Le Train de 16 h 50

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Roman - Policier

Le Train de 16 h 50

Énigme - Assassinat MAJ lundi 31 mars 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 5,6 €

Agatha Christie
4.50 From Paddington - 1957
Traduit de l'anglais par Pierre Girard
Paris : Le Masque, mars 2014
230 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-4089-6
Coll. "Agatha Christie", 31

Arsenic et vieilles rombières

Quand Mme McGillicuddy décide de prendre le train pour rejoindre le village de St. Mary Mead et retrouver Miss Marple, elle ne se doute pas que sur une voie parallèle, le temps d'un long instant, un train va rouler dans le même sens et à même vitesse, et que l'un de ses wagons va être une scène de crime bien particulière : dans un compartiment aux stores qui se remontent brusquement, un homme vu de dos étrangle une jeune femme. Bien entendu, le cas va se corser car il est impossible de vérifier les dires de cette Mme McGillicuddy dont le nom déjà prête à sourire et n'offre qu'une crédibilité de facade : aucune trace de lutte dans le train mentionné, aucun corps découvert. Les autorités après une enquête de routine laissent tomber. Seulement, ce qui n'est franchement pas de chance pour l'assassin, c'est l'opinâtreté alliée aux relations de Miss Marple. Après des recherches cartographique, elle décèle l'endroit où le corps à dû être jeté, puis caché. Une vaste propriétée laissée partiellement à l'abandon tenue par le patriarche acâriatre et radin, Crackenthrope (même remarque que pour Mme McGillicuddy, sauf que là on sent poindre dans le nom la méchanceté de l'individu) dont les enfants attendent avec impatience la mort pour toucher un héritage qui a déjà fait l'objet d'une étrange transaction une génération auparavant. Miss Marple ne va pas pouvoir enquêter directement sur le terrain, aussi va-t-elle demander à une femme intrépide et ingénieuse - Lucy Eyelesbarrow - d'être à la fois ses yeux et ses oreilles. Engagée on ne sait trop comment gouvernante, cette dernière ne tardera pas à trouver le corps et à alerter la police. Le reste du roman, à l'instar de nombre de ceux d'Agatha Christie, s'attarde sur des archétypes de personnages aux ambitions et aux motivations plus ou moins louables. Et l'auteur de s'empresser de prendre à contrepied les idées reçues et les honorabilités de façade sur fond d'un autre héritage : celui de la Seconde Guerre mondiale et de ses conséquences dans l'Angleterre de l'après-guerre, celle où l'argent est roi et la pauvreté asservie. L'un des enfants du doyen Crackenthrope, justement, est mort à la guerre non loin de Dunkerque alors que dans sa dernière lettre il faisait part de son prochain mariage avec une Française. Justement, c'est cette Française qui est réapparue des années plus tard, mais pourquoi ? Le corps retrouvé dans un sarcophage est peut-être le sien, mais rien n'est moins sûr. Cette incertitude va sous-tendre une intrigue qui hésite entre dramatique et flegme humoristique britannique. Cela n'empêche pas deux autres assassinats (satané arsenic) commis par un meurtrier froid et déterminé qui se confronte (comme toujours) à la sagacité héritée des rapports humains décryptés dans son petit village de St. Mary Mead de Miss Marple. La vieille dame détective traverse ce roman en filigrane, mais ne manque pas au final de démasquer un assassin (qui aura été suspecté bien avant la fin par un lecteur averti et aux fait du principe d'écriture de cette Reine du mystère). Ouvrage plaisant s'il en est, s'accaparant le thème du meurtre en huis-clos ferroviaire avec une variante originale, Le Train de 16 h 50 est un honnête roman de gare à l'écriture désuète, qui offre ce que l'amateur exigeant d'Agatha Christie est venu chercher, voire un peu plus...

Citation

Ce n'est pas drôle tous les jours d'être policier.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 24 mars 2014
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