Web killer

J'ai l'impression qu'il y a des moments précis dans la vie où tout peut totalement basculer dans un sens ou dans l'autre. Vanille ou chocolat. Mou ou croquant. Lâcher la bombe à eau sur la tête de papa ou arrêter ton geste. Il faut alors faire un vrai choix et, parfois, il suffit de cinq petits mots pour changer un destin : - J'ai envie de faire pipi.
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Roman - Policier

Web killer

Tueur en série - Drogue - Artistique MAJ jeudi 26 juin 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,95 €

Philip A. Sullivan
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Joachim Dachman
Paris : Archipel, mai 2014
368 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8098-1465-1

Sexe, drogue et rock'n roll

À Paris, l'agence Détectives et Associés de Louis Langlois traque un tueur en série au rituel élaboré. Mais ce n'est pas tout : dans la capitale, les victimes d'une héroïne trafiquée tombent comme des mouches. La piste islamiste est privilégiée, mais elle n'est peut-être pas la bonne. Quel rapport avec un chanteur à succès gothico-sataniste ? L'apothéose aura lieu sur la croisette, lors d'un festival de Cannes particulièrement mouvementé...
Décidément, James Patterson fait des émules : on retrouve les chapitres très courts (cent cinquante tout de même...), l'absence de descriptions et la priorité aux dialogues et à l'action qui sont chers à Patterson (et ses nègres, pardon, collaborateurs...). Mais là, on pourrait presque dire que l'élève dépasse le maître : l'ensemble brasse bon nombre de personnages parfois clichés (le chanteur modelé sur Marylin Manson, la secrétaire/hacker amoureuse du privé comme à la belle époque de Mike Hammer), parfois avec ce qu'il faut de présence pour ne pas être que des noms. Et le récit fonce, fonce en cherchant plus l'efficacité que la crédibilité, les attributions de ces privés étant bien nébuleuses à l'égard du droit — mais n'est-ce pas vrai de tout roman populaire ? D'Islamistes pas trop caricaturaux en banlieue cosmopolite pas trop caricaturale non plus, l'ensemble fonce, fonce en évitant de jouer du pittoresque pour amuser les Yankees, bref, le compagnon idéal pour un voyage en train ou en métro. Pour peu qu'on sache ce qu'on y recherche, le contrat au lecteur est respecté, malgré un titre peu engageant (le Web n'étant qu'accessoire dans l'histoire) évoquant un Top class killer de sinistre mémoire.
Il est à noter que ce Philip A. Sullivan est un mystère, puisque ce roman n'est pas paru outre-Atlantique, et que le traducteur est semble-t-il également inconnu au bataillon. Manuscrit en anglais ayant échoué chez l'Archipel avant sa parution (ça ne serait pas le premier...) ou auteur français portant un faux nez pour tromper les partisans de la purification ethnique littéraire (le fait que Jean-François Rauger, conservateur de la cinémathèque de Paris, fasse une brève apparition intrigue plus encore) ? Faites appel à Détectives et Associés pour résoudre l'énigme !

Citation

La morte souriait. D'un sourire peu naturel, un cinglé lui ayant élargi sa bouche jusqu'aux oreilles. Avec un rasoir ou un couteau.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 02 juin 2014
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