Tijuana City Blues

En enfonçant le casque de motard sur ma tête, je me suis demandé comment Oscar se sentait sous le sien. Il a plein de peurs parce qu'il connait trop de choses qui peuvent mal se passer dans le monde. Je suppose que la visière de son casque rétrécit simplement la portion qu'il en voit. Et la rend moins dangereuse.
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Roman - Noir

Tijuana City Blues

Social MAJ mardi 16 février 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Gabriel Trujillo Muñoz
Mexicali City Blues - Tijuana City Blues - 2006
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli
Montréal : Les Allusifs, mai 2009
88 p. ; 19 x 11 cm
ISBN 978-2-922868-92-0
Coll. "3/4 polar", 1

Junkie in the box

Le soleil mexicain s'engouffre dans la cage d'escalier de cette maison en travaux. En descendant les marches vers le silence, l'avocat Miguel Morgado se voit remettre une enveloppe contenant ce qui va lui permettre de chercher un disparu. Blondie, qu'on imagine volontiers sec, le regard perdu quelque part entre un festin nu et la frontière mexicano-américaine, la chevelure blonde – allez savoir pourquoi ! –, ultime héritage d'un père californien, a besoin du flair quinquagénaire de l'avocat. Timothy a-t-il consenti en cette fin d'année 1951, en disparaissant de Tijuana la boîte de jeux, à ne plus jamais revoir sa mexican family ? L'ami de William S. Burroughs a-t-il sombré dans le trafic de drogues ? Quelle responsabilité ce représentant de la beat generation a-t-il eu dans la fusillade de Tijuana ? Cette poupée qu'il transportait était-elle messagère d'autre chose que l'évidence ? Morgado va devoir, à partir de vieilles photographies, retracer un passé, reconstruire une histoire pour un fils amputé de son gringo de père. Tijuana City Blues, premier d'une trilogie de Gabriel Trujillo Muñoz, nous présente Morgado, avocat inquisiteur, grand défenseur des causes historiques comme il se fait appeler, et amateur de tequila... dans une superbe édition et presque 90 pages que l'on sniffe d'un trait. Sans oublier de reconnaître le travail du traducteur qui n'y est pas pour rien, on est séduit par la souplesse du texte, parfois poétique et qui nous porte à cette frontière, littéraire. On imagine volontiers la poupée, la cantina, les rues, les êtres flottants dans une réalité opiacée... I want more!


On en parle : Le Monde 2 n°282

Citation

Je file à neuf cents kilomètres à l'heure vers le passé, se dit-il. Nous nous poserons à Tijuana il y a quelques décennies.

Rédacteur: Miriam Perier mardi 23 juin 2009
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