Comment je vais tuer papa

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jeudi 21 novembre

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Roman - Thriller

Comment je vais tuer papa

Social - Assassinat MAJ vendredi 17 octobre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,9 €

Carina Bergfeldt
Fadersmord - 2012
Traduit du suédois par Lucas Messmer
Paris : Hachette, février 2012
426 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-01-203689-5
Coll. "Black Moon"

L'ingéniosité qui tue

L'originalité du roman est de nous livrer d'entrée trois coupables possibles de ce parricide annoncé (rassurez-vous, sur la personne d'un père psychopathe, divorcé plusieurs fois, et haïssable pour sa violence sur tous ses proches) : deux journalistes (un peu rivales, car travaillant dans le même journal, même si l'une est reporter et l'autre chroniqueuse criminelle), Julia Almliden et Ing-Marie Andersson, et une policière, Anne Eilert. Comme il faut entretenir le suspense jusqu'au bout, l'auteur place alternativement chacune des trois au centre de l'intrigue et passe sans cesse de la troisième à la première personne (qui offre de meilleures possibilités d'anonymat) pour son récit. C'est efficace en ce sens qu'on s'y perd en effet assez vite, surtout qu'elle accumule les chapitres rétrospectifs sur la noirceur de ce père voué à la vengeance filiale – la seule inconnue étant le modus operandi que choisira la meurtrière : il s'agit pour elle de réussir mieux que Lisbeth Salander (ah, ah, on connaît ses classiques !), comme quoi le crime peut être un stimulant intellectuel. Pour alimenter un peu l'intrigue, qui risquerait sans cela de tourner un peu à vide et d'être lassante (les meurtres à venir n'en étant pas vraiment au sens juridique, et peut-être même à celui de la littérature policière), l'auteur nous confronte à un autre, plus classique, commis dans la région de la petite ville de Skövde (toujours la Suède profonde) : il est lié à la disparition d'Elisabeth Hjort, infirmière en congé pour surmenage, noyée dans le Simsjön – mais tout indique qu'on l'y aidée. D'où un grand déballage de turpitudes conjugales. C'est décidément "Famille, je vous hais", dans ce roman. Or, le lecteur a vite le sentiment que l'auteur tire à la ligne et, bientôt certain que l'identité de la fille criminelle ne lui sera révélée que quelques pages avant la fin, se désintéresse de l'intrigue principale au profit de celle qui n'était que secondaire au départ. C'était le risque et il n'est pas évité. Accordons un bon point à l'auteur pour la façon dont elle noue les deux, de façon assez drôle, in fine. À la lecture de ce livre, on peut aussi suivre une formation accélérée dans l'art de tuer son papa (ou quelqu'un qui vous est moins proche, car qui peut le plus peut le moins). C'est un véritable manuel en la matière, présenté de façon très pédagogique, et il pourrait faire autorité à l'avenir. Le crime parfait va en être facilité (et le roman policier stimulé... ou tué, c'est selon), si les élèves suivent le cours avec sérieux. D'où un bon rapport qualité/prix, en fin de compte – seule la morale n'y est pas sauve. L'originalité espérée au début n'est pas totalement au rendez-vous, cependant, en particulier dans l'intrigue secondaire. C'était bien essayé, ce n'est que modérément réussi.

Citation

Anna détestait les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Presque autant qu'elle détestait les femmes qui aimaient ces hommes. Presque autant qu'elle se détestait elle-même. 

Rédacteur: Le Huron svécomane lundi 13 octobre 2014
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