Sempre Susan : souvenirs sur Sontag

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Roman - Noir

Sempre Susan : souvenirs sur Sontag

Social MAJ mardi 16 juillet 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8 €

Susan Sontag
Sempre Susan, A Memoir of Susan Sontag - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Ariane Bataille
Puzol : 13e Note, mai 2012
112 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-36374-042-7
Coll. "Pulse"

Femme de New York

Sigrid Nunez est une romancière et essayiste américaine née en 1951. Elle rencontre Susan Sontag en 1976, travaille avec elle et devient la petite amie de son fils. À cette époque, Susan Sontag est déjà l'intellectuelle new-yorkaise que l'on connait, romancière, féministe, icône de la contestation. Cependant, c'est une Susan Sontag intime que fait connaître ce livre. Il s'agit moins d'évoquer le parcours intellectuel de cette femme pas comme les autres que son attitude devant la vie en général. À cette époque, Susan Sontag se remet d'un cancer du sein, ce qui ne l'empêche pas de travailler et de refuser de s'apitoyer sur elle-même. C'est une femme libre comme on aimerait en rencontrer, libre de penser contre son propre milieu parfois (celui des féministes ou des universitaires), mais fragile aussi, s'inquiétant des effets de l'âge sur son corps et sa vitalité intellectuelle. Une femme "dure", penseront peut-être certains, mais qui sait aussi se montrer légère quand il s'agit de dénicher un bon restaurant new-yorkais pour ses amis.
Dans le sillage de Susan gravite bon nombre d'intellectuels, dont Joseph Brodsky, ex-citoyen soviétique expulsé de sa patrie en 1972. Les pages sur Brodsky sont parmi les plus attachantes du livre : pas seulement parce qu'il fut le poète que l'on sait, décoré par le Nobel, mais aussi par l'amitié qui le lie à Susan, qui voit en lui le prototype de l'écrivain européen, chose "exotique" pour une new-yorkaise comme elle.
En fait, ce livre est empreint d'une certaine nostalgie, celle des années 1970, elles-mêmes "échos" des années 1960 où tout arriva à la fois, la contestation, la contre-culture, l'intellectualisation des élites universitaires. Et aujourd'hui, sommes-nous tenté de nous demander, que reste-t-il de tout cela aux États-Unis ? Il semble qu'une parenthèse s'est refermée et qu'elle ne s'ouvrira plus. On peut toujours se consoler en revoyant Manhattan de Woody Allen et rêver à cette époque où, sur les campus, on croyait encore que les livres pouvaient changer le monde.

Citation

Je garde d'elle cette image qui colle exactement avec celle d'une étudiante, une étudiante fanatique : debout toute la nuit, des piles de bouquins et de papiers partout autour d'elle [...] martelant le clavier de sa machine à écrire, enflammée, animée d'un esprit de compétition.

Rédacteur: Pascal Hérault dimanche 23 juin 2013
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