Mémé goes to Hollywood

Les fourgons mortuaires me filaient toujours les jetons. Je passai devant à pas vifs, en retenant ma respiration, au cas où me parviendrait un relent de décomposition. Je savais qu'ils étaient méticuleusement nettoyés, mais je ne pouvais pas oublier leur cargaison habituelle, ni ce qui nous nous apprêtions à découvrir à l'intérieur de la maison. Il aurait été judicieux de me débarrasser de cette répugnance, vu que j'étais à peu près autant impliquée dans le business de la mort que n'importe quel entrepreneur de pompes funèbres. Mais au moins je n'étais pas forcée de toucher les cadavres.
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lundi 13 juillet

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Roman - Thriller

Mémé goes to Hollywood

Humoristique - Artistique MAJ mardi 15 avril 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Nadine Monfils
Paris : Belfond, février 2014
228 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-5655-7
Coll. "Littérature française"

Gérontodélire

Potverdoum ! Voilà-t-y pas qu'après avoir été concierge et cotôyé des tueurs en série et des assassins ordinaires, Mémé Cornemuse se met en tête d'aller retrouver son idole Jean-Claude Van Damme à Hollywood. Un Van Damme qui vient justement faire un saut chez ses parents entre deux tournages, ce qui va donner des idées à des apprentis-kidnappeurs branquignoles. Et Mémé de tomber sur un policier amnésique amateur de tricot...
Difficile de se renouveler sur un tel canevas, et pourtant, depuis que Mémé Cornemuse (la Ma Dalton du Plat pays) a émergé de la saga fantastico-policière de Pandore, les épisodes se suivent et ne se ressemblent que par leur joyeux délire parfaitement maîtrisé : en effet, le "déjanté" ne fonctionne que sur une trame soutenue, sous peine de n'être que du vulgaire n'importe quoi. Et là, l'aspect picaresque est plus présent que jamais à travers ce voyage dans la folie organisée mené à un train d'enfer où l'auteur sait toujours retomber sur ses pieds. Et plus que jamais, l'humour fait mouche, certaines répliques étant digne d'un Audiard bourré à la Jupiler ! Tout simplement, on rit souvent et de bon cœur dans ce roman, ce qui est plus que bon à prendre de nos jours. Quant à la façon de revendiquer haut et fort une identité belge, comme le grand Jacques et sa "belgitude", ce n'est pas un gadget pour amuser les Parigots (comme certains surfant sur le "polar du Sud" qui nous escagassent sévère), mais quelque chose d'intrinsèque et presque organique à l'écriture de Nadine Monfils. Bref, lorsque l'on termine ce roman, de préférence une bière en main (belge, faut-il le préciser), on se demande sincèrement pourquoi il n'est pas remboursé par la sécurité sociale en tant qu'anti-dépresseur. En cette ère de sinistrose, on devrait élever une statue à Nadine Monfils et Mémé Cornemuse...

Citation

Arrivée à Knokke-le-Zoutte, Mémé Cornemuse se fit arrêter par un barrage de flics.
— Police ! fit un moustachu à l'air pas commode.
— Bien fait pour ta gueule, t'avais qu'à bosser à l'école, répliqua la vieille.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 31 mars 2014
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