Dressé pour tuer

Ne jamais miser sur le jeu d'un autre. Une règle simple que je tenais de mon père. Qu'est-ce que je faisais dans cette ruelle de Manhattan, à manipuler une liasse de mille deux cents dollars dans ma poche, me dirigeant vers un groupe amassé autour d'un bonneteau, une bande qui semblait avoir décidé de ne pas poignarder personne aujourd'hui pour jouer aux cartes ?
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Contenu

Roman - Espionnage

Dressé pour tuer

Géopolitique - Mafia - Terrorisme - Corruption MAJ jeudi 03 juillet 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Tchinguiz Abdoullaïev
Traduit du russe par Robert Giraud
La Tour-d'Aigue : L'Aube, juin 2014
424 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-8159-0910-5
Coll. "Noire"

Espion section liquidation

Une série d'attentats secoue le gouvernement russe. Qui peut bien avoir intérêt à torpiller le vote du budget de l'État, quitte à provoquer une catastrophe que les médias surnomment "Jour de la colère" ? Qui peut-être ce "liquidateur" venu de l'ère du communisme ? C'est ce que devra découvrir Drongo, l'ex-KGBiste devenu détective privé au risque d'affronter des vérités pas très bonnes à dire...
A priori, Dressé pour tuer est un thriller international qui n'innove guère par rapport à l'espionnage de papa : le thème du liquidateur éliminant un a un les membres d'un réseau afin de paralyser les sphères du pouvoir est une des tartes à la crème du genre et le découpage en quatre jours, prometteur d'une action haletante et resserrée, évoque Les Six jours du Condor. Mais là, le roman de Tchinguiz Abdoullaïev se passe dans la Russie contemporaine ; et si l'on peut lui reprocher de se perdre parfois un peu, c'est ignorer les joies de la digression qui sont une des caractéristiques du "grand roman russe" depuis l'ère des feuilletonnistes. Non, la vérité est ailleurs dans ce roman construit majoritairement en dialogues : dans cette vision d'un pays atomisé, désarçonné, déboussolé, partagé entre une vague nostalgie teintée de réalisme de la grande URSS et la tentation du néolibéralisme mafieux le plus dur, entre cynisme et patriotisme, et où les centrales d'énergie chères à John Buchan sont bien nébuleuses. On a donc un étonnant mélange de postmodernisme à la John Le Carré, où l'espion, loin d'être un héros inoxydable porté par une idéologie forcément du côté du BIEN, est ballotté entre factions et événements sans trop savoir qui est qui et pourquoi, et le vertige propre au genre où le fait de ne pas forcément tout comprendre est une qualité et non un défaut. Pas un grand roman certes, mais du solide roman populaire que l'on imagine excellemment traduit ; les fans des aventures d'un Jason Bourne devraient s'intéresser à cette "voix" différente dans un concert trop ethnocentré...

Citation

D'ordinaire, les ennuis surviennent le lundi ; or aujourd'hui, on était mardi.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 03 juillet 2014
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