Seuls les vautours

J'étais d'ailleurs sincèrement convaincu qu'en cette année 1941 Shanghai – la monstrueuse cité cosmopolite où sous fond de tragédie internationale s'affrontaient tant d'intérêts complexes et divergents, où se croisaient nazis et anti-nazis, agents du renseignement et maîtres chanteurs, médecins escrocs et fausses princesses, demi-mondaines et gigolos, espions et trafiquants de drogue, joueurs et maquereaux, taxi-girls et gangsters, soldats et réfugiés du monde entier – représentait l'observatoire le plus passionnant de l'évolution de la guerre en Extrême-Orient ; le plus passionnant mais aussi sans doute le plus dangereux.
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Roman -

Seuls les vautours

Ethnologique - Disparition MAJ vendredi 07 novembre 2014

Note accordée au livre: 1 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Nicolas Zeimet
Paris : Le Toucan, mai 2014
478 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-8100-0584-0
Coll. "Toucan noir"

American ersatz

On comprend aisément l'avantage d'un tel texte pour un éditeur : faire économiser une traduction tout en proposant un thriller à l'américaine. Car tout y est pour faire illusion, de la structure des phrases aux anglicismes de rigueur pour faire branché. L'ennui, c'est que malgré la citation de Stephen King, référence évidente, l'ensemble s'inspire plutôt du pan de la littérature "naturaliste" ou quelle que soit la dernière étiquette en vogue, qui considère que si jamais il daigne se passer quelque chose, c'est atrocement vulgaire, empaquetée pour être encensé par une poignée de kritiks salonnards (qui trouvent le quart-monde si pittoresque du moment qu'on lui colle une bannière étoilée sur la fesse droite tout en considérant que la civilisation s'arrête avec le périphérique parisien) pour qui la qualité d'une œuvre se juge à l'ennui qu'elle génère. Comme la disparition d'une fillette n'a qu'une incidence périphérique sur le récit, on se retrouve dans une sorte de téléfilm étiré où chaque personnage met dix minutes pour éteindre une lampe, où chaque dialogue est démultiplié et où, au bout de cent pages où évoluent des personnages dont le passé est décrit jusqu'au moindre bouton de chemise — sans pour autant qu'ils prennent corps tant ils relèvent plus d'un imaginaire importé, comme chez Roger Jon Ellory, que de personnages réels — on est bien en mal de dire ce qu'il se passe exactement. Réaction au "sturm und drang" du thriller industriel assommant le lecteur à coups de rebondissements forcés ? Peut-être, mais certains auteurs savent distiller un rythme lent sans pour autant être languissant, mus par autre chose que le désir de noircir de la page pour noircir de la page. Là, lorsque arrive la grande scène finale westernienne, il y a malheureusement des chances que le lecteur ait décroché... Dommage, ce n'est pas que Nicolas Zeimet manque de talent, mais il semble ici bien mal employé.

Citation

Aussitôt après l'annonce de la nouvelle, les enfants furent mis au lit et les chiens en laisse, les fusils sortis de leurs armoires et les plats à tarte enfournés à cent quatre-vingt degrés.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 28 août 2014
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