Le Voleur de cadavres

Seulement, il n'était plus seul au monde, et son moignon pourrissait. La douleur grimpait à l'improviste, au réveil sous la douche, la nuit dans les bras d'une femme ou dans son sommeil, épouvantable.
Caryl Férey - Plus jamais seul
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samedi 08 août

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Roman - Noir

Le Voleur de cadavres

Braquage/Cambriolage - Corruption MAJ vendredi 25 janvier 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,8 €

Patrícia Melo
Ladrão de cadáveres - 2010
Traduit du portugais (Brésil) par Sébastien Roy
Arles : Actes Sud, octobre 2012
218 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-330-01243-4
Coll. "Actes Noirs"

Actualités

  • 12/10 Édition: Parutions de la semaine - 12 octobre
    Jan Costin Wagner chez Jacqueline Chambon, Franck Thilliez au Fleuve noir, Jim Nisbet chez Rivages, Ruth Rendell aux 2 Terres, Frédéric Lenormand chez Fayard ou encore Graham Hurley au Masque : que des auteurs qui ont l'habitude d'apparaître chez ces éditeurs de façon cyclique. Chacun y trouvera ce qu'il cherche avec du thriller (auquel au Fleuve noir on pourrait ajouter Hervé Commère), du procédural (il y a également le retour de Laura Lippman au Toucan), du social, du noir, de l'historique. Au rayon des heureuses surprises, il faudra aller voir dans cette anthologie sur Haïti des éditions Asphalte et dans cet Adios Mexico chez Autrement. Alors que Jean-Paul Gawsewitch continue ses rééditions de l'œuvre de Maurice Leblanc, L'Opportun propose cinquante nouvelles inédites du père d'Arsène Lupin. Le Masque poche dans une nouvelle charte graphique sujette à caution présente des romans divers et variés aux qualités elles aussi diverses et variées. Philip Kerr et Fred Vargas sont ainsi dans cette première livraison avec des romans de jeunesse, quant à l'éternel John Buchan malheureusement présent dans une traduction vieillote, il est éternel avec ses Trente-neuf marches. Il doit se trouver ici et là quelques auteurs nordiques aisément identifiables...

    Grand format :
    Miroir, d'Alick (Rebelle, "Sans visage")
    Méprise judiciaire, de Philippe Arnaudet (Terre des Graves)
    Pars et ne dis rien, de Philippe Bouin (L'Archipel)
    Le Deuxième homme, de Hervé Commère (Fleuve noir, "Thriller")
    Michelangelo et le banquet des damnés, de Didier Convard (Fayard, "Thrillers")
    Adios Mexico, de Joaquin Guerrero Casasola (Autrement)
    Haïti noir, anthologie dirigée par Edwidge Danticat (Asphalte, "Noir")
    Tabou, de Casey Hill (Les Escales)
    Une si jolie mort, de Graham Hurley (Le Masque, "Grands formats")
    Défendre Jacob, de William Landay (Michel Lafon)
    L'Aiguille creuse : et autres histoires, de Maurice Leblanc (Jean-Claude Gawsewitch, "Les Aventures extraordinaires d'Arsène Lupin)
    La Longue marche du juge Ti, de Frédéric Lenormand (Fayard, "Policier")
    Celle qui devait mourir, de Laura Lippman (Le Toucan, "Noir")
    La Revanche de Mike Larsson, de Olle Lönnaeus (Liana Levi, "Policier")
    Le Voleur de cadavres, de Patrícia Melo (Actes sud, "Actes noirs")
    Le Cercle, de Bernard Minier (XO)
    Blanche-Neige doit mourir, de Nele Neuhaus (Actes sud, "Actes noirs")
    Traversée vent debout, de Jim Nisbet (Rivages, "Thriller")
    Mon plus vieil ennemi, de Ruth Rendell (Les 2 Terres)
    La Fille des souterrains, de Anders Roslund & Börge Hellström (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Le Tableau de Pilate, de Graig Smith (Jean-Claude Lattès)
    Atom[ka], de Franck Thilliez (Fleuve noir, "Thriller")
    12:21, de Dustin Thomason (Calmann-Levy, "Suspense")
    Lumière dans une maison obscure, de Jan Costin Wagner (Jacqueline Chambon, "Roman policier")
    Conséquences, de Darren Williams (Sonatine)

