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lundi 21 octobre

Contenu

Roman - Policier

Face à face

Énigme - Assassinat MAJ jeudi 24 octobre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Gunnar Staalesen
Ansikt til ansikt - 2004
Traduit du norvégien par Alex Fouillet
Montfort-en-Chalosse : Gaïa, septembre 2013
300 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-84720-321-9
Coll. "Polar"

Les vieux amants

La série des Varg Veum se poursuit chez Gaïa, pour notre plus grand plaisir. Cette fois, notre cher privé a la surprise – le mot n'est pas trop fort – de trouver un cadavre dans sa salle d'attente, pourtant peu fréquentée ces derniers temps. Il s'agit d'un certain Erlend Ekerhovd, professeur authentiquement norvégien – avec un nom pareil, vous pensez bien –, qui venait de laisser une demande de rendez-vous sur son répondeur. Bizarre. Il s'avère aussi que celui-ci menait des recherches sur une certaine Hildegunn Høgset, jeune artiste connue de tous à l'époque comme "Le Monstre" (du fait de sa propension à croquer les hommes... et les femmes) et censée s'être suicidée en 1979 (mais on n'a jamais retrouvé son cadavre et Erlend estimait, d'après sa femme, qu'on l'avait tuée), avec qui il a vécu en communauté "rouge" dans les années 1970. Intrigué, Veum se lance de son propre chef sur cette piste et rencontre l'un après l'autre ses anciens membres, qui ont tous fait depuis de beaux parcours dans les carrières les plus bourgeoises – y compris la police pour l'un d'eux. Il apprend qu'il y aurait eu parmi eux un mouchard qui aurait dénoncé un activiste de l'IRA réfugié auprès d'eux. Il retrouve aussi la femme avec laquelle Hildegunn vivait lors de sa mort. Elles s'étaient connues dans un foyer d'enfants orphelins ou placés où Hildegunn a été victime d'une agression sexuelle à l'âge de douze ans. Mais bientôt Tor Steinestø (qui a été jadis l'amant de Hildegunn, tout comme Erlend) est retrouvé mort dans des conditions suspectes lui aussi. Curieux. C'est au point que Veum finit par se sentir menacé, à son tour. C'est alors que la très vieille ancienne directrice du foyer d'enfants lui cite un nom qui le fait sursauter. Et cette personne vient justement de s'absenter précipitamment. Une piste à suivre, surtout quand on n'en a pas d'autre... Le dénouement est dramatique à souhait, peut-être un peu compliqué mais c'est inévitable lorsque l'intrigue a été tissée très serré.
La patte de l'auteur est toujours là, ce ton légèrement moqueur et surtout cette ironie du héros envers lui-même, qui le distingue de tous ces enquêteurs si sûrs d'eux-mêmes. Le dialogue est vif, la narration ne s'embarrasse pas de fioritures et ne s'attarde pas avec complaisance sur le sordide ou le salace. Les comparaisons et allusions humoristiques sont plaisantes et relaxantes. Bref, c'est un plaisir de lecture, à la fois passionnant et détendant. Un vrai livre, quoi, qui console de tant de produits prétentieux qui se donnent beaucoup de mal pour masquer leur vide.

Citation

J'étais de retour d'une mission qui m'avait conduit jusqu'à Olve, l'un de ces endroits du Vestland qui fait penser que Dieu a donné de la confiture aux cochons et n'a jamais récupéré le pot.

Rédacteur: Le Huron svécomane lundi 07 octobre 2013
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