L'Hiver des enfants volés

Touché à l'épaule, Sonny roula au sol pendant que Carlito relevait son pistolet. Sonny voulait vivre. Il aimait les courses de lévriers sur la plage de Long Island, les chansons de Bobby Darin et la chatte brûlante des prostituées de Harlem. Il cueillit le tireur d'une balle en plein front.
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mardi 17 septembre

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Roman - Noir

L'Hiver des enfants volés

Politique - Historique - Social MAJ mercredi 24 septembre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Maurice Gouiran
Paris : Jigal, mai 2014
238 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 979-10-92016-19-2
Coll. "Polar"

Génération désanchantée ?

Le prolifique romancier Maurice Gouiran reste l'un des derniers représentants du polar générationnel, majoritairement "de quinquas" (et non pas la tarte à la crème du polar dite "de soixante-huitard", celle où l'on écoute pavlovesquement du jazz en buvant du whisky tout en pleurant sur sa belle jeunesse — frange dont l'importance réelle est inversement proportionnelle à celle que lui attribue la critique sérieuse, mais bon, si ces gens-là lisaient des livres, ça se saurait), oubliant les sirènes bien ternies du polar dit "marseillais" (qui commençait à nous escagasser sévère). Et pourquoi pas, puisque le talent est là ? Utilisant le personnage classique du journaliste-aventurier, son héros récurrent Clovis, ce qui lui permet de traiter de sujets d'actualité ou historiques, Maurice Gouiran commence son roman comme un "Poulpe" : Clovis voit débarquer un pan de son passé, la belle Samia, une Palestinienne qui, avec son ami François Maréchal, ils avaient exfiltré de Palestine. Mais elle lui préféra François, qui a disparu alors qu'il se livrait à la quête effrénée de ses parents biologiques... Clovis part mener l'enquête en Espagne, où François a fait sa dernière apparition alors qu'il menait l'enquête sur son propre passé. C'est là qu'il découvrira pas mal de scories du franquisme... Un récit d'amitié virile non caricaturale qui fait certes un brin rétro en notre époque cynique, mais Maurice Gouiran ne s'en contente pas : parallèlement, l'on suit le cheminement de François Maréchal en pleine quête philosophique de lui-même. Il découvrira quelques errements autour des Lebenborn, ces enfants programmés par les nazis obsédés par la pureté raciale, mais aussi le traitement peu reluisant qu'on réserva à ces victimes collatérales de la barbarie nazie livrées à la vindicte populaire après la guerre. Ce récit souvent poignant forme un contrepoint à cette enquête qui se conclut sur une ultime révélation logique et glaçante à la fois. S'il joue sur des thèmes déjà traités, Maurice Gouiran offre une fois de plus une belle variation qui ne révolutionnera certes pas le monde du polar (mais n'en a pas l'ambition), mais qui s'avère un excellent roman populaire au sens noble. Ajoutons que Maurice Gouiran est de ces auteurs qu'il faut juger sur son œuvre et non sur un titre à part. Une œuvre qu'il est temps de (re)découvrir...

Citation

Un jour, peut-être, je saurai qui sont mes vrais parents. En attendant, je ne suis qu'un enfant du tribunal.

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 19 septembre 2014
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