L'Île des hommes déchus

Les trafiquants filent à 200 à l'heure sur les autoroutes qui zèbrent l'Espagne, et quand ils garent leurs BM dans les sous-sols du quartier, ils sont accueillis comme des héros par des mômes de douze ans qui ne rêvent que d'une chose, être un jour à leur place, brûler le pognon et niquer tout ce qui bouge.
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mercredi 23 janvier

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Roman - Policier

L'Île des hommes déchus

Ethnologique - Huis-clos - Assassinat MAJ mardi 04 février 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Guillaume Audru
Saint-Étienne : Le Caïman, décembre 2013
238 p. ; 19 x 12 cm
ISBN 978-2-919066-13-1
Coll. "Polars"

Stroma noir

Pour supporter le climat de l'île de Stroma, au nord de l'Écosse, il faut avant tout y être né. Ensuite, soit on s'abrutit dans la routine travail-pub-terrain de foot le samedi, soit on part sur le continent, soit on s'exile sur le continent. C'est ce qu'a fait Eddie Grist, qui est devenu policier à Inverness. Mais lorsqu'il revient au pays, c'est pour retrouver son ancienne flamme, la belle Moira Holm, elle aussi devenue flic. Lorsqu'un squelette est découvert, toutes les passions s'exacerbent, surtout quand il est identifié comme étant celui d'un ecclésiastique. Comment retrouver un coupable des années plus tard alors que les bouches et les volets se referment ?
Ce premier roman d'un passionné du genre (responsable du blog Territoire polar et président de L'Instant polar, n'en jetez plus !) s'inscrit dans la tradition du polar de décor, où la résolution du ou des crimes (souvent disséminés de façon mécanique) comptent moins que les lieux décrits : les grands lacs pour Nevada Barr, par exemple. Vu son point de départ ultra-classique, l'ensemble aurait pu ressembler à un "Poulpe" sans Gabriel Lecouvreur (ce qui est en train de devenir un sous-genre à part entière) s'il n'y avait le choix artistique bien vu d'en faire un roman polyphonique : les points de vue s'accumulent au fil des narrateurs qui, tous, détiennent peut-être une part de la vérité. Ce procédé permet de mieux cerner les nombreux personnages et de dynamiser le récit en évitant l'éternel effet téléfilm, surtout que l'action se déroule principalement en dialogues jusqu'à une conclusion classique mais logique. On peut regretter le peu de descriptions pour un roman de décor, qui appelle souvent à des envolées lyriques, mais pour un premier ouvrage, l'auteur a réussi son entrée. Au suivant !

Nominations :
Prix du premier roman policier "Sang pour sang polar" 2014

Citation

Dehors. Du gris. Un peu partout. Des nuages chargés de pluie s'agglutinent sur le Pentland Firth. Les maisons, aux murs de basalte anthracite, s'alignent serrées les unes contre les autres le long de la rue principale.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 03 février 2014
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