Ceux qui tombent

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samedi 14 décembre

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Roman - Noir

Ceux qui tombent

Politique - Assassinat - Procédure MAJ mercredi 21 mai 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Michael Connelly
The Drop - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Robert Pépin
Paris : Calmann-Lévy, avril 2014
388 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-7021-4155-7
Coll. "Robert Pépin présente"

Actualités

  • 27/02 Édition: Parutions de la semaine - 27 février
    Si la semaine est marquée par la parution du nouveau roman de Catherine Bessonard à L'Aube et par les nouveautés Jigal, notre choix se portera cela dit sur Dans la colère du fleuve, de Tom Franklin & Beth Ann Fennelly (Albin Michel, "Terres d'Amérique"). Pourquoi ? Parce que dans ce roman âpre il y a tous les ingrédients qui font que l'on aime le roman de terroir américain avec ses situations que l'on ne trouve nulle part ailleurs sur fond de disparition et de bootlegger. Et puis parce que la collection "Terres d'Amérique" est véritablement une belle collection. Pour le reste, nous vous conseillons pèle-mêle d'aller faire un tour du côté des poches mais également en littérature (théorie & études) où vous trouverez deux essais sur Graham Greene et Antoine Blondin.
    Sinon, comme d'habitude, faites votre choix !

    Fictions adulte grand format :
    Trait bleu, de Jacques Bablon (Jigal, "Polar")
    Complice involontaire ; suivi de L'Enlèvement au bercail, de Pierre Bassoli (Le Masque d'or, "Adrénaline. Arthur Nicot")
    Une valse pour rien, de Catherine Bessonart (L'Aube, "L'Aube noire")
    Le Maître du sceau, de Jean-Pierre Bocquet (Dervy)
    Le Teinturier de la lune, de Violette Cabesos (Albin Michel, "Romans français")
    La Résistible ascension de Marcello Ruffian, de Patrick Coulomb (Le Horsain, "Noir de suiTe")
    Tueurs de flics, d'Éric Dupuis (Les 2 Encres, "Sang d'encre. Les Uniformes bleus")
    Burn-out, de Didier Fossey (Flamant noir)
    Dans la colère du fleuve, de Tom Franklin & Beth Ann Fennelly (Albin Michel, "Terres d'Amérique")
    Une nuit trop douce pour mourir, de Maurice Gouiran (Jigal, "Polar")
    Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, de Martin Michaud (Kennes)
    Les Arcanes de Miss Dalloway, de Jean-Marie Pen (Ex æquo, "Rouge")
    Danser avec le diable, de Maud Tabachnik (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Voici le temps des assassins, de Gilles Verdet (Jigal, "Polar")
    Hyenae, de Gilles Vincent (Jigal, "Polar")

    Fictions adulte poche :
    La Palette de l'ange, de Catherine Bessonart (L'Aube, "L'Aube poche. L'Aube noire")
    Loupo, de Jacques Olivier Bosco (Jigal, "Jigal poche. Polar")
    Ceux qui tombent, de Michael Connelly (Le Livre de poche, "Policier")
    Prague fatale, de Philip Kerr (Le Livre de poche, "Policier")
    Les Poètes morts n'écrivent pas de romans policiers, de Björn Larsson (Le Livre de poche, "Policier")
    Gaufre royale, de Max Obione (Le Horsain)
    Le Diable à Westease, de Vita Sackville-West (Le Livre de poche, "Biblio roman")

    Bandes dessinées :
    L'Œil sourd de la Commune, de Sandrine Allier-Guépin (M. Companys)
    Les Grandes batailles, de Raoul Cauvin & Willy Lambil (Dupuis, "Les Tuniques bleues présentent...")
    Garth Ennis présente Hellblazer. 1, de Garth Ennis & Jack Kirby (Urban comics, "Vertigo signatures")
    Koralovski. 1, L'Oligarque, de Philippe Gauckler (Le Lombard, "Troisième vague")
    La Balade de l'Alamo, de Patrice Ordas, Patrick Cothias & Christelle Galland (Bamboo, "Grand angle. Moses Rose")
    Injustice : les dieux sont parmi nous. 2, Année 1 : 2e partie, de Tom Taylor, Mike S. Miller & Jheremy Raapack (Urban comics, "Urban games")
    Ex machina. 3, Réalité et fiction, de Brian K. Vaughan, Tony Harris & John Paul Leon (Urban comics, "Vertigo essentiels")
    Les Ombres, de Vincent Zabus & Hippolyte (Phébus, "Beaux livres")

    Littérature de jeunesse (documentaire) :
    Le Petit détective sur les traces de Jésus : à la recherche des indices, de Peter Martin & Peter Kent (Excelsis)

    Fictions jeunesse :
    Désigné coupable, de Jimmy Sabater (La Grande ourse, "Collection Stardust. Les Mystères du Forgrisant")

    Langue française :
    L'Argot des tranchées : d'après les lettres des poilus et les journaux du front, de Lazare Sainean (Banquises et comètes, "Courts d'histoire")

    Littérature (théorie & études) :
    Graham Greene : un écrivain dans le siècle, édité par Vincent Giroud (Presses universitaires de Franche-Comté)
    Roman 20-50. 58, Antoine Blondin : Un singe en hiver, Monsieur Jadis ou L'École du soir et Quat'saisons, études réunies par Catherine Douzou (Presses universitaires du Septentrion)