    Poche :
    Le Secret d'Eunerville : Arsène Lupin, de Pierre Boileau & Thomas Narcejac (Le Masque ("Poche jaune")
    Les Trente-neuf marches, de John Buchan (Le Masque, "Poche jaune")
    La Poursuite, de Clive Cussler (LGF, "Thriller")
    Le Thé des trois vieilles dames, de Friedrich Glauser (Zoé, "Poche")
    L'Incendiaire, de Jón Hallur Stef´nsson (Babel, "Noir")
    La Tulipe du mal, de Jörg Kastner (LGF, "Policier")
    Chambres froides, de Philip Kerr (Le Masque, "Poche jaune")
    Cyanure, de Camilla Läckberg (Babel, "Noir")
    La Constance du jardinier, de John Le Carré (Pointdeux, "Pointdeux")
    L'Évangile selon Francy, d'Amanda Lind (Pocket)
    Sérum : saison 1.4, de Henri Lœvenbruck & Fabrice Mazza (J'ai lu, "Policier")
    Les Violeurs d'âme. 1. Le psychopompe, de Dominique Maisons (Pocket, "Thriller")
    Sauvetage fatal, de Kate Morgenroth (Pocket, "Thriller")
    Flétrissure, de Nele Neuhaus (Babel, "Noir")
    Le Chat aux aguets, de Jean-Paul Nozière (Rivages, "Noir")
    La Bibliothèque de Villers ; suivi de Tombeau d'Agatha Christie, de Benoît Peeters (Espace Nord, "Roman")
    Le Piège de l'architecte, de Douglas Preston & Lincoln Child (J'ai lu, "Thriller")
    Bad Boy, de Peter Robinson (LGF, "Policier")
    Rennes de la nuit, d'Alain Stéphan (Jean-Paul Gisserot, "28-8 police !)
    Vertige, de Franck Thilliez (Pocket, "Thriller")
    Les Jeux de l'amour et de la mort, de Fred Vargas (Le Masque, "Poche jaune")

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Dégradation totale

Jean-Luc Godard, cinéaste emblématique de la Nouvelle vague, disait que même la façon de déplacer une caméra dans un film était une question morale. Dans le roman noir, il est aussi question de morale et, souvent, soit on penche du coté de la morale, privée ou publique - il faut reconstituer l'ordre détruit par le crime -, soit, à l'inverse, on se tourne vers l'immoralité - finalement le crime paie. Plus rares sont les ouvrages que nous pourrions qualifier d'amoraux, c'est-à-dire ceux où les personnages agissent sans se soucier du bien fondé éthique de leurs actes.

Avec Le Voleur de cadavres, de la Brésilienne Patrícia Melo, c'est cette option qui est prise. Le héros du roman est une véritable éponge qui va où le poussent ses envies et ses sentiments. Il est amoureux d'une jeune policière mais celle-ci ne se donnera à lui qu'après le mariage ? Tant pis, en attendant, il couchera avec la femme de son cousin. Il lui donnera même une enfant qu'il refusera de reconnaître. Il découvre un mourant dans la jungle ? Il le dépouille et revend la drogue que ce dernier transportait. Les autres personnages ne sont pas mieux à l'instar de cet ami qui accepte bien vite l'argent facile de la drogue, de cette jeune policière qui découvre que par amour elle est prête à trahir ses collègues - de toute façon, ils sont tous corrompus -, ou de ce père de policière qui passe son temps à mentir pour avoir quelques pièces qu'il redonne à sa maîtresse... Seuls, peut-être, au milieu de ce magma lamentable de gens qui ne pensent qu'à leur intérêt, des parents qui veulent retrouver le corps de leur fils pour pouvoir l'enterrer. Ce seul fait moral du roman donne d'ailleurs lieu à une escroquerie, où tous les protagonistes essaient de se servir au passage.

Le récit se déroule dans de petites bourgades le long de l'Amazonie. Le climat local joue, semble-t-il, sur la déliquescence des mœurs. Patrícia Melo restitue, avec une écriture aiguisée, la moiteur des lieux, les corps fatigués, les relâchements de la torpeur, cette masse de petites trahisons quotidiennes que chacun accomplit pour continuer à vivre. C'est cet instinct de survie, au milieu d'une nature hostile et d'humains qui ne le sont pas moins (on enterre les vivants qui vous déplaisent et on exhume les cadavres qui pourraient vous servir) qui forge l'ossature du Voleur de cadavres, récit où la psychologie s'efface devant la volonté entomologique de décrire une société humaine, trop humaine, trop bassement humaine.

Citation

Ces types savent comment suborner. Ils sont très efficaces, et ils s'y prennent d'une telle façon qu'on sent même pas qu'on est en train de se laisser corrompre. À vrai dire, tu crois même que tu leur fais une faveur.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 09 janvier 2014
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