Patriot Act

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mercredi 26 février

Contenu

Roman - Thriller

Patriot Act

Politique - Anticipation - Géopolitique MAJ lundi 25 mai 2009

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Kenan Görgün
Paris : First, mars 2009
542 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-75401069-6
Coll. "Thriller"
Elvis Casanova, 1

Actualités

  • 06/07 Édition: Parutions de la semaine - 6 juillet
    Les parutions sont un peu à l'image du temps, moroses. Heureusement, l'Écailler propose deux romans intéressants de deux romanciers tout autant intéressants que sont Dominique Delpiroux (nous avons lu, apprécié et chroniqué son roman) et Jan Thirion - que les habitués de k-libre connaissant bien eu égard à sa chronique hebdomadaire Ma vie des autres. Mis à part des deux auteurs, vous pourrez retrouver un rescapé des romans de Michael Connelly victime des publications effrénées qui ont pour conséquence de rendre très vite indisponibles des ouvrages, parfois même culte et incontournables (ce qui n'est pas le cas ici mais quand même...). Parmi les curiosités proposées en poche, Les Nouvelles enquêtes du juge Ti, proposées par Xiao Di Zhu. Le recueil de nouvelles avait fait l'objet du premier grand format des éditions 10-18. Plongeant dans l'univers créé par Robert van Gulik, Xiao Di Zhu donnait une empreinte plus chinoise à un juge bercé entre rationalisme et onirisme. À lire...

    Grand format :
    À genoux, de Michael Connelly (Les Éditions retrouvées)
    Outrages, de René Cyr (Ex æquo, "Rouge")
    Les Doigts du diable, de Dominique Delpiroux (L'Écailler, "Noir & polar")
    La Piste des Templiers, de William Dietrich (Le Cherche midi)
    Le Complice du magicien, de Michael Genelin (Marabout, "Fiction")
    Effroi, de Alex Kava (Mosaïc)
    Granit rosse, de Loïk Le Floch-Prigent (Coop Breizh)
    Haine et passion pour un braquage sanglant, de Christophe Mayor (Braco passion)
    Fleurs sanglantes, de Colleen McCullough (L'Archipel)
    Montevideo hotel, de Muriel Mourgue (Ex æquoi, "Rouge")
    Aux jambes d'Agnès, de Philippe Paulino (L'Âge d'homme, "Contemporains")
    Pas d'obstacle ? de Jean-Pierre Ribat (Thot, "Polar")
    Du côté des abattoirs, de Jan Thirion (L'Écailler, "Noir & polar")
    Présomption d'existence, de Claudine Thomé-Segapelli (Du Pierregord, "Encre rouge")

    Poche :
    Le Loup de Kervallon : meurtre au bord de la Penfeld, de Mikaël Cabon (Or Cabon)
    Le Secret, de Wilkie Collins (Archipoche, "Archipoche")
    L'Inconnu du Grand Hôtel, de Jean Contrucci (LGF, "Policier")
    Patriot act, de Kenan Görgün (Pocket, "Thriller")
    Douze de trop, de Colleen McCullough (Archipoche, "Archipoche")
    Das System, de Karl Osberg (J'ai lu, "Thriller")
    Beach house, de James Patterson & Peter de Jong (Pocket, "Best")
    La Fête des paires, de San-Antonio (Pocket)
    Si ma tante en avait : chronique bretonne, de San-Antonio (Pocket, "Les Nouvelles aventures de San-Antonio")
    Le Diable de verre, de Helene Tursten (J'ai lu, "Policier")
    Les Nouvelles affaires du juge Ti, de Xiao Di Zhu (10-18, "Grands détectives")
    Liens : L'Inconnu du Grand Hôtel |Les Doigts du diable |Les Nouvelles affaires du juge Ti |Fleurs sanglantes |Douze de trop |Wilkie Collins |Michael Connelly |Jean Contrucci |Dominique Delpiroux |William Dietrich |Kenan Görgün |James Patterson | San-Antonio |Jan Thirion |Zhu Xiao Di |Colleen McCullough

Ce qu'il faut savoir sur la série

Le Rudolf Valentino de la Crim' de Baltimore. Un Georges Clooney mâtiné de James Bond. Moins raffiné que le premier, à siroter du rhum, mais plus voyant que le second, au volant de sa Chevrolet Camaro. Le tout, malgré son pardessus anthracite, ses boutons de manchette et sa montre Seiko Premier - bracelet en cuir pour éviter d'être trop bling-bling. Elvis fume en outre des cigarillos Romeo. Ne sort qu’avec des femmes canons, en pur produit d’une lecture très conventionnelle du flic macho. Des femmes avec lesquelles il ne se dispute jamais : il les largue avant, of course. Son allure générale : moins requin que paiche d’Amazonie. Un flic people en définitive, grand, élancé, portant des lunettes Persol noires et dégainant volontiers un Zippo Bélier, série Zodiac. Aime le jazz et le blues, évidemment. Ce sont ses parents, alors qu’ils vivaient dans Little Italy, qui l’ont baptisé Elvis, en mémoire de Presley. Gros lecteur, brillant causeur, il a choisi un petit matin de devenir un dur à cuire pour qu’on lui fiche la paix. Sa devise : "assumer, jamais fuir".

Eyes Only : l’Amérique lave plus blanc (les cerveaux)

Le FBI est sur les dents : le professeur Saturne vient d'être assassiné. Il était l'auteur d'un projet monstrueux, parachevant l'ambition de surveillance des citoyens américains du Patriot Act : lire les pensées des hommes, visualiser leurs souvenirs, explorer sans retenue leur mémoire. La CIA entre en scène. Conflits d'agence, sans compter la Crim' de Baltimore qui ne veut rien lâcher, d'autant que son plus brillant inspecteur – Elvis Casanova -, est le suspect number one : le vieux Saturne lui a légué ses biens ! Casanova tombe des nues et bien qu'écarté de l'enquête, il décide de la mener sans tarder. Sa seule présence dans ce nid de vipères lui vaut d'avoir le train filé par des envieux. On se demande pourquoi : il ne sait rien. Tout simplement parce qu'il est brillant, tenace. Un gêneur donc, dont on ne parvient pas à se débarrasser malgré l'hélico affrété. Avec la petite longueur d'avance qu'il a, Casanova va dompter l'adversité. Ou presque : c'est que le professeur avait tout prévu, tout calculé, depuis son faux assassinat commandité par lui-même, jusqu'à la disparition providentielle de Casanova dans les limbes de l'Amérique des Natives. Pourquoi, alors que le Projet Saturne allait aboutir ? Des remords ? Pas sûr et c'est tant mieux. Les technologies de lecture de la pensée attisaient certes beaucoup de malveillances. Mais elles pesaient pour rien dans sa vie, qui a basculé le jour où il a décidé que sa sœur ne devait pas le quitter.
Roman ambitieux, vaste, embrassant tout ce que la mémoire américaine peut porter de sa geste, Patriot Act saisit par la profusion des moyens mis en œuvre pour tenter de bâtir une fiction monumentale. Avec en prime la création d'un personnage récurrent échafaudé à grand renfort de descriptions. Médiatisé en quelque sorte, par l'auteur lui-même, instruisant son personnage à coups d'effet d'annonce. Personnage sur-écrit donc. Si bien qu'il a du mal à prendre corps. De belles réflexions tout de même, sur la nécessité tragique à laquelle nous sommes tous confrontés de devoir convertir des êtres chers en souvenirs. Un romancier à suivre, en somme.

Citation

La terre avait meilleure mémoire que les hommes.

Rédacteur: Joël Jégouzo samedi 01 septembre 2012
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