Espions et espionnes de la Grande Guerre

Une civilisation, capitaine ! Et là, c'est toute la Foi qui vacille ! Il a existé à un moment donné dans la genèse du monde une autre civilisation ! [...] Alors cela voudrait-il dire que Dieu avait donné sa chance à une autre Créature que l'Honme ?
Dominique Delpiroux - Les Doigts du diable
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 26 mars

Contenu

Essai - Espionnage

Espions et espionnes de la Grande Guerre

Guerre - Infiltration - Complot MAJ vendredi 16 mai 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,95 €

Philippe Valode
Paris : First, février 2014
302 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7540-5657-1
Coll. "Histoire"

La mariée était trop belle

Mata Hari, bien sûr. L'égérie. Mais combien d'autres restées dans l'ombre ? Par centaines, disparues souvent, sans laisser de traces. Philippe Valode en raconte l'histoire. Tout comme il tente de retracer celle de la création des services secrets en France et de leur professionnalisation. Mais ce sont surtout les figures féminines de l'espionnage qui le retiennent. Un mythe au départ, issu du cinéma et de la littérature, celui de l'aventurière aux mœurs légère, fréquentant les hôtels de luxe, les trains prestigieux, risquant avec panache sa vie. Un mythe si ancré qu'il devait semble-t-il conditionner tout le rapport des hommes de pouvoir au recrutement des femmes dans les premiers services d'espionnages français : fort de cette mythologie, l'état-major des armées se mit en tête de former des bataillons de séductrices, en s'imaginant que les confidences recueillies sur l'oreiller vaudraient leur pesant de secrets d'État et permettraient de gagner les guerres... Heureusement que les candidates recrutées firent preuve d'une plus grande intelligence, offrant aux politiques de rompre avec cette conception navrante du renseignement. Nombre d'entre elles refusèrent donc la collaboration horizontale prônée par l'armée, pour inventer littéralement les pratiques modernes du renseignement. Le réel intérêt de l'ouvrage est là, dans cette leçon que les femmes donnèrent à leurs homologues masculins, au moment où la Grande Guerre voyait la montée en puissance de l'espionnage partout en Europe, sauf en France, pays livré à la panique et à une sorte de psychose collective, les politiques, devant l'afflux de réfugiés, s'imaginant la nation gagnée aux espions étrangers... La presse elle-même s'en fit l'écho, invitant les citoyens à surveiller le flot des réfugiés. Seules donc les femmes surent apporter un peu de sérieux dans cette absence de réflexion. Et ce sont ces beaux portraits de femmes que nous offre l'auteur, à commencer par celui de Louise de Bettignies, qui après des études à Oxford, se retrouva à Lille, prise au piège de l'avancée allemande. Engagée aussitôt, recrutée par l'Intelligence service tandis que l'état-major français, qu'elle avait contacté, doutait de ses compétences, elle fut une aide précieuse de l'armée britannique, l'aidant à concevoir sa stratégie d'offensives. Il est fascinant alors de voir combien Louise de Bettignies, sur le terrain, sut inventer son métier et le structurer. Capturée par les Allemands, elle finira dans une forteresse, décédant le 27 septembre 1918, quarante-cinq jours à peine avant la victoire. La France finira par reconnaître à titre posthume son talent et rapatriera son corps en 1920. Quelle leçon !

Citation

Ainsi, une espionne déguisée en religieuse possède, avec sa cornette, à la fois une excellente couverture et une merveilleuse cache.

Rédacteur: Joël Jégouzo lundi 12 mai 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page