Protocole 118

Jamais on ne s'est trahis les uns les autres. Pas une fois. Aucun d'entre nous, durant toutes ces années. Ce n'est pas maintenant que je vais commencer.
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lundi 09 décembre

Contenu

Roman - Thriller

Protocole 118

Psychologique - Énigme - Assassinat MAJ lundi 07 avril 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Claire Le Luhern
Paris : La Tengo, septembre 2013
380 p. ; 19 x 14 cm
ISBN 978-2-35461-048-7

Actualités

  • 06/04 Prix littéraire: Sélection 2014 du Prix de la Ville de Mauves-sur-Loire
    Cette année, la sélection du Prix de la Ville de Mauves-sur-Loire comporte six ouvrages d'auteurs francophones composés par la bibliothèque de la ville et l'association nantaise Fondu Au Noir. Comme il est de coutume, l'ouvrage lauréat - sujet d'âpres discussions de la part de la soixantaine de jurés, tous lecteurs assidus et compulsifs du département de la Loire-Atlantique - sera annoncé et présenté en inauguration du festival Mauves en noir après une table ronde en compagnie des auteurs des romans sélectionnés.

    Sélection 2014 :
    - Ravages, de Anne Rambach (Rivages, "Thriller") ;
    - La Maison, de Nicolas Jaillet (Rue du Départ) ;
    - Protocole 118, de Claire Le Lujern (La Tengo) ;
    - Hôpital psychiatrique, de Raymond Castells (Rivages, "Noir") ;
    - Avis d'obsèques, de Michel Embareck (L'Archipel, "Policier") ;
    - Chinese Strike, de Michel Douard (La Manufacture de livres).
    Liens : Ravages |Hôpital psychiatrique |Avis d'obsèques |Anne Rambach |Nicolas Jaillet |Michel Embareck |Fondu au noir |Mauves en noir

Le passé ne disparaît jamais

Dans une enquête policière classique, un meurtre est commis, la police cherche l'assassin et celui-ci essaie de lui échapper. Mais que se passe-t-il lorsque l'on commet - ou que l'on croit commettre - un crime et que les années passent sans que l'affaire soit résolue ? C'est autour de cette thématique que Claire Le Luhern bâtit son roman. Il y a trente-cinq ans, un meurtre a été perpétré sur une jeune femme. Un homme s'est senti coupable et est même allé jusqu'à s'accuser du crime mais son meilleur ami l'a "sauvé" en effaçant toutes les traces. Comment leur amitié peut-elle survivre ? Les failles de l'enquête ont permis d'arrêter Cipras, qui a été condamné, au grand soulagement du véritable meurtrier qui a décidé d'oublier. Cipras, un homme amnésique, a été interné dans un hôpital psychiatrique. Sa mort et son autopsie révèlent cependant que pour des raisons médicales il ne pouvait être l'assassin. Juliette, une jeune policière de la brigade criminelle est chargée de mener l'enquête, en équipe avec deux vieux policiers proches de la retraite et qui semblent bien embêtés par cette vieille histoire qui refait surface... La jeune inspectrice se trouve fort décontenancée lorsque les première pistes la conduisent soit vers l'équipe des médecins légistes (avec qui elle a des bonnes relations) et qui ont peut-être été plus ou moins liés à la morte initiale des années auparavant, soit vers ses deux coéquipiers qui ont eu un passé un peu agité et avaient eux aussi côtoyé la victime.
Cela aurait pu suffire à construire le roman, d'autant plus que les pages sur l'amitié brisée entre les deux policiers, suite à un vieux malentendu en opposition au travail classique de la police obligée de revenir sur une enquête très ancienne, sont montrés avec intelligence et en utilisant un style dépouillé organisé sur la progression chronologique de l'intrigue. Voulant appuyer son propos, et montrer plus avant les ravages et les remords qui s'emparent d'un être (en lieu et place de s'intéresser aux pensées des policiers qui sont passés volontairement à côté de l'affaire trente-cinq ans plus tôt), Claire Le Luhern ajoute une contre-intrigue centrée sur le personnage de Juliette, lui aussi, obnubilé par une faute commise, qui l'entraîne dans des désarrois psychologiques et des solutions pharmaceutiques. Même si c'est intéressant, cela éloigne quelque peu de l'histoire policière qui du coup semble un peu lointaine et fait disparaître les deux victimes (la jeune femme et l'aliéné) au profit des bouleversements que la relance de l'enquête fait surgir. Ces deux jambes de nature différente et inégales en taille dans le roman font légèrement boiter l'intrigue et gênent quelque peu la fluidité de lecture ce qui peut faire passer le lecteur à côté d'une réflexion intéressante sur la culpabilité, la trahison et le temps qui passe matériellement sur des gens qui restent bloqués dans leur propre temporalité.

Nominations :
Prix de la ville de Mauves-sur-Loire
Prix littéraire du Goéland masqué 2014

Citation

En cet instant, elle était à nouveau cette interne débutante et balbutiante, qui remplissait des panneaux de niveau de pisse, qui vidait des bocaux et posait ses mains sur des corps. Juliette avait toujours détesté les hôpitaux.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 28 mars 2014
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