Permis de tuer : chronique de l'impunité policière

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samedi 16 novembre

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Essai - Policier

Permis de tuer : chronique de l'impunité policière

Politique - Assassinat - Révolution MAJ lundi 17 novembre 2014

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Danger : la police tue !

L'ouvrage est saisissant et implacable. En trente années, cent jeunes sont morts sous les coups de la police dans les cités, la plupart du temps oubliés car pas assez blancs pour retenir l'attention. Des meurtres commis dans le plus grand silence judiciaire. Mises bout à bout, les peines cumulées par leurs auteurs ne passeraient pas les cinq ans de prison... Pour cent jeunes tués, qui plus est le plus souvent lâchement : à dix contre un, par balle, étranglement, étouffement... Des meurtres, sinon des assassinats (prémédités cette fois), dont nul n'a voulu entendre parler. Et cela continue, et s'accélère même sous le gouvernement de Manuel Valls. On recense désormais plus de dix morts suspectes par an dans les quartiers dits sensibles. Des meurtres racistes de ce racisme d'État qui file chaque jour sa raison fétide.

Six de ces meurtres font l'objet d'une enquête dans cet ouvrage portée essentiellement par le MIB (Mouvement de l'Immigration des Banlieues), les premiers à avoir initié un travail de fond sur cette situation intolérable auprès des Pouvoirs Publics tout comme des familles. Des familles qui n'ont cessé de demander justice sans jamais l'obtenir. Six enquêtes qui nous livrent des dossiers parfaitement ficelés qui soulèvent l'indignation. Celle de découvrir par exemple cette violence institutionnelle faite aux familles des victimes, sans parler du harcèlement policier pour les faire taire, tout comme des pressions judiciaires, médicales, psychiatriques, sociales... C'est tout l'arsenal de l'État français déployé pour salir et faire taire les causes réelles de ces morts. Six enquêtes qui dévoilent l'état au plus bas de la démocratie en France. Six enquêtes donnant à rencontrer des familles exemplaires qui expliquent avec une rare intelligence les raisons pour lesquelles elles ont décidé de transformer leur douleur en combat politique. Des raisons civiques avec le Bien Commun pour horizon. Six enquêtes fouillées, qui dévoilent la collusion entre la justice et la police, et la nature politique de cette violence, qui s'est substituée au dialogue démocratique comme manière de gouverner une nation. Une violence dont on voit bien combien elle s'exerce ethniquement sur les jeunes Maghrébins issus des quartiers populaires. Un racisme structurel, ordonné, organisé, qu'un énorme et quotidien mensonge politico-médiatique tente de plus en plus désespérément de recouvrir. Et c'est ainsi tout le fonctionnement de la machine policière, de la machine judiciaire, de la machine médiatique, de la machine politique qui est mis à nu dans ces enquêtes. Une seule machine à vrai dire, faite pour maintenir l'ordre social inégalitaire et raciste de la République des riches. Une République orchestrant jour après jour l'affrontement, et le meurtre de ceux qu'elle a décrété sacrifiables.

Six enquêtes qui établissent la carte précise des pratiques d'occupation de la police et montrent combien elles sont fermement ancrées dans le passé colonial de la France. Six enquêtes qui pointent la vérité la plus crue de notre société, où la police est devenue le bras armé des classes dominantes, assurant la ségrégation sans laquelle leurs beaux quartiers voleraient en éclat. D'une police qui a recyclé les méthodes de répression issues de la guerre et de la colonisation, de l'esclavage aussi bien, organisant le tout en un système destiné à soumettre les moins privilégiés. D'une police dont le geste fondateur fut celui du 17 octobre 1961, jour où des centaines d'Algériens sans défense périrent en plein Paris sous ses coups. Et dans lequel on peut en effet voir le crime fondateur de cette Ve République qui n'en finit pas de fossoyer nos espérances et la démocratie.

NdR - L'anthologie comporte des textes de : Saamir Baaloudj, Amal Bentousi, Marwan Brahmiya, Celik Ilter, Collectif Angles Morts, Collectif Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Comité Justice pour Abdelhakim Ajimi, Farid El-Yamni, Nordine Iznasni & Mathieu Rigouste.

Citation

Si la France acceptait de reconnaître ses crimes, tous ses fondements s'écrouleraient.

Rédacteur: Joël Jégouzo jeudi 13 novembre 2014
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