La Foire aux organes

L'avant-bras avait été planté à l'arrière de l'église, dans le parterre de pensées jaunes du monument aux morts. Un modus operandi rappelant celui du membre retrouvé à Saint-Martin-de-Boscherville, trois jours plus tôt. Un avant-bras plus court que les précédents, à la paume positionnée dos à la nef et aux attaches si fines qu'il y avait peu de doutes sur le sexe de la victime.
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samedi 06 mars

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Roman - Noir

La Foire aux organes

Médical - Trafic MAJ mercredi 25 septembre 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Mathieu Picard
Montréal : Coups de tête, juin 2013
168 p. ;
ISBN 978-2-89671-099-7

Au prêt à dépecer

Décidément, les Québécois de Coups de tête ont un des catalogues les plus intéressants actuellement, ne serait-ce que par leur volonté de bousculer un peu la structure figée des genres, qui n'en finit pas de se désagréger. En témoigne ce premier roman, qui sous une très jolie présentation, brouille — une fois de plus — les frontières poreuses entre "noire" et "blanche". Le thème est simple comme une épure : lorsque Simon Beecher se crashe en voiture, son père est prêt à tout pour le faire revenir à la vie. Or Papa Beecher est riche. Très riche même. Et pour qui peut payer, il existe un trafic fort lucratif permettant d'obtenir en urgence les organes que l'on désire... Il serait faux d'en déduire qu'il s'agit d'un roman sur le trafic d'organes : celui-ci n'est qu'un révélateur, tant le roman dépèce toute la nébuleuse d'individus qui tournent autour d'un fait divers atrocement banal. Un carrousel cynique où se dégage un portrait de la lâcheté et des compromissions ordinaires où, pourtant, se dégage une certaine humanité, comme ce médecin pratiquant l'euthanasie par compassion. Mais c'est surtout l'écriture qui est au cœur du roman : charnelle et froide en même temps, très travaillée, presque expérimentale de par la structure éclatée du récit, elle devrait séduire les amateurs de beau style. Il reste que parfois, Mathieu Picard oublie un petit peu son thème principal pour multiplier les points de vue, au risque de noyer le poisson. Simple scorie pour un premier roman fort prometteur qui a au moins le mérite de sortir du ronron habituel. Bien sûr, il ne vendra pas le centième du dernier thriller industriel formaté série TV trônant en tête de gondole et promis au "Coup de cœur de certains libraires, mais les esprits curieux peuvent tenter l'aventure…

Citation

Maman est paniquée, terrorisée, elle pleure abondamment, c'en est presque indécent pour une fille du peuple slave. Un ravin s'est creusé contre son nez et le flux permanent s'est dégagé un estuaire dans la bouche. Ses yeux violacés, pochés, turbinent comme une usine à deuil.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 16 septembre 2013
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