Meurtre dans le boudoir

Tyler Rochester n'arriva jamais chez lui. Tyler Rochester était devenu une statistique.
Robert Pobi - Les Innocents
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 24 janvier

Contenu

Roman - Policier

Meurtre dans le boudoir

Humoristique - Historique - Assassinat MAJ jeudi 16 mai 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 6,9 €

Frédéric Lenormand
Paris : Le Masque, février 2013
312 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3901-2
Coll. "Le Masque poche", 10

Sur la piste de romans libertins

Voltaire, en cet été 1733, mène parallèlement la publication, clandestine, de ses Lettres philosophiques, un brûlot contre la monarchie et les religieux, et une enquête qui débute dans un cadre libertin.

Dans une maison de passe, un client demande qu'on donne vie à l'illustration d'un livre qu'il apporte. Tant bien que mal, la maquerelle bricole la scène orientale désirée. L'homme meurt pendant que la fausse houri tente des déhanchements lascifs. René Hérault, le lieutenant général de police, charge Voltaire, avec des arguments proches du chantage, de trouver l'identité du défunt.
Le philosophe se débat entre ses récurrents soucis de santé, ses Lettres éditées à Londres et la censure qui se fait menaçante.
Un nouveau meurtre, toujours dans un cadre licencieux, oriente l'enquêteur et son équipe, vers des romans pour libertins. Il remonte une piste jusqu'à un ouvrage intitulé Le Tabouret de Bassora, écrit anonymement, dont des contes suscitent l'inspiration d'un assassin. Voltaire doit donc "élucider deux meurtres dont on ne connaissait ni les protagonistes, ni motif, ni rien. Un tueur dont on ne connait rien."

Le portrait que dresse Frédéric Lenormand est celui de Voltaire qui atteint la quarantaine. Il le décrit comme un trublion, un hyperactif souffreteux, égoïste et mesquin. Il a, cependant, séduit Émilie, marquise du Châtelet, une jeune femme à qui on a enseigné de la physique et de l'astronomie, qui se passionne pour les sciences... et pour les scientifiques. Les relations avec le philosophe, telles que présentées par l'auteur, restent au niveau de l'intellect.
Frédéric Lenormand prend résolument le parti de l'humour, multipliant les scènes, les remarques, les situations cocasses dont Voltaire est souvent le sujet. Cependant, à trop multiplier les images amusantes, les comparaisons incongrues, les réflexions truculentes, le style prend un côté systématique qui finit par lasser.

L'auteur prend pour cadre de son histoire, les écrits du philosophe relatifs à l'été 1733, où ce dernier décrits des actes, des situations. Avec cette base réelle, il fait porter son intrigue par nombre de personnages authentiques depuis la maîtresse de Voltaire, Armand de Richelieu, les Crébillon, père et fils… Il en dresse des portraits pittoresques, loin de l'image empesée de la figure historique. Il révèle certaines pratiques commerciales, littéraires, assez curieuses de l'époque.

Si le premier volet des enquêtes de Voltaire, La Baronne meurt à cinq heures (Jean-Claude Lattès, 2011) avait surpris, étonné, séduit par le portrait peu commun du philosophe, par la description d'un entourage picaresque, par le ton débridé, cette seconde mouture, tout en conservant ses qualités, perd la fraîcheur de la nouveauté. On n'a plus la surprise qui avait accompagné la découverte.

Nominations :
Prix "Saint-Maur en poche" catégorie polar 2013

Citation

Mais si, plaida Voltaire. On ne sait jamais, il y aura peut-être des policiers de province qui croient encore à la respectabilité des gens d'Église.

Rédacteur: Serge Perraud mercredi 24 avril 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page