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mercredi 16 janvier

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Roman - Thriller

Black coffee

Tueur en série MAJ jeudi 18 avril 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Sophie Loubière
Paris : Fleuve noir, février 2013
560 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-265-09407-9
Coll. "Thriller"

Route 666

Au moins, on ne peut pas dire que Sophie Loubière se répète de roman en roman, passant du drame psychologique intimiste de L'Enfant aux cailloux (imparfait mais prometteur) aux grands espaces de ce pavé... En voyant l'intitulé, on peut avoir un doute : va-t-on encore avoir de la copie servile et appliquée des premiers de la classe des cours de creative writing pullulant outre-Atlantique, et qui offrent l'équivalent littéraire de plats surgelés mondialisés, ou encore un roman basé sur deux ou trois fantasmes de carte postale touristique pour Américanoïaques transis d'admiration pavlovienne devant tout ce qui a une bannière étoilée plantée dans la fesse droite ? Eh bien, ni l'un, ni l'autre, heureusement.

L'histoire : en 1966, dans une ferme au fin fond de l'Oklahoma, un inconnu massacre une famille presque entière. Seul survivant avec sa mère, Desmond Blur reste évidemment marqué par cet épisode tragique. Quarante-cinq ans plus tard, le mari de Lola Lombard disparaît sur la Route 66... Le mari en question venait de rencontrer dans un bar un vieil homme qui prétendait traîner derrière lui un sillage de meurtres et de crimes qu'il lui avait proposé de mettre sur le papier. Trois ans plus tard, Lola Lombard reçoit un cahier de dessins de son mari. Il contient une série de croquis qui, une fois décryptés, pourraient la mettre sur la piste de l'insaisissable tueur de la Route 66. Un tueur peut-être plus proche de Desmond Blur que celui-ci ne le croit...

L'ensemble s'annonce donc comme une fresque presque épique qui n'oublie pas de s'attarder sur les conséquences d'un crime, sur ses survivants et tout ceux qui l'entourent. Le tout à l'aide des traditionnels chapitres courts, passant d'un personnage à l'autre, brassant presque une cinquantaine d'années. Le style est éminemment cinématographique, commençant souvent sur des descriptions de lieux cinématiques avant d'en venir au fait, mais évite l'écueil du scénario prémâché par une écriture très soignée malgré quelques anglicismes pour faire mode. Certes, au final, le tout s'avère être une histoire de traque au sérial killer très conventionnelle, mais avec juste un ton particulier qui fait la différence. Non, comme le précédent roman de Sophie Loubière, le principal défaut est un très léger flou dans l'intrigue qui fait que s'il n'y a pas vraiment de "trous" de narration, de par ce choix narratif, il faut s'appliquer pour établir les causalités reliant tel événement à tel autre et, surtout, ne pas s'y perdre dans les lieux souvent fort semblables. Très simples scories pour un roman qui, pour une fois, ne se contente pas de délayer pour atteindre le nombre de pages requis...

Citation

Vêtu ou non de son uniforme, Gary produisait toujours cet effet-là : on aurait dit que l'air se déplaçait différemment autour de lui en un panache invisible et policé. Il se mouvait avec une fausse indolence de flic en mission que sa physionomie débonnaire ne pouvait qu'accentuer.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 08 avril 2013
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