Les Rois maudits d'Angleterre

Ce que je cherche à dire, c'est qu'il existe un endroit au-delà de la volonté et de l'angoisse, où les valeurs et les exigences de la vie quotidienne disparaissent. Où seul compte de survivre, moment après moment, pour éviter la dépression.
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vendredi 23 août

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Non fiction - Thriller

Les Rois maudits d'Angleterre

Historique - Assassinat - Complot MAJ mardi 19 août 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,9 €

Alain Bournazel
Paris : Perrin, juin 2014
440 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-262-03896-0
Coll. "Synthèses historiques"

Quand le crime est royal

Pour Les Rois maudits, Maurice Druon s'est appuyé, avec son équipe d'écrivains, sur une malédiction lancée, depuis son bûcher, par Jacques de Molay. Il décrit les effets de celle-ci sur les générations des rois de France entre 1314 et 1361. Toutefois, l'installation durable des Capétiens à la tête du royaume de France s'est faite sans trop de difficultés. Parallèlement, le royaume d'Angleterre voit une succession de lignées émerger et s'éteindre dans des conditions terribles : assassinats, exécutions, complots, déchéances, mensonges, parjures, coups d'État... et ce, pendant plusieurs siècles !

Tout commence en 911, avec le "traité" de Saint-Clair-sur-Epte, un arrangement verbal, où Charles III pour avoir la paix, cède une large part de ce qui deviendra le duché de Normandie à Rollon, un chef normand descendant des Vikings. La cohabitation est presque cordiale.
En 1027, naissance de Guillaume, un fils adultérin de Robert Ier. Malgré son statut de bâtard, celui-ci devient duc de Normandie. Puis, à la tête d'une flotte d'un millier de bateaux, il envahit en 1066, la Grande-Bretagne. C'est la première marche vers la constitution d'un immense empire. Mais, c'est aussi le début d'une longue succession de renversements dynastiques, d'assassinats, de morts violentes.
La saga royale doit compter également avec des malédictions plus ou moins légendaires qui débutent avec Guillaume le Conquérant et poursuivent les familles des monarques pendant plusieurs siècles. Mais, outre l'épée de Damoclès représentée par ces anathèmes, le goût outrancier du pouvoir motive nombre de familles à vouloir le prendre puis, à tout faire pour s'y maintenir.

Bien que toutes ces existences royales aient été particulièrement mouvementées, il faut retenir celle de Richard II. Cependant, la plus belle illustration est fournie par les Tudor, avec Henri VII qui ne pensa qu'à s'enrichir, puis le tristement célèbre Henri VIII qui répudie, trahit, jusqu'à Elisabeth Ière.

La relation historique faite par Alain Bournazel n'est qu'une longue suite de tout ce qui compose la criminalité sous toutes ses formes et dans toutes ses déclinaisons. Pendant plus de six siècles, l'imagination sanglante s'est déchaînée pour accéder au pouvoir.
William Shakespeare avait, sous les yeux, toute la matière de ses pièces. Les intrigues étaient toutes construites. Il n'a pas eu à développer des trésors d'imagination pour avoir la trame de ses tragédies. Il faut lui reconnaître, toutefois, le talent de la mise en scène et l'art de créer des dialogues inoubliables.
Se sont succédé, ainsi, les dynasties Normande, Plantagenêt, Lancastre, York, Tudor et Stuart. Il faut attendre 1688 et l'arrivée de Guillaume d'Orange pour clore cette sinistre fresque. Le pouvoir échappe au roi pour être confié à un premier ministre contrôlé par un parlement. S'installe, alors, un régime politique stable qui ouvre la porte à la vague de conquêtes qui fera du Royaume-Uni la première puissance coloniale.

L'auteur relate six siècles d'histoire sanglante avec une belle écriture et un style efficace. Certes, la matière est dense mais il sait synthétiser et donner l'essentiel des différentes étapes qui ont jalonné ce chemin de crimes.
Les Rois maudits d'Angleterre recense, ainsi, une galerie étoffée d'assassins dont nombre devrait figurer, en bonne place dans une histoire du crime.

Citation

Pour d'autres, Thomas (Becket) poursuit de sa tombe le roi d'Angleterre d'une implacable vindicte. La révolte d'Aliénor, celle de ses enfants, les décès prématurés des aînés, la fin misérable du roi lui-même apparaissaient comme le châtiment du meurtre de Cantorbéry.

Rédacteur: Serge Perraud lundi 14 juillet 2014
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