Sans tête

La dernière fois que j'ai vu Giorgi, c'était à la Brasserie Lorraine, place des Ternes. On y buvait un café en digérant ce qu'on avait ingurgité chez son copain corse. Il avait l'air plutôt enjoué, le Gros, malgré la tache de sauce aux cèpes qui déshonorait sa cravate. Jaune canari, la cravate. Il était bien le dernier des hommes sur Terre à s'infliger une teinte pareille. Mais bon, les goûts et les couleurs...
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lundi 27 mai

Contenu

Roman -

Sans tête

Énigme - Ésotérique - Disparition - Assassinat MAJ lundi 13 octobre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Jean-Michel Roche
Orléans : Pavillon noir, mai 2012
312 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-917843-18-5

Maçonnus decapitus

Une trouvaille surprenante attend ceux qui ouvrent le caveau familial du feu Paul Lebel, au cimetière de Saint-Clément-sur-Mer : celui-ci contient bien un cadavre, mais qui n'a rien à y faire ! C'est celui d'une femme décapitée dont la tête est aux abonnés absents. La commissaire Fabienne Quinot identifiera la morte : une certaine Sylvie Lapautre, présidente du groupe cosmétique Kéoral, disparue depuis sept ans. Or peu avant, la victime avait vendu son yacht à un policier de Toulon, un certain commandant Blanchard, qui ne devait guère en avoir les moyens... Pourquoi la cave de la victime était-elle piégée ? C'est le début d'une enquête mouvementée pour Quinot et ses collègues, mêlant flics corses, faux mafiosis, vrais ripoux, ex-kagébistes et même une certaine loge maçonnique. Avant que l'ordo naisse du chaos... Ça va swinguer dans le Var !
Il est toujours agréable de tomber sur une bonne surprise chez un "petit" éditeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce roman noir ne manque pas d'imagination : en cette époque de pavetons languissants, il s'en passe des choses dans ces trois cents pages. Les rebondissements s'enchaînent à un rythme effréné et les personnages se mêlent. Si l'intrigue mouvementée part parfois un peu dans tous les sens, ce n'est que pour proposer d'autres détours inattendus jusqu'à une conclusion tout à fait satisfaisante. C'est là que Jean-Michel Roche dégaine son arme secrète : des touches d'humour qui, si elles n'en font pas un "polar humoristique" à la Nadine Monfils, visent néanmoins juste - certaines réparties étant dignes d'un San-Antonio de la grande époque. Il faut pour cela composer avec une écriture manquant parfois un poil de maturité (ça viendra), mais il se passe plus de choses dans ces trois cents pages serrées comme un café du même nom que dans certains thrillers industriels étirés jusqu'à la trame. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Citation

Si Michel Porset n'avait pas inventé l'eau tiède, il n'avait même pas participé à son élaboration ; pour ce que la ville de Saint-Clément attendait de lui, un Q.I. proche de celui de la palourde suffisait amplement.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 31 juillet 2014
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