis, se cachent dans une petite ville espagnole où ils coulent des jours paisibles en attendant la mort. C'est alors qu'ils sont repérés par un survivant du camp de Mathausen, membre d'un groupe qui les pourchasse depuis des années, venu s'installer dans la région. Avant de mourir, l'homme contacte son meilleur ami, compagnon de chasse, Julian. Ce dernier arrive sur place et se lie d'amitié avec Sandra, une jeune femme, sans savoir qu'elle vient d'être embauchée par les Christensen. Finalement, la jeune femme accepte de l'aider pour démasquer le couple. Julian découvre alors qu'il est tombé sur un nid de nazis.

Voici donc les prémices d'un thriller, mais alors que l'on pouvait espérer une suite d'aventures, de traîtrises, de chausse-trappes, Clara Sánchez, son auteur, a choisi d'ancrer son histoire dans l'intimité des deux personnages, de créer une tension plus vintage, dans la tradition de ce que l'on peut attendre d'un film d'Alfred Hitchcock ou de Henri-Georges Clouzot, dans le lente description des montées d'angoisse, des petits pièges qui se referment comme par exemple lorsque l'héroïne est envoyée chercher un paquet, dans le seul but de savoir si elle va l'ouvrir pendant le trajet de son retour. L'un des protagonistes est un vieillard, qui passe beaucoup de temps à chercher ses pilules cardiaques, et l'autre une jeune femme enceinte, sans compagnon. Nous tenons entre nos mains un thriller intimiste qui procède par alternance, mais dans le même temps de nombreux événements sont rapportés deux fois ce qui ralentit encore plus le rythme syncopé habituel. Ce gros plan sur les personnages pourrait accroître les effets de suspense et de peur, mais il sert plus à engluer l'intrigue distillée avec un style passe-partout qui rend le roman efficace mais sans grandes aspérités. Cela n'empêche pas quelques fulgurances. La rencontre d'un des chefs nazis et du chasseur, les maigres souvenirs sur les camps de concentration, la description angoissante car ennuyeuse des vieux nazis, l'ancienne égérie du mouvement qui apprend le tricot et fait ses courses au supermarché sont autant d'éléments qui viennent perturber un texte qui serait sans ces passages formaté.

Se servant d'un cœur assez policier à suspense, louchant beaucoup du côté de la littérature générale (qui lui a d'ailleurs décerné le fameux Prix Nadal 2010 en Espagne), Ce que cache ton nom séduira par son aspect canaille les amateurs de romans traditionnels, sans pour autant être la véritable découverte d'une future plume du genre noir.

Citation

Je décidai d'aller à l'hôpital, aux urgences. Je connaissais le symptômes, grande faiblesse, sueur froide, et je ne voulais pas créer plus de problème à l'hôtel, je ne souhaitais pas qu'ils me considèrent comme le pire client de leurs annales.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 04 octobre 2013
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