Empty Mile

Michel n'a jamais eu de papiers, pas même une carte d'identité — de toute façon, en France, avant que le sinistre de l'Intérieur n'annonce son intention de la rendre obligatoire, seul le gouvernement de Vichy l'avait imposée.
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mercredi 03 juin

Contenu

Roman - Noir

Empty Mile

Psychologique - Social MAJ mercredi 05 mars 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,5 €

Matthew Stokoe
Empty Mile - 2010
Traduit de l'anglais par Antoine Chainas
Paris : Gallimard, janvier 2014
416 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-013880-7
Coll. "Série noire"

Actualités

  • 16/06 Prix littéraire: Sélections 2014 des GPLP
    Mardi 17 juin, dans les locaux de la BiLiPo, le jury du Grand Prix de Littérature Policière a procédé à sa sélection de romans tant français qu'étrangers pour l'année 2014. Chaque sélection est composée de quatorze ouvrages inédits en France parus entre début juin 2013 et fin mai 2014. Le prix, lui, sera proclamé début septembre 2014. Rappelons que ce prix purement honorifique est l'un des plus vieux et respectés en France et qu'il est décerné par une brochette de spécialistes du genre. Assez classique dans ses choix, espérons qu'il accouchera de deux lauréats surprises. Rendez-vous est pris à la rentrée littéraire pour voir ce qu'il en est !

    Sélection française 2014 :
    - Pur, d'Antoine Chainas (Gallimard, "Série noire") ;
    - Chiens enragés, de Marc Charuel (Albin Michel, "Thrillers") ;
    - La Traque de la musaraigne, de Florent Couao-Zotti (Jigal, "Polar") ;
    - Terminus Belz, d'Emmanuel Grand (Liana Levi, "Policier") ;
    - Du vide plein les yeux, de Jérémie Guez (La Tengo) ;
    - Le Grand sacrifice, de Daniel Hervouët (Le Rocher, "Ligne de feu") ;
    - L'Homme qui a vu l'homme, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - Yeruldegger, de Ian Manook (Albin Michel) ;
    - La Faux soyeuse, d'Éric Maravélias (Gallimard, "Série noire") ;
    - Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - La Madonne de Notre-Dame, d'Alex Ragougneau (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes") ;
    - La Chute de Mr Fernand, de Louis Sanders (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Dawa, de Julien Suaudeau (Robert Laffont) ;
    - L'Hexamètre de Quintilien, d'Élisa Vix (Le Rouergue, "Rouergue noir").

    Sélection étrangère 2014 :
    - La Marionnette, d'Alex Berg (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - 911, de Shannon Burke (Sonatine) ;
    - La Danse de la mouette, de Camilla Läckberg (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Le Dernier message de Sandrine Madison, de Thomas H. Cook (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Témoin de la nuit, de Kishwar Desaï (L'Aube, "L'Aube noire") ;
    - Des morts bien pires, de Francisco Gonzales Ledesma (Rivages, "Thriller") ;
    - Ghostman, de Roger Hobbs (Robert Laffont, "Best-sellers") ;
    - Dans la rue j'entends les sirènes, d'Adrian McKinty (Stock, "Cosmopolite noire") ;
    - Une disparition inquiétante, de Dror Mishani (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - La Fille du bourreau, d'Oliver Pötzsch (Jacqueline Chambon) ;
    - Une terre d'ombre, de Ron Rash (Le Seuil, "Cadre vert") ;
    - Empty Mile, de Matthew Stockoe (Gallimard, "Série noire") ;
    - Zarbi, de Cathi Unsworth (Rivages, "Thriller") ;
    - Né sous les coups, de Martyn Waites (Rivages, "Thriller").
    Liens : Pur |La Traque de la musaraigne |Terminus Belz |L'Homme qui a vu l'homme |Yeruldegger |La Faux soyeuse |Aux animaux la guerre |L'Hexamètre de Quintilien |La Danse de la mouette |Témoin de la nuit |Des morts bien pires |Une disparition inquiétante |Une terre d'ombre |Zarbi |Né sous les coups |911 |Dawa |La Marionnette |Antoine Chainas |Florent Couao-Zotti |Emmanuel Grand |Jérémie Guez |Daniel Hervouët |Marin Ledun |Ian Manook |Louis Sanders |Élisa Vix |Camilla Läckberg |Thomas H. Cook |Kishwar Desai |Ron Rash |Matthew Stokoe |Cathi Unsworth

Désirs et pénitences

Au centre de l'intrigue de ce nouveau roman de Matthew Stokoe, une question étrange que se pose l'un des habitants de la zone rurale d'Oakridge : pourquoi, en photo aérienne, les arbres d'un coin paumé n'ont-ils pas la même couleur que les arbres environnants ? La réponse est simple : parce qu'au fil du temps, les bouleversements géologiques ont changé le cours des ruisseaux et que l'ancienne coulée d'eau se cache à présent en sous-sol. Cette donnée concrète qui irrigue le roman est aussi une donnée métaphorique car les personnages qui parcourent Empty Mile ont l'air calme en façade mais bouillonnent intérieurement : le père du narrateur, Johnny, ne dit rien mais aime ses enfants et sa maîtresse, femme d'un riche notable local. Ledit notable est troublé car il sait confusément que sa femme a d'autres passions. Et d'autres personnages sont eux aussi coincés entre leurs envies et leur statut social. Au cœur de l'intrigue, le narrateur vit un cauchemar : huit ans plus tôt, amoureux de la petite amie de son copain, il l'a embrassée tandis que son frère se noyait à moitié et restait handicapé. Alors, il a préféré partir, mais lorsqu'il revient des années plus tard, c'est pour voir son frère mener une petite vie tandis que son ex-compagne est devenue prostituée. Bien entendu, son retour va provoquer des séismes, quasiment d'ordre géologiques. Les événements s'enchaînent et les actions des uns entraînent des montées de haine chez les autres. Toutes ces tragédies obligent les protagonistes à travailler sur le pardon : peut-on pardonner à sa femme un écart ? À un ami la trahison ? À l'amour de jeunesse d'avoir survécu comme elle pouvait ? Face au pardon impossible, il n'y a parfois comme issue que la mort : celle des autres ou la sienne, et les personnages de ce roman en font la triste expérience. Revenu pour repartir du bon pied, le narrateur peu à peu s'enfonce car tous se liguent contre lui. La tragédie se resserre de manière implacable, ce que rend à merveille le style de Matthew Stokoe. Amoureux, Johnny doit composer avec des ennemis, doit frapper son amie qui veut ainsi expier son passé, doit reconstituer la vie de son père qui disparaît à peine est-il arrivé. Une description méticuleuse de la tragédie que Matthew Stokoe insère avec soin dans des paysages quasi sauvages, en utilisant l'intrigue de la ruée vers l'or comme une parabole de cette folie humaine, dont nombre de personnages de Empty Mile font preuve pour créer un tourbillon de passions, comme le tourbillon du courant pousse sur la rive les pépites d'or.


On en parle : La Tête en noir n°167

Nominations :
Prix Mystère du Meilleur roman étranger 2015
Grand prix de la littérature policière - roman étranger 2014

Citation

À présent il ne restait plus rien, sa lassitude était telle qu'elle semblait désormais se moquer des véritables raisons qui avaient poussé son amie au suicide.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 14 mai 2016
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