Miroir

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mercredi 18 septembre

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Roman -

Miroir

Tueur en série - Procédure MAJ vendredi 25 janvier 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Public averti

Prix: 19,9 €

Alick
Désertines : Rebelle, septembre 2012
420 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-36538-018-8
Coll. "Sans visage"

Enterrements sanglants de vies de jeunes filles

Première incursion dans le polar d'une nouvelle maison d'édition pour l'instant spécialisée dans l'imaginaire, depuis peu à vocation généraliste (mais au nom pas forcément heureux...) d'un auteur dont il s'agit du quatrième roman, voilà qui excite la curiosité...
Axiandre Martin, surnommée Cyborg par ses collègues, est une flic particulièrement opiniâtre qui vient de remporter un grand succès en arrêtant un tueur obsédé par la religion surnommé le Purificateur. Mais sous son apparence de dur à cuire se cache une âme tourmentée qui risque de sombrer dans l'alcool. Elle se retrouve dans Miroir sur la piste d'un tueur en série d'un genre inédit puisqu'il assassine des femmes vingt-quatre heures avant leur mariage ! Elle n'est pas seule dans sa descente aux enfers : la suit un enfant brutalisé de la plus abjecte des façons et une call-girl de luxe. Trois trajectoires qui vont se croiser sur le fil du rasoir d'un tueur halluciné... Ou plutôt quatre. Parce que les dernières paroles prononcées par le Purificateur hantent encore Axiandre. Et si cet inquisiteur des temps modernes détenait la clé du mystère ?
On oscille-là entre suspense et roman de procédure policière (l'auteur serait renseigné de première main, chuchote-t-on...), tant Alick a soin de réalisme, parfois gâché par des notes de bas de page un peu intrusives. Quatre cents pages touffues menant jusqu'à une révélation finale un peu galvaudée de nos jours, mais qui a au moins l'avantage d'être logique et d'expliquer pas mal de points en suspens. L'ennui, c'est que quatre cents pages, ça fait beaucoup, et l'auteur s'appesantit parfois, notamment lors d'une conclusion à rallonges inutiles. Le style, très factuel, avec un glissement naturel d'un narrateur à l'autre, n'a plus qu'à gagner en maturité. Par contre, il faut souligner que le roman est réservé à un public averti. Rien ne nous est épargné, de l'horreur quotidienne d'un enfant abusé au viol et aux affrosités diverses, sans oublier une bonne dose d'érotisme, à faire prendre n'importe quel Franck Thilliez pour de la "Bibliothèque verte".
On peut dire qu'Alick ne recule pas à nous mettre le nez dans ce que d'autres usineurs de thrillers industriels consensuels préfèrent glisser sous le tapis sans pour autant virer au sadisme du "torture porn" ou être rebuté par tant de complaisance : question de sensibilité, mais le roman aurait peut-être dû venir avec un avertissement au lecteur. En tout cas, voilà un auteur à suivre.

Citation

Contrairement aux films policiers, notre métier n'était pas composé de bagarres spectaculaires chorégraphiées par des Asiatiques sous ecstasy, de cascades au ralenti ou de courses poursuites sous un déluge de balles démentes. Je ne m'étais d'ailleurs jamais servie de mon arme de service.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 24 janvier 2013
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