Le Prisonnier de l'Alcázar

J'adore la Floride. Une région qui n'a pas de valeurs, dépourvue de toute orientation culturelle, ne serait-ce que la plus basique. Une région où rien ne compte à part les centres commerciaux et l'immobilier, où on dénombre plus de golfs que d'écoles, où les bâtiments préfabriqués se développent comme des cancers, où vit une population vieillissante et dangereuse au volant, sans parle du Ku Klux Klan, des barons de la drogue, des cyclones et de l'été perpétuel.
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Roman - Policier

Le Prisonnier de l'Alcázar

Historique - Gastronomie MAJ mercredi 18 juin 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Michèle Barrière
Paris : Jean-Claude Lattès, mars 2014
306 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-4390-0
Coll. "Romans historiques"

Un roi en prison !

Après avoir déployé la saga des Savoisy, une lignée de cuisiniers à travers les siècles, Michèle Barrière raconte les enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d'hôtel à la cour de François Ier. Cette troisième aventure se situe pendant la période où le roi de France est prisonnier de Charles Quint.

Quentin est en Normandie depuis que François Ier est prisonnier à Madrid. Ce jour d'août 1525, il se fiance avec Alicia de Civille. Pour l'occasion, il a invité ses voisins et amis comme les frères Verrazano, des explorateurs, pour donner à cette journée tout le faste qu'elle mérite. Avec John Philbert, maître d'hôtel du roi Henri VIII, il veille à ce que tout soit parfait. Mais la fête tourne au drame par la jalousie de quelques-uns, les inimitiés d'autres. Pour couronner le tout, il découvre le cadavre du banquier Pietro Cani dans une mare du domaine. Les premiers soupçons de Quentin restent sans fondements. Mais le banquier, par sa rapacité, avaient de nombreux ennemis. Marguerite d'Alençon lui demande instamment de rejoindre Lyon pour l'accompagner en Espagne afin d'adoucir les conditions de détention du roi. Il accepte et Alicia également, même si cela signifie le report de leur mariage à une date indéterminée. Les frères Verrazano lui demandent de garder précieusement la carte du pays qu'ils ont exploré, car celle-ci est l'objet de nombreuses convoitises.
Avant d'arriver au lieu de rendez-vous, il est victime d'une embuscade et en sort avec une blessure à la joue.
Après bien des retards et des difficultés la caravane arrive en Espagne. À Madrid, le roi est au plus mal avec un abcès au cerveau. Grâce à un médecin juif qui exerce dans la plus totale clandestinité, Quentin peut soigner François, pendant que Marguerite rejoint Charles Quint pour négocier sa libération. Mais, le danger rôde autour de l'Alcázar et autour de Quentin...

Michèle Barrière, dans cette série, appuie ses intrigues sur trois axes principaux : un crime, le récit du travail de maître d'hôtel d'un roi de France qui aime le faste et une malédiction qui pèse sur la tête du héros.

C'est lors de la bataille de Pavie, une déroute qui a coûté la vie à la fine fleur de la chevalerie française, à une grande partie de la piétaille, que François Ier a été fait prisonnier.
Dans le présent volume, la romancière développe les conditions de vie du roi dans la tour de l'Alcázar de Madrid. Les conditions de détention sont difficiles pour ce colosse qui souffre de bien des façons, mais principalement de causes liées à l'enfermement.
Elle brosse à grands traits la vie dans cette Espagne catholique où tout ce qui n'est pas de la religion officielle est hérétique. Les juifs, comme les musulmans, n'ont que le choix entre exil ou conversion.

Elle assoie un volet sentimental fort avec une liaison amoureuse improbable qui renforce l'intrigue, donne des développements intéressants, générant les ressorts d'une intrigue gigogne.
Bien sûr, une large partie du livre est consacrée à la cuisine et aux usages de l'époque en la matière. Mais, ce n'est pas le volet le moins intéressant car, outre la connaissance des plats, le fonctionnement des services, la romancière donne une radiographie de la société par la façon de se conduire à table et une vision réaliste de la vie quotidienne des "grands" et du peuple.

Par les prédictions successives d'une vieille femme, d'un mage de Lisieux et dans ce volume, celles de Corneille Agrippa, le médecin personnel de Marguerite d'Alençon, Michèle Barrière fait peser sur son héros une malédiction. Son origine est incertaine : "Vous n'êtes pas celui que l'on croit..." La liste funeste continue avec : "Vous allez trahir votre famille, vos amis... votre vie est en danger..."

Elle émaille son récit de nombre d'anecdotes savoureuses, de pointes d'humour et relate, par exemple les inepties des livres de magie de cette époque. Bien que l'on puisse douter que ceux d'aujourd'hui soient plus réalistes.

Avec Le Prisonnier de l'Alcázar, Michèle Barrière offre une magnifique page d'histoire autour d'un roi emblématique, assortie d'une intrigue fort bien troussée et menée avec maestria.

Citation

Les exigences de Charles Quint pour sa libération avaient encore augmenté. À la Bourgogne que la France devait abandonner à son profit, s'ajoutaient Auxonne, le Charolais, la Flandre, l'Artois, le Milanais, Asti, Gênes...

Rédacteur: Serge Perraud mardi 03 juin 2014
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