La Reine de la Baltique

Mathilde se douche. Je passe plusieurs fois devant la salle de bains ouverte sans un regard pour son corps nu. Pendant qu'elle s'habille, je range la vaisselle. Je dis à Emma de se laver à son tour. Mathilde l'aide. À la télévision, il y a des plans fixes sur des passants, au Havre, et le visage de Sophie Le Saucourt et la crise économique et une nouvelle usine qui ferme, cette fois-ci dans le Nord-Est, et des plans fixes sur les employés de l'usine qui ferme. Les employés crient et pleurent.
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jeudi 21 novembre

Contenu

Roman - Policier

La Reine de la Baltique

Psychologique - Assassinat MAJ mercredi 11 septembre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Viveca Sten
I De Lugnaste Vatten - 2008
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
Paris : Albin Michel, septembre 2013
386 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-226-24975-3
Coll. "Spécial suspense"

Morts en île paisible

Au pays du polar suédois, une nouvelle arrivée vient marcher sur les platebandes de Camilla Läckberg. Les styles peuvent donner l'impression d'être similaires car Viveca Sten semblent prendre le même plaisir à privilégier la psychologie de ses personnages et à mettre en avant leur vie familiale. Ce n'est pas au détriment de l'action, mais au contraire c'est en prenant le parti d'aborder l'enquête de façon plus humaine. Le but n'est pas de sortir la grosse artillerie mais de jouer avec l'atmosphère du lieu et les états d'âme de chacun des protagonistes.

L'endroit où se déroule l'action, Viveca Sten le connait bien. Il s'agit de Sandhamn, dernière île faisant partie de l'archipel de Stockholm avant d'arriver dans les eaux de la mer Baltique. C'est un endroit privilégié encore à l'abri des voitures et qui ne compte que quelques résidents. Mais une fois les beaux jours revenus, le nombre de visiteurs s'envole, le lieu devenant le cadre idéal pour fuir la grande agglomération suédoise.
En promenant son chien sur la plage, un homme aperçoit un amas bizarre échoué sur le sable. En s'approchant, il découvre qu'il s'agit d'un filet de pêche, sauf que dans ses mailles il y a le corps sans vie d'un homme. Très vite le corps va être identifié, ce n'est pas un habitué de Sandhamn mais un habitant de Stockholm. Il n'est cependant pas aussi facile de déterminer les causes de la mort. Il pourrait aussi bien s'agir d'un suicide que d'un meurtre. La possibilité que l'homme soit même tombé d'un ferry est envisagée. En tout cas, ce mort vient bousculer la tranquillité habituelle de l'endroit où les résidents ont presque tous pour habitude de laisser leur porte ouverte. L'enquête est dirigée par l'inspecteur Thomas Andreasson, qui connait Sandhamn comme sa poche. Il y est souvent venu pour des vacances et sa meilleure amie d'enfance habite encore sur l'île. Nora Linde est mère de deux jeunes enfants et exerce la profession d'avocate à Stockholm.
La quiétude de Sandhamn va définitivement s'envoler avec la découverte d'un second cadavre. Cette fois, le corps sans vie d'une femme est découvert dans une chambre d'hôtel, et là, aucun doute possible : c'est un meurtre. Rien qu'en regardant les marques sur le corps de la morte, Andreasson comprend très vite qu'il est bien face à un homicide. Elle venait d'arriver sur l'île mais la question est de savoir dans quel but elle venait de débarquer quelques heures auparavant. Mais également il faut déterminer qui avait intérêt à la réduire au silence de façon aussi radicale. Andreasson est obligé de se demander si les deux histoires peuvent avoir un lien entre elles. Sa seule certitude est que la quiétude de l'été a définitivement laissé la place à la peur, notamment grâce aux journalistes qui raffolent de ce type d'histoires pour alimenter les colonnes de leurs quotidiens avec des titres racoleurs usant d'effets largement exagérés. Andreasson va pouvoir compter sur le soutien de son amie mais également sur son aide inopinée grâce à son énorme connaissance des lieux.

Viveca Sten, avec ce premier roman traduit en français, nous plonge dans les affres des histoires de famille. Elle nous fait partager le mal de vivre de Thomas Andreasson, dont le couple a volé en éclats quelques temps après le décès de leur bébé, victime de la mort soudaine du nourrisson. Il ressasse cette tragédie en boucle dans sa tête. L'auteur montre aussi le fossé qui se creuse insidieusement entre Nora Linde et son mari, le couple ne semblant plus être exactement sur la même longueur d'ondes. Et Viveca Sten nous entraîne aussi dans des histoires de famille beaucoup plus complexes car trop longtemps enfouies. Elle ne se prive pas d'user de fausses pistes pour mieux embrouiller les choses et faire rebondir son histoire nichée entre passé et présent. Elle manie à dessein les mensonges issus de toutes les faiblesses mal assumées de l'être humain en général. Le tout sans oublier une parfaite maitrise du suspense pour ravir les amateurs. Un nouveau duo d'enquêteurs vient de faire, avec brio, son entrée dans le polar féminin suédois qui pourrait détrôner Camilla Läckberg, la reine du genre.

Citation

Tout ça semble tellement étrange. Deux personnes assassinées en quelques semaines. Comme si un de ces polars anglais qui passent à la télé était soudain devenu réalité. Tout ce qui manque, c'est un commissaire avec sa pipe.

Rédacteur: Fabien Maurice lundi 09 septembre 2013
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