La Course

Il était convaincu que les vraies batailles devaient être menées dans l'ombre, par des hommes d'apparence insignifiante et pour un idéal limité à la seule affirmation individuelle
Valerio Evangelisti - Nous ne sommes rien soyons tout !
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 24 janvier

Contenu

Roman - Policier

La Course

Historique - Vengeance MAJ vendredi 24 octobre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Clive Cussler & Justin Scott
The Race - 2011
Paris : Grasset, juin 2014
374 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-246-79800-2
Coll. "Roman"

Le crime et l'aviation !

À Chicago, en 1899, un jeune détective du nom d'Isaac Bell, traque Harry Frost, un distributeur de journaux qui élimine brutalement tous ses concurrents.
En 1909, Joséphine Frost, férue d'aviation, pilote un modèle mis au point par Marco Celere, un inventeur italien. Des airs, elle aperçoit son mari, armé d'un fusil, qui tire sur l'ingénieur. Puis, il la met dans sa ligne de mire et tire trois balles qui font mouche sur l'appareil. Elle le dénonce à la police alors qu'il s'enfuit.
Joseph Van Dorn et Isaac Bell rencontrent Preston Whiteway, le patron du San Francisco Inquiser. Celui-ci organise une course aérienne entre l'Atlantique et le Pacifique en cinquante jours. Il veut commanditer sa propre concurrente, en l'occurrence Joséphine, dont il veut faire la figure de proue de son épreuve. Il a besoin de l'agence pour la protéger de son mari.
Ce dernier a pris ses précautions. Il dispose de moyens financiers conséquents et de réseaux de truands prêts à tuer pour quelques dollars. Il doit absolument tuer son épouse, la seul témoin de son dernier meurtre.
Isaac Bell se retrouve avec une mission presque impossible. Comment protéger une personne qui sera constamment visible, entourée de public, alors que l'assassin peut prendre n'importe quel visage ? Et Harry Frost, anonyme parmi la foule, arrive sur les lieux où se déroulent les essais...

La Course est la troisième enquête d'Isaac Bell imaginée par le duo Clive Cussler/Justin Scott. C'est un détective, issu d'une riche famille, qui œuvre dans les premières années du XXe siècle aux États-Unis. Après l'univers ferroviaire du Saboteur et de L'Espion (Grasset 2012 et 2013), les auteurs s'intéressent au domaine de l'aéronautique. C'est l'émergence des "plus lourds que l'air". L'aéroplane commence à s'imposer avec, cependant, des performances encore bien modestes. En juillet 1909, Louis Blériot a réalisé un exploit en traversant la Manche, un vol d'une quarantaine de kilomètres. Dans La Course, l'organisateur prévoit des étapes moyennes de cent trente kilomètres, ce qui représente un exploit quotidien.
Les auteurs restituent la fébrilité qui agite cet univers, les essais, les premiers appareils et un savoir-faire relevant plus du bricolage que d'une technique maîtrisée.
Ils concoctent une équipée qui va mener les concurrents, les équipes de détectives et l'assassin à travers les USA. L'action est omniprésente et l'intrigue est astucieusement menée vers un final grandiose qui réserve nombre de surprises.
Les personnages sont emblématiques et taillés sur mesure pour jouer le rôle qui leur est dévolu. Il faut admettre et accepter qu'Isaac Bell est le meilleur, qu'il est pratiquement indestructible que ce soit dans les bagarres, les fusillades ou dans l'art combiné du raisonnement et de la déduction.

Comme dans tous ses romans, Clive Cussler s'attache à faire, ou à faire faire, une présentation détaillée des machines et appareils utilisés par ses personnages. C'est passionnant, dans le cas présent, car les auteurs décrivent les ancêtres des avions d'aujourd'hui, les innovations techniques et technologiques de l'époque, les trouvailles géniales des pionniers.
Avec Preston Whiteway, ce magnat de la presse, les romanciers précisent le rôle des journaux dans la relation d'un événement ou d'un non-événement, d'ailleurs. Il explicite l'art de faire de la "fausse" information, de créer, de toutes pièces des péripéties, de multiplier des épisodes catastrophiques pour entretenir le suspense et faire vendre.

Ce roman d'aventures policières offre un excellent moment à suivre une intrigue subtile et à découvrir, ou redécouvrir l'existence de ces pionniers anonymes de l'aviation.

Citation

Si on ne stimule pas, le public s'ennuie, rétorqua Whiteway d'un air méprisant. D'ailleurs, pour que les gens continuent à s'intéresser à cette course, le mieux serait encore que les concurrents hommes s'écrasent au sol avant l'arrivée à Chicago.

Rédacteur: Serge Perraud vendredi 10 octobre 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page