J'aurai ta peau, Dominique A

On avait nos codes, notre langage, notre journal, notre musique, notre cinéma, notre look, nos penseurs, nos écoles, nos cliniques, notre capitale, notre président, nos ministres, notre indépendance. On était noirs, on était libres. On était les Black Panthers.
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Bande dessinée - Noir

J'aurai ta peau, Dominique A

Tueur en série - Artistique MAJ lundi 18 novembre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Arnaud Le Gouëfflec (scénario), Olivier Balez (dessin)
Préface de Dominique A
Grenoble : Glénat, janvier 2013
56 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-7234-9098-6
Coll. "1.000 feuilles"

Chanteur aux abois

Qu'est-ce qui a bien pu pousser Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez à vouloir assassiner le chanteur Dominique A ? La question mérite d'autant plus d'être posée, que les deux compères, habitués à travailler ensemble, prennent bien leur temps dans cette excellente bande dessinée, et que le pauvre chanteur marine dans tous ses états. Le résultat est une bande dessinée très colorée à l'inverse de l'univers noir ou glauque de Dominique A. Tout débute pourtant de la plus classique des manières avec l'envoi par un corbeau d'un courrier anonyme fait de lettres collées : "J'aurai ta peau, Dominique A". Le chanteur n'est pas une star, juste un chanteur à texte avec son public fidèle au sein duquel se retrouve son sosie qui assiste à tous ses concerts. Un sosie qui estime justement que Dominique A lui a volé sa vie, et qui aura une importance en toute fin du récit. Mais, pour l'heure, Dominique A manque par deux fois de se faire poignarder par un sinistre et imposant individu alors il fuit parce que personne ne veut le croire. Sauf son ami Philippe Katherine avec qui il joue tête en bas à la Playstation, qu'il accompagne sur scène pour un solo endiablé de guitare, et qui lui donne des conseils pour casser son image. C'est d'ailleurs le chanteur de variétés, qui par ses avis avisés, approchera le plus de la vérité. En attendant, il juxtapose le nom de Lady Gaga à celui de Dominique A. Premier acte d'une longue suite puisque Dominique A engage un garde du corps pour se protéger qui lui racontera qu'il a servi sous les ordres de Sim et de Darry Cowl. Autant de noms improbables que l'on ne s'attend pas à voir évoluer dans une bande dessinée hommage à Dominique A. Il faut bien tuer ses idoles, mais pas à si petit feu. Le chanteur prend la poudre d'escampette, qui dans son métier se résume à partir en tournée. Il va incognito dans de vieux hôtels sous la protection de son producteur, Michel, un "manager de moins de cinquante ans", il file même à l'anglaise avec toute son équipe dans un vaste parc qui abrite un pavillon de chasse où, après une douche avec l'ombre angoissante de Norman Bates et quelques verres mélangés de trop, ivre et paranoïaque, il fuit craignant d'être poursuivi par une horde de chasseurs alors qu'Olivier Balez l'affuble de bois de cerfs. L'angoisse prend des allures effrayantes et pourtant psychédéliques. L'histoire trouvera sa conclusion à partir de l'appartement de Dominique A, quand la proie deviendra prédatrice, pour un final brutal. Le scénario d'Arnaud Le Gouëfflec est ciselé et parfaitement maitrisé, les écarts de conduite, et ils sont nombreux, sont d'un humour ironique et caustique, il y a une poésie noire qui s'en dégage, parfaitement mise en couleurs par Olivier Balez, artiste talentueux, qui maltraite à l'envi un personnage qu'il empreinte à la réalité pour se l'approprier, le modeler et le martyriser. Un véritable plaisir malsain pour le lecteur attablé au Twenty-Two Bar...

Nominations :
Prix SNCF du polar/BD 2014

Citation

Les vrais tueurs ne s'embêtent pas à écrire des lettres à leurs futures victimes !

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 17 novembre 2013
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