Sous la surface

Je ne suis pas né d'hier, mais je n'ai jamais entendu dire que les croque-morts manquaient de clients au point de devoir tuer les gens pour faire marcher le commerce. Les gens meurent tout le temps, c'est comme ça que le monde tourne. Reprenez donc ces légumes, là.
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mardi 16 juillet

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Roman - Thriller

Sous la surface

Politique - Complot MAJ lundi 20 octobre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,95 €

Martin Michaud
Loverval : Kennes, octobre 2014
360 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-87580-055-8
Coll. "Collection du Québec"

Thriller présidentiel ?

Leah Hammett a connu une vie tumultueuse : ancienne mannequin devenue écrivain, aujourd'hui en panne d'inspiration, elle est aujourd'hui l'épouse de Patrick Adams, candidat pressenti pour devenir président des États-Unis. C'est alors qu'elle reçoit un message l'enjoignant à tenir un rendez-vous passé il y avait vingt-cinq ans avec Greg Chase, son premier amant. Un premier amant présumé mort depuis... vingt-cinq ans d'une noyade en tentant de sauver la victime d'un accident. Et tout ceci alors que Patrick doit tenir son discours le plus important...
Après Patrick Sénécal, trop ignoré chez nous, voilà un deuxième auteur de nos frères du Québec à venir nous courtiser. Tout d'abord, asteure, inutile d'attendre une 'stie de roman au vrai goût québecois, comme l'était le délicieux "Poulpe" Maria chape de haine dont nous avons causé ici même : Martin Michaud joue parfaitement le jeu du "faux américain" sans pour autant tomber dans la servilité de certains auteurs de seconde zone. Avec un tel thème, on pouvait plonger soit dans le thriller hollywoodien avec fusillades et explosions, soit dans le téléfilm, ou plutôt la mini-série languissante du samedi soir... Or on obtient ni l'un ni l'autre. Lorsque toutes les ramifications complexes de l'intrigue se mettent en place (et il vaut mieux être bien réveillé pour se souvenir de qui est qui...), on pense plutôt au polar politique des années 1970 façon Les Hommes du président ou Les Six jours du Condor sur k-libre, et Martin Michaud a l'intelligence de ne pas suivre quelques pistes trop évidentes. Il ajoute à ce mélange l'artifice des grands maîtres : un style simple mais travaillé et évocateur, d'une élégance discrète et limpide à la fois, s'effaçant totalement devant ses personnages et ses ambiances. Résultat, malgré quelques ellipses (le passé de la narratrice comporte des zones d'ombres jamais entièrement explicitées), on croit de bout en bout à cette histoire qui préfère dérouler sa petite musique sans donner dans les grandes orgues du thriller industriel jusqu'à une mise en abîme finale. Du coup, on a hâte de découvrir les précédents romans de l'auteur, qui semblent avoir une identité québecoise plus marquée. Qui plus est, ce livre est un bel objet, sobre et classieux, que l'on a plaisir à mettre en évidence dans sa bibliothèque. Un effort qu'il a convient de saluer comme il se doit...

Citation

Tout le monde croit que je suis douce et réservée, mais en vérité je suis la femme la plus violente que je connaisse. Si seulement vous pouviez vous tenir tapi dans un coin de mon cerveau pour observer mes pensées, vous sauriez...

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 17 octobre 2014
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