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Roman - Thriller

Imagine le reste

Braquage/Cambriolage - Road Movie MAJ mercredi 06 août 2014

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Les valseuses et le chanteur

Le Deuxième homme d'Hervé Commère nous avait déjà séduit, bien que n'étant pas vraiment un polar, mais là... Pour ce nouveau roman, on est également en droit d'hésiter sur le genre ou son absence, puisqu'on se situe aux confins de la littérature dite noire et de la blanche tout en prenant ce qu'il y a de meilleur dans chaque catégorie. Autant dire que s'il y a crime, avec ce début présentant deux durs au cœur tendre évoquant le duo Patrick Dewaere / Gérard Depardieu des Valseuses version 2000, il y a dans ces pages bien plus de littérature pure que dans les efforts de bien des starlettes médiatiques des salons ou l'on cause, tant au niveau de l'écriture — d'une fausse simplicité qui laisse pantois — que du côté immersif de l'histoire (on pense parfois au Kundera de la grande époque pour sa façon d'amener le récit, mais sans que jamais l'auteur ne se pousse du coude) et de son refus absolu du cliché. Au fond, on pourrait parler d'une saga, tant on suit ses personnages attachants dans leurs moindres vicissitudes avec un soin de clore plus ou moins chaque histoire personnelle, le tout engendrant une immersion totale et absolue que l'on croyait ne plus trouver que chez Marie Neuser. Mais s'il fallait choisir un qualificatif, ce serait celui de tragédie au sens classique du terme (ce qui ne veut pas dire que le roman manque d'humour, même s'il n'en abuse pas), ce fatum qui fait que chaque personnage suit son chemin du zéro à l'infini sans forcément réagir de la façon qu'imposerait le thriller industriel de base. Bref, comme des gens, tout simplement. Et c'est là que Hervé Commère sort son atout massue : l'émotion, tant brute que subtile. Il y a dans ce roman de très belles pages sur la vie, l'amitié, l'amour, la culpabilité, la rédemption, le mensonge - tout ce qui fait la tragédie et la littérature depuis la nuit des temps, le tout avec une humilité rare (on imagine que les starlettes médiatiques précitées doivent s'en bouffer les phalanges...). On sort de ces plus de quatre cents pages à bout de souffle avec l'impression rare de ne pas avoir lu un livre, mais de l'avoir vécu ; et vous remarquerez que si votre humble kronikeur polaromane, dans son souci de retranscrire ce que ce bouquin lui a insufflé, n'a pas dit un mot de l'intrigue, c'est parce que avant tout il vaut mieux le recevoir brut, sans savoir dans quoi on s'engage (on peut même se passer de la quatrième de couverture), pour en apprécier les moult finesses. Il y a les romans de série, il y a les bons romans, et il y a les GRANDS romans. Ai-je besoin de préciser dans quelle catégorie se place ce bijou ? On tient là de la chair à prix littéraire (ou alors c'est à se flinguer) et Hervé Commère rentre dans la catégorie des auteurs de premier plan. Tout simplement. En mettant "conquis et remboursé" sur son bandeau, l'éditeur ne prend pas beaucoup de risques...

Citation

Malgré sa tête cabossée, sa voix qui porte, ses bras de brute et son blouson râpé, malgré les coups fourrés, les bagarres et les nuits en cellule, Fred est un gars qui aime.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 05 août 2014
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