La Fin de la saison des guêpes

Dans chaque bar de chaque ville, de chaque pays, sur chaque continent, et ce depuis la nuit des temps, il y a toujours eu et il y aura toujours un lourdaud renfrogné qui entrera avec une femme magnifique et charmante à son bras, et tout le monde s'arrêtera pour les regarder et se demander comment une telle femme a pu se retrouver avec un tel lourdaud. Pendant un moment, ce fut moi, le lourdaud. Et Anya Petrescu était cette femme.
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Roman - Policier

La Fin de la saison des guêpes

Assassinat - Finance MAJ vendredi 26 avril 2013

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Denise Mina
The End of the Wasps Season - 2010
Traduit de l'anglais (Écosse) par Freddy Michalski
Paris : Le Masque, février 2013
450 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-702-43645-5
Coll. "Grands formats"

Procédure en demi-teinte

Deuxième roman de l'auteure écossaise mettant en scène la flic Alex Morrow, La Fin de la saison des guêpes est doté d'une accroche laudatrice toujours difficile à tenir. Mérite-t-il vraiment tel excès ? Le point de départ est simple : deux jeunes gens s'introduisent chez une jeune femme et la tuent brutalement. Donc, dès le livre entamé, on sait qui a tué, mais le mobile reste nébuleux. Parallèlement, un banquier se pend, laissant derrière lui une famille dont on verra bientôt les dysfonctionnements — ainsi que la montagne de dettes dont elle se retrouve très vite affublée. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que les deux affaires sont intrinsèquement liées...

Denise Mina a beau être écossaise, on retrouve bien là l'obsession typiquement anglaise des classes sociales depuis l'ère victorienne, ce qui fait une partie de son identité - et n'est donc pas un reproche ! Loin des gros effets à la mode et des révélations fracassantes, Denise Mina s'attache surtout à l'atmosphère, à une description presque simenonienne des gens et du poids du destin qui pèse sur leurs épaules.

Contrairement à ce que sous-entend l'accroche, il ne faut pas s'attendre à un sursaut final de la mort-qui-tue. La fin est tout simplement une conclusion logique et glaçante de tout ce qui a précédé doublée d'un coda pas très clair. Que du bon donc ? Oui, mais l'ennui, c'est que pour en arriver là, il faut supporter des pages et des pages où il ne se passe pas grand-chose, voire des longueurs et des redondances héritées des pires techniques de tirage à la ligne anglo-saxonnes apprises en cours de creative writing, comme s'il était bien difficile d'atteindre la taille "paveton" obligatoire. Éternel problème d'une industrie vendant la littérature (fut-elle populaire) au kilo, et d'un lectorat à qui il faut donner à tout prix l'impression d'en avoir pour son argent. Le résultat ne mérite ni excès d'honneur, ni d'indignités : l'auteure a fait et fera mieux...

Citation

Aucune victime ne méritait un sobriquet la privant de son humanité à peine une heure après un début d'enquête. Une seule chose était plus humiliante qu'une mort violente, une mort humiliante ou comique : personne n'en avait plus rien à branler et la qualité de l'enquête s'en ressentait.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 27 mars 2013
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