L'Ange sanglant : dans l'enfer de Jérôme Bosch

Et la fillette de Karl et Annette qui jouait, insouciante, à la lisière des vagues. Tous nus à part l'éleveur de porcs car il disait avoir de l'eczéma et ne pas supporter le soleil.
Erik Axl Sund - Catharsis
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

vendredi 20 septembre

Contenu

Roman - Thriller

L'Ange sanglant : dans l'enfer de Jérôme Bosch

Historique - Tueur en série - Artistique MAJ jeudi 29 mai 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Claude Merle
Boulogne-Billancourt : MA, avril 2014
240 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-8224-0300-9

Bougies Bosch

Claude Merle, auteur prolifique de romans jeunesse, historiques et de pièces de théâtre, se lance ici dans le thriller historique aux éditions MA dont le catalogue contient plusieurs titres du même genre. À la mode grâce aux collections de 10-18 et de quelques autres comme Cohen & Cohen par exemple, le thriller historique peut se baser sur un courant artistique, voire un peintre emblématique qui intervient directement dans l'intrigue en tant que personnage, comme ici Jérôme Van Aken, dit Bosch, pivot central du scénario. On le consultera et il commentera des indices. Outre le fait que ce sont ses tableaux qui servent de motif pour des installations de cadavres, il semble que le serial killer esthète soit passé par l'atelier Bosch. Avec, pour modèle, les saynètes de l'univers de Bosch, notre serial killer n'a que l'embarras du choix ! Femme enceinte écartelée et éventrée, obèse lesté de décalitres versés par entonnoir, homme suspendu puis descendu lentement pour être empalé par son "orifice intime", adolescent crucifié, femme transformée en statue de merde etc. Pourtant Claude Merle se garde bien de renchérir dans l'horreur comme les auteurs américains. Il reste dans la référence et l'esthétique macabre.
C'est un médecin alchimiste, Jacob Damgar, dont la servante a été l'une des victimes, qui s'improvise enquêteur aux côtés du bailli. Relevé de traces, supputations : il ne lui faut pas longtemps pour deviner que chaque mort est entourée d'un cérémonial compliqué dont les bougies et les pigments de peinture sont les éléments principaux. Mais l'alchimiste chirurgien exerce lui-même un métier ambigu vis-à-vis de la morale et surtout de la religion. L'écoutera-t-on quand il devinera que l'assassin est peintre lui-même et qu'il aime avoir le motif devant lui ?
À partir d'un scénario clair, Claude Merle tombe un peu dans le piège des récurrences de scènes de crime qui balisent l'intrigue au détriment de l'évolution des personnages et de la dramatisation. De fait, on s'attache peu à ceux-ci puisqu'ils sont des victimes en puissance. L'identité du coupable est livrée puisqu'elle ne pouvait être devinée par le lecteur. L'écriture est sèche et les dialogues minimalistes. Par contre, quand l'Ange Sanglant se livre, c'est en déclamations pompeuses habituelles avant l'intervention des autorités qui sauvent sa dernière victime.
En conclusion, un scénario sans surprise même si la Hollande du XVIe siècle a de beaux atouts. L'auteur évite les lourdes documentations et ne cherche pas à restituer un langage de pacotille, mais tout ceci manque un peu de liant. Quant aux scènes de "dialogue amoureux" entre l'alchimiste et sa nouvelle servante-maîtresse très belle, muette et passive, on se retrouve dans un registre vieilli.

Citation

Ils l'ont traité en bête de somme. Regarde la plante des pieds : on lui a cloué des fers comme aux chevaux.

Rédacteur: Michel Amelin jeudi 15 mai 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page