Je sais qui tu es

J'étais d'ailleurs sincèrement convaincu qu'en cette année 1941 Shanghai – la monstrueuse cité cosmopolite où sous fond de tragédie internationale s'affrontaient tant d'intérêts complexes et divergents, où se croisaient nazis et anti-nazis, agents du renseignement et maîtres chanteurs, médecins escrocs et fausses princesses, demi-mondaines et gigolos, espions et trafiquants de drogue, joueurs et maquereaux, taxi-girls et gangsters, soldats et réfugiés du monde entier – représentait l'observatoire le plus passionnant de l'évolution de la guerre en Extrême-Orient ; le plus passionnant mais aussi sans doute le plus dangereux.
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vendredi 26 février

Contenu

Roman - Policier

Je sais qui tu es

Fantastique - Énigme - Disparition MAJ mardi 29 octobre 2013

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,9 €

Yrsa Sigurdardóttir
Ég man þig - 2010
Traduit de l'anglais par Marie de Prémonville
Paris : Points, octobre 2013
428 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7578-2480-1
Coll. "Policier", 3125

Une histoire à mourir... de rire ?

Ruinés par la crise financière qui a touché l'Islande, deux trentenaires, Garðar et Katrín, leur amie Líf et Putti, le chien de cette dernière, se font débarquer en 2010, en plein cœur de l'hiver, à la pointe nord-ouest de l'Islande dans un village déserté par sa population depuis plus d'un demi-siècle et où on ne peut guère accéder qu'en bateau, en vue d'y restaurer une maison dont ils entendent faire un gîte. Ils sont aussitôt en proie à des bizarreries : un garçon fait des apparitions aussi fugitives que répétées, ils découvrent les croix mortuaires d'une femme et de son fils noyés tous les deux en 1951, ainsi que des os bizarres et des coquillages disposés de façon à dessiner les mots "Au revoir", des bouteilles de bière disparaissent, des traces de pas humides apparaissent sur le sol, leurs portables sont déchargés anormalement... Il ne manque ni les portes qui grincent, ni la trappe secrète, ni les champignons hallucinogènes ! Ajoutons qu'ils découvrent, dans un carton, un enregistrement vidéo qui laisse penser que le précédent propriétaire (un certain Haukur Gretarson d'après certains papiers) a vécu les mêmes événements et y a sans doute laissé la vie. En même temps, une école est vandalisée (le mot "sale" a été tagué sur un mur, comme dans un cas analogue en 1953) et une vieille femme férue de généalogie, Halla, se suicide, laissant une lettre incompréhensible dans laquelle elle parle de son fils mais aussi de Benni, celui de Freyr (psychologue qui fait office de médecin généraliste dans la ville et a été l'amant de... Líf), qui a disparu trois ans auparavant, ainsi qu'un certain Bernódus (fils et frère des deux noyés !) soixante ans plus tôt. Cela finit par faire beaucoup de mystères empilés et de coïncidences, et, quand les rêves prémonitoires, la télépathie, les voix d'outre-tombe et le diable en personne se mettent de la partie (la totale, quoi), je lâche prise et commence à rire de bon cœur, comme toujours quand on veut trop me faire peur. On comprend que, faute d'exorciste dans ses rangs, la police patauge un peu. Surtout que les rares témoins sont morts ou meurent avant d'être entendus. Au bout de plus de quatre cents (grosses) pages de pareils lieux communs, le lecteur – à moins d'être un inconditionnel invétéré du genre – a perdu tout intérêt pour le dénouement, particulièrement tordu comme il se doit. On comprend moins, en revanche, qu'un éditeur français soit allé chercher ce salmigondis jusqu'en Islande (on doit avoir aussi bien chez nous) et l'ait fait traduire – de l'anglais, de surplus. On grelotte beaucoup, à la lecture de ce livre, mais autant de rire que de froid.

Citation

Elle avait le pressentiment que quelque chose d'effroyable allait survenir, sans pouvoir dire quoi.

Rédacteur: Le Huron svécomane mardi 29 octobre 2013
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