La Princesse des glaces

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lundi 21 octobre

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Bande dessinée - Thriller

La Princesse des glaces

MAJ vendredi 27 juin 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Olivier Bocquet
Scénario adapté de l'œuvre de Camilla Läckberg
Paris : Casterman, janvier 2014
128 p. ; illustrations en couleur ; 26 x 18 cm
ISBN 978-2-203-07465-1

Enfance coupable

Léonie Bischoff et Olivier Bocquet collaborent pour la première fois à une même bande dessinée, une adaptation d'un roman de Camilla Läckberg qui a connu un énorme succès à travers le monde, puisque La Princesse des glaces s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires. L'adaptation de ce roman mélodramatique qui se penche sur l'enfance abîmée de trois amis de classe gagne en rythme avec un découpage intéressant et des dialogues fortement épurés. Si la dessinatrice Léonie Bischoff fait figure de néophyte au regard du scénariste Olivier Bocquet, la complicité intellectuelle est évidente à travers ces cent vingt-six pages qui alternent vie intime, secrets de familles, drames urbains et couleurs locales. Quelques flashbacks à la clarté quasiment aveuglante viennent interrompre une enquête uniforme où dans un premier temps le corps d'une femme est retrouvé tailladé dans une baignoire et où par la suite, le corps d'un homme sera découvert pendu chez lui. Entre les deux, le lien sera vite évident, puisque dans cette petite ville balnéaire de Fjällbacka les habitants vivent dans une espèce de huis-clos. La princesse des glaces, c'est Alexandra Wijker, celle que Erica Falck retrouve dans sa baignoire et qui suscite une première question : suicide ou meurtre ? Dans une inversion classique, Anders Nilson suscitera la seconde : meurtre ou suicide ? Entre les deux, une enquête qui va aller puiser au plus profond des secrets de famille, il y aura des relents de pédophilie au sein d'une bourgeoisie omnipotente et limite décadente symbolisée par la famille Lorentz dont le fils, instituteur, a mystérieusement disparu des années auparavant. Cette même famille Lorentz qui a adopté par la suite un enfant défiguré par un incendie criminel qu'il a lui-même déclenché par tuer ses parents qui le torturaient. Erica va renouer avec un ami d'enfance devenu enquêteur sous les ordres d'un inspecteur principal remisé au placard avide de revanche. Comme le hasard fait plutôt bien les choses, Erica est biographe, et on lui demande à deux reprises d'aller fouiller dans la vie des gens et de le retranscrire par écrit. Les dialogues légers tranchent avec la lourdeur du passé, mais s'accordent parfaitement avec l'air marin et les couleurs du ciel. Olivier Bocquet enchainent les pages où les tonalités sont disparates dans une bande dessinée très colorée qui débute par de nombreuses pages silencieuses, comme si le temps était figé, de glace, à l'instar de cette princesse dont la mort va révéler un sordide secret et accoucher de morts prévues et imprévues. Le résultat découpé et mis en images est une belle réussite qui appelle une suite... Quid de l'innocence de l'enfance...

Citation

Un gamin maigre comme un clou. Qui avait d'énormes problèmes de discipline. Extrêmement violent. Qui portait toujours les mêmes vêtements. Qui ne se lavait pour ainsi dire jamais. Ses parents le faisaient dormir dans la grange, Patrick. Ils le nourrissaient avec les restes. Et ils le battaient, évidemment. Tu sais quelle température il fait dans une grange en hiver ?

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 22 janvier 2014
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