Le Voleur de morts

Tequila, oui, tequila. Encore un shot. Oui, un troisième. La musique cogne dans mes oreilles. Je danse avec Robert et Sankar, avec les assistants juridiques, j'en fous plein la vue aux stagiaires, je les prends par la main, souriante, je tourne sur moi-même, et ensuite je danse seule, les bras ondoyants au dessus de la tête, j'ai de nouveau vingt ans et tout va bien.
Harriet Tyce - Blood Orange
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Tempête qui vient
Le titre de ce nouveau roman de James Ellroy, par ailleurs deuxième volet du "Second quatuor de Los Angel...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

samedi 14 décembre

Contenu

Roman - Thriller

Le Voleur de morts

Tueur en série - Médical MAJ mardi 19 février 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Tess Gerritsen
The Bone Garden - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Martinache
Paris : Presses de la Cité, novembre 2012
409 p. ; 22.5 x 14 cm
ISBN 978-2-258-08442-1
Coll. "Sang d'encre"

Vengeance à coup de bistouri

Tess Gerritsen utilise avec habileté ses connaissances de docteur pour mettre en place son histoire en mêlant l'une à l'autre deux énigmes sur deux époques. La première se déroule dans le Boston du XIXe siècle, à l'époque où la médecine semblait n'être encore que balbutiements dans sa possibilité à guérir des malades. La volonté des hommes était peut-être là pour soigner au mieux mais les moyens étaient tout simplement très limités à cette époque où les clivages sociaux étaient tellement importants. En cas de maladie, il valait mieux être aisé si on voulait espérer avoir un minimum de chance de rétablissement. Les plus démunis mourraient chez eux ou dans des hôpitaux assez souvent infestés de virus contagieux et mortels. L'hygiène n'était pas encore la base essentielle des soins aux malades. Il était courant qu'un médecin fasse le tour de tous les lits sans se laver les mains à chaque fois avant d'ausculter, transportant ainsi d'un patient à l'autre des microbes très féroces.

Alitée parmi toutes les femmes en couches rassemblées dans une grande chambrée, Aurnia est arrivée au terme de sa grossesse. Mais la délivrance tarde et l'accouchement est pénible. Il semble long à venir pour la jeune femme de si faible constitution. Le vieux médecin et ses jeunes disciples ne lui sont pas d'un grand secours. Il faut dire que le remède miracle de l'époque est la saignée, méthode sensée soulager les femmes de beaucoup de leurs maux. La péridurale n'est pas encore prête d'être inventée, le travail se fait donc dans la douleur et les cris. Aurnia est assistée de sa jeune sœur, Rose. Celle-ci est très inquiète de voir les souffrances d'Aurnia s'amplifier. Petit à petit, la vie quitte son corps meurtri. Il ne lui reste que les forces nécessaires à la naissance de son enfant, une fille. Heureusement, Rose est là pour veiller sur ce petit être et elle ne sait pas encore que sa nièce va être le point de départ d'une longue série d'ennuis. Elle va être obligée de fuir et de cacher l'enfant sans comprendre pourquoi elles sont pourchassées et sans savoir de qui viennent les menaces. En même temps démarre une série de crimes atroces. Ces meurtres violents touchent au départ des infirmières qui se sont occupées d'Aurnia et, autre coïncidence, Rose sera la première à voir le tueur en série ressemblant à un ange de mort au visage blafard se dissimulant derrière une longue cape noire.
Les rues de Boston semblent remplies de mystères et de danger. Il n'est pas rare de croiser d'étranges convois accomplissant de drôles de livraisons. Certains hommes n'hésitent pas à aller déterrer des corps fraîchement ensevelis. Contre quelques pièces, les pilleurs de sépulture fournissent en cadavres des médecins souhaitant approfondir leurs notions d'anatomie humaine. Ces éminents clients ne sont pas très regardants sur la provenance des corps du moment que les chairs et les organes soient encore exploitables.

La seconde partie du roman se passe de nos jours. Julia, pour tourner la page de son divorce, emménage dans une vieille demeure un peu délabrée. Elle vient d'en faire l'acquisition et, à peine les travaux de rafraichissement commencés, elle découvre un squelette enterré dans le jardin. Cette vieille demeure semble renfermer bien des mystères. L'ancienne propriétaire a été retrouvée morte dans ce même jardin le corps déchiqueté par les corbeaux, maintenant viennent s'ajouter ces ossements d'un autre temps ensevelis. Julia se décide à fouiller dans les documents soigneusement rangés dans des caisses. Cette recherche va la ramener dans ce Boston de 1830, à l'époque où Rose vivait et que son chemin lui a fait rencontrer de jeunes étudiants en médecine, mais également le Faucheur, cet abominable tueur en série.

L'intérêt du roman de Tess Gerritsen réside surtout dans sa fantastique reconstitution de l'univers médical du XIXe siècle américain, période où il valait mieux être riche et nanti pour pouvoir briguer la profession de médecin. C'est très documenté et semble surtout d'une grande véracité dans l'explication des traitements de l'époque. Les leçons d'anatomie sont d'un réalisme saisissant. Il est encore facile de comprendre les réactions de la population qui considéraient ces recherches comme une abomination.
Le Voleur de morts, dans son style, peut ressembler à un roman à la "Dickens" avec les différences de classe sociale, le manque de considération pour les émigrés d'origine irlandaise. Il est facile de voir des similitudes entre l'Angleterre et l'Amérique de ce siècle rempli de révolutions sociales et industrielles.
Les deux époques du roman sont savamment entremêlées, renforçant l'intrigue en faisant grandir l'intérêt de l'histoire à coup de révélations et de nouvelles pistes.
Le moins réussi du livre réside sans doute dans l'approche très conventionnelle de l'histoire d'amour de Rose pour un jeune médecin pauvre. C'est la partie où l'écriture de Tess Gerristen est teintée d'un peu trop de mièvrerie, peut-être souhaitée pour atténuer les descriptions très imagées des soins médicaux rudimentaires.

Nominations :
Grand Prix des Lectrices de "Elle" Policier 2013

Citation

À vous de décider de ce que vous voulez révéler. Aujourd'hui, les gens n'ont d'yeux que pour Jake Burke. Il est leur monstre, pour le moment. Mais bientôt, j'en suis sûr, un autre retiendra leur attention. Je connais l'opinion : son appétit de monstres est insatiable.

Rédacteur: Fabien Maurice vendredi 18 janvier 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page