    Histoire de l'Europe :
    Plus forte que la mort : l'amitié féminine dans les camps : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius..., de Marie-Josèphe Bonnet (Ouest-France, "Témoignages. Histoire")
    La Guerre finno-soviétique : novembre 1939-mars 1940, de Louis Clerc (Economica, "Campagne & stratégies")
    En jeu : histoire et mémoires vivantes. 4. Fin des camps : libération des déportés, dossier coordonné par Michel Fabréguet, Peter Kuon & Yves Lescure (Fondation pour la mémoire de la déportation-Presses universitaires du Septentrion)
    Du sang bleu dans les tranchées : expériences militaires de nobles français durant la Grande Guerre, de Bertrand Goujon (Vendémiaire, "Chroniques")
    Winston Churchill, de François Kersaudy (Tallandier, "Biographie")
    Nazisme, science et médecine, collectif (Glyphe, "Société, histoire et médecine")
    La Haine et la honte : journal d'un aristocrate allemand, 1936-1944, de Friedrich Reck-Malleczewen (La Librairie Vuibert)

    Criminologie & prisons :
    La Fille derrière le rideau de douche, de Robert Graysmith (Le Livre de poche)
    Les 3 crimes de West Memphis, de Mara Leveritt (L'Archipel)
    La Mondialisation criminelle, d'Alain Tarrius (L'Aube, "Monde en cours. L'Urgence de comprendre")

    Politique, conditions et conjonctures politiques & personnages politiques :
    Jihad academy, de Nicolas Hénin (Fayard)
    Argentine : mémoires de la dictature, de Nadia Tahir (Presses universitaires de Rennes, "Des Amériques")

    Problèmes sociaux & sécurité publique :
    Crimes et châtiments dans l'État de sécurité : traité de criminologie politique, de Pierre Berthelet (Publibook.com, "Sciences humaines & sociales. Sciences sociales")
    Quand j'étais flic..., de Marc La Mola (Fauves)
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Extrait audio :


Le goût amer de la victoire

Tout pourrait commencer par une bonne nouvelle : Harry Bosch vient d'obtenir quelques mois supplémentaires avant sa mise à la retraite. Cela permettra au policier d'obtenir une vraie paye qui servira à financer les études de sa fille, à Michael Connelly de pouvoir inventer une ou deux intrigues supplémentaires et au lecteur de les savourer. Dans Ceux qui tombent, Harry Bosch est chargé de jeter un œil sur d'anciennes affaires et de les relancer si c'est possible. La mort d'une jeune fille peut ainsi être rouverte grâce aux traces d'ADN, mais ces dernières indiquent un coupable âgé de huit ans au moment des faits ! En parallèle, il est convoqué par le conseiller municipal Irving, homme influent, afin d'enquêter sur la mort suspecte de son fils George, qui se serait suicidé en se défenestrant. Harry Bosch va donc essayer de mener de front les deux investigations.
Ceux qui tombent est un roman de désappointement (que ponctue seulement la complicité de Harry Bosch et de sa fille) : son coéquipier a du mal à travailler avec lui et transmet en sous-main des informations aux journalistes ; son enquête sur George démarre autour du meurtre possible d'une figure importante, vénale et puissante de Los Angeles, pour se diriger vers d'autres directions plus sombres. Harry Bosch mène son enquête avec impartialité, mais est le jouet des clans politiques qui se battent pour contrôler la ville. C'est à éditer en nos périodes troublées : lorsqu'un scandale éclate, c'est uniquement parce que quelqu'un a besoin qu'il éclate. Ce côté désabusé existe même pour Harry Bosch dans sa vie intime : à peine entame-t-il une liaison qu'il se pose des questions sur la réalité exacte de cette relation. Un désabusement qui touche toute l'histoire : alors qu'il a des preuves et des certitudes, il est obligé d'inventer une fiction pour expliquer comment il a trouvé les dites preuves. Ses supérieurs utilisent ses découvertes plus pour leurs besoins personnels et politiques que pour soulager les souffrances des victimes. Le tout est signalé au détour d'une phrase. C'est ainsi que lorsque Harry Bosch arrête un tueur en série, tellement bien intégré qu'il tue depuis des années sans même avoir été inquiété, la première réponse de sa hiérarchie est de savoir quand réserver la grande salle de conférences pour annoncer l'événement.
Tout l'art de Michael Connelly est de montrer l'âme humaine et sa complexité. Le roman tourne autour des "dommages collatéraux" de l'enquête. La perte des illusions est plus que manifeste : même si les personnages sont des victimes, ils connaissant assez le système médiatique et policier pour transformer des échecs prévisibles en réussites potentielles. Finalement victimes, coupables, victimes devenant coupables en reproduisant ce qu'elles ont vécu, tous sont dessinés avec soin, servis par un style réaliste qui sait appuyer sur le détail adéquat. Ils se servent des autres pour la poursuite de leurs propres buts, sans grande bouffée d'oxygène humaniste, si ce n'est le soleil de la relation de Harry Bosch et sa fille.

Citation

Il sentit l'adrénaline commencer à filtrer dans son sang. Il savait que ce serait bientôt un torrent implacable et qu'il suivrait le cours.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 18 février 2016
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