Patriot Act

Rien de tout ça ne pourra ressusciter Amelia et ça risque de te faire péter un câble. Imagine que tu apprennes quelque chose de terriblement flippant sur son compte et celui de ce fameux Woodhouse, mais qui n'a rien à voir avec la cause de sa mort ?
Kimberly McCreight - Amelia
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 23 janvier

Contenu

Roman - Thriller

Patriot Act

Politique - Anticipation - Géopolitique MAJ lundi 25 mai 2009

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Kenan Görgün
Paris : First, mars 2009
542 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-75401069-6
Coll. "Thriller"
Elvis Casanova, 1

Ce qu'il faut savoir sur la série

Le Rudolf Valentino de la Crim' de Baltimore. Un Georges Clooney mâtiné de James Bond. Moins raffiné que le premier, à siroter du rhum, mais plus voyant que le second, au volant de sa Chevrolet Camaro. Le tout, malgré son pardessus anthracite, ses boutons de manchette et sa montre Seiko Premier - bracelet en cuir pour éviter d'être trop bling-bling. Elvis fume en outre des cigarillos Romeo. Ne sort qu’avec des femmes canons, en pur produit d’une lecture très conventionnelle du flic macho. Des femmes avec lesquelles il ne se dispute jamais : il les largue avant, of course. Son allure générale : moins requin que paiche d’Amazonie. Un flic people en définitive, grand, élancé, portant des lunettes Persol noires et dégainant volontiers un Zippo Bélier, série Zodiac. Aime le jazz et le blues, évidemment. Ce sont ses parents, alors qu’ils vivaient dans Little Italy, qui l’ont baptisé Elvis, en mémoire de Presley. Gros lecteur, brillant causeur, il a choisi un petit matin de devenir un dur à cuire pour qu’on lui fiche la paix. Sa devise : "assumer, jamais fuir".

Eyes Only : l’Amérique lave plus blanc (les cerveaux)

Le FBI est sur les dents : le professeur Saturne vient d'être assassiné. Il était l'auteur d'un projet monstrueux, parachevant l'ambition de surveillance des citoyens américains du Patriot Act : lire les pensées des hommes, visualiser leurs souvenirs, explorer sans retenue leur mémoire. La CIA entre en scène. Conflits d'agence, sans compter la Crim' de Baltimore qui ne veut rien lâcher, d'autant que son plus brillant inspecteur – Elvis Casanova -, est le suspect number one : le vieux Saturne lui a légué ses biens ! Casanova tombe des nues et bien qu'écarté de l'enquête, il décide de la mener sans tarder. Sa seule présence dans ce nid de vipères lui vaut d'avoir le train filé par des envieux. On se demande pourquoi : il ne sait rien. Tout simplement parce qu'il est brillant, tenace. Un gêneur donc, dont on ne parvient pas à se débarrasser malgré l'hélico affrété. Avec la petite longueur d'avance qu'il a, Casanova va dompter l'adversité. Ou presque : c'est que le professeur avait tout prévu, tout calculé, depuis son faux assassinat commandité par lui-même, jusqu'à la disparition providentielle de Casanova dans les limbes de l'Amérique des Natives. Pourquoi, alors que le Projet Saturne allait aboutir ? Des remords ? Pas sûr et c'est tant mieux. Les technologies de lecture de la pensée attisaient certes beaucoup de malveillances. Mais elles pesaient pour rien dans sa vie, qui a basculé le jour où il a décidé que sa sœur ne devait pas le quitter.
Roman ambitieux, vaste, embrassant tout ce que la mémoire américaine peut porter de sa geste, Patriot Act saisit par la profusion des moyens mis en œuvre pour tenter de bâtir une fiction monumentale. Avec en prime la création d'un personnage récurrent échafaudé à grand renfort de descriptions. Médiatisé en quelque sorte, par l'auteur lui-même, instruisant son personnage à coups d'effet d'annonce. Personnage sur-écrit donc. Si bien qu'il a du mal à prendre corps. De belles réflexions tout de même, sur la nécessité tragique à laquelle nous sommes tous confrontés de devoir convertir des êtres chers en souvenirs. Un romancier à suivre, en somme.

Citation

La terre avait meilleure mémoire que les hommes.

Rédacteur: Joël Jégouzo lundi 18 mai 2009
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